Plusieurs voitures attendaient déjà quand nous sommes arrivés devant le grand portail du club. Il était 22h30. Les néons de l'enseigne donnait à la brume du soir une douce lueur rosée. Notre excitation était à son comble car la première fois, nous n'étions pas nombreux. C'était idéal pour découvrir le milieu, mais ce soir du 31 octobre, qui tombait fortuitement un samedi, s'annonçait plus ambitieux. De quoi satisfaire nos esprits curieux. Nous y allions sans but particulier, simplement l'envie de passer une bonne soirée dans une ambiance bienveillante dans la grande famille des dépravés. Nous savions que nous ferions l'amour, nous envisagions éventuellement de partager l’expérience avec un autre homme, mais pas n'importe qui, pas n'importe comment. Il fallait que ce soit évident, que le désir soit présent. Que les choses se produisent naturellement. Nous n'avions pas envie de cocher la case bêtement, de voir si le fantasme le vaut vraiment. J'aurai trop peur d'être déçue du réel, que l'image ne soit pas aussi belle. Je voudrais laisser faire la magie, et voir si elle opère.
Pour lui aussi l'envie est présente, il ne cherche pas simplement à me faire plaisir, mais à partager la femme qu'il aime le temps d'une aventure onirique. La combler et s'abandonner avec elle, l'accompagner dans les jeux interdits de la luxure, tout en combattant son instinct et ses vœux. Et si finalement, cela ne rêverai pas du somptueux ? L'envie de s'égarer et de partager cette sensualité qui nous unis, cette animalité qui nous définit. D'offrir à d'autres ce cadeau que nous a offert la vie et à travers eux, de nous élever encore avant de tous finir mort.
ACTE I
Al'Tarba - She's Endorphins
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Effectivement, les lieux ne sont ouvert que depuis peu, mais déjà bondés. Nous sommes tous les deux masqués, lui avec son chapeau, sa soutane et son col blanc de prêtre sur ses épaules carrées, moi en poupée brisée avec ma robe de mariée gothique et sa traîne, bustier en velours et boléro assorti en plumes de corbeaux. Les gens nous observent intrigués. Ils portent des costumes variés, plus ou moins dénudés. L'ambiance est à la danse. Les canapés de l'espace lounge où nous nous étions installés la dernière fois sont déjà occupés, nous décidons donc de nous installer au bar et mon mari nous commande un jus de fruit.
Le barman, très sympathique, s'extasie sur nos masques. On attire les regards. Nous nous sentons à l'aise car nous sommes maintenant familier des lieux. Nous entrelaçons nos doigts, je le regarde et lui souris. On se demande quelles folies nous allons vivre cette fois bien plus animée que la première nuit.
Nos verres terminés, nous partons vers l'espace fumeur, où plusieurs personnes sont en pleine conversation. Nos costumes attirent encore une fois l'attention. A notre passage, nous entendons quelqu'un dire avec malice que certains ont fait plus d'efforts que d'autres. Nous sommes flattés. Après les avoir salué et remercié, nous passons la porte du patio pour nous retrouver à l'air frais. Notre banc de la dernière fois est libre, nous nous y installons et écoutons avec amusement les bribes de conversations et les rires souvent gras qui nous parviennent. Il y a beaucoup de groupes de gens qui ont l'air de se connaître. L'air est froid mais encore supportable. Les étoiles sont bien visibles dans le ciel dégagé de la nuit.
Quelques minutes plus tard, deux personnes nous rejoignent. Nous échangeons quelques mots. Ils sont déjà venus plusieurs fois ici. La femme est apparemment une habituée. L'homme porte un pantalon noir très cintré, une chemise rayée. Une large bande de maquillage noir lui barre les yeux à demi fermés. Ils ont l'air déjà bien entamés, mais sont très sympathiques. Il n'ont pas l'air d'être ensembles.
A nouveaux seuls, nous décidons de retourner au chaud dans le club. Il me prend par la main et me guide à travers la foule de plus en plus compact, m’entraînant à l'étage où se trouvent les coins câlins: Un couloir étroit et obscur où de gauche à droite s'alignent diverses alcôves aux allures de boudoirs. De longues vitres panoramiques permettent aux voyeurs de contempler, aux joueurs de se dévoiler. Un rideau et une porte verrouillées peuvent en préserver l'intimité. Les lieux sont plus sombres, les lumières savamment tamisées, la musique un peu étouffée. L'endroit se prête au pêché, invite à la perversité.
Depuis l'escalier ancien nous parviennent les accords d'une musique qui en ce lieu ne laisse pas place au doute. En haut, sur notre gauche, une porte entrouverte sur les gémissements d'une femme. Un homme est accoudé dans l’entrebâillement de la pièce nimbée d'une pâle lumière bleutée. Il regarde attentivement un docteur plonger ses doigts dans le fondement de son infirmière aux courbes plus que généreuses, à quatre pattes sur le large matelas recouvert de skaï noir. Il s’interrompt brusquement le temps de voir si l'on va rester, avant de reprendre le cours de son opération déjà bien entamée. La femme gémi de plus belle tandis que nous avançons à la recherche d'une chambre libre, très amusés par l'incongruité de la scène.
En face d'une large cage ornée d'une croix de Saint-André, une chambre baignée de rouge, savamment décorée. Il me murmure d'une voix suave que l'on se croirait presque dans un confessionnal. Le blasphème nous excite. Nous fermons la porte mais pas les rideaux. Nous ôtons nos masques. Toujours debout je souris et l'embrasse, mon corps pressé contre le sien à la recherche des treize boutons représentant les apôtres qu'il va me falloir défaire un à un.
La caresse de ses mains sur ma peau nue me fait déjà frissonner et entrave ma progression. A mi-chemin, ma main traverse le pan de sa soutane pour enfin rencontrer la dureté de son désir. A mon tour, je frémis de plaisir, mes lèvres toujours contre les siennes, ses mains glissées sous la tulle de mon jupon. Je m'agenouille lentement pour défaire les derniers remparts à mon avidité, et délivre enfin mon Graal de sa prison de chasteté. Je souris, encore, et je le béni tendrement d'un baiser presque chaste lui aussi.
Son membre chaud dans l’écrin de mes deux mains jointent en une prière impie, je plonge mon visage dans sa toison bouclée et m'y love avec la dévotion d'un fidèle. Mes lèvres l'embrassent encore, doucement, du bas ventre jusqu'à l’aine. J'y laisse courir le bout de ma langue et serpente sur sa peau jusqu'à la base de son sexe gonflé d'envie. Il est chaud contre ma joue et je ferme les yeux, excitée par ses caresses de plus en plus fermes dans mes longs cheveux. Le bout de ma langue passe et repasse quand, parvenu à la cyme, je lève les yeux sur sa silhouette qui me domine, m'arrête sur son col blanc et me plonge dans son regard gris et fiévreux. Je suis saisit par sa beauté. Une image biblique qui rejoindra l'autel de mes plus viles pensées. C'est iconographique.
Embrasés, mes baisers se muent en un chaud et humide fourreau dans lequel je le plonge tout entier. Je le sens pulser, gonfler encore et pousser plus loin au fond de ma gorge tandis qu'il s’abandonne dans les abîmes de mes vices. Ses mains s'enroulent autour de mes cheveux qu'il serre pour s'enfoncer d'autant plus. Sa brutalité sans violence m’excite. J'aime quand il cède à ses instincts. Son abandon inonde mon entrejambe déjà détrempée, comme le baptême impure de deux âmes damnées.
Nous entendons les gens aller et venir dans le couloir, nous regarder, tenter parfois d'entrer malgré la porte fermée, nous faisant sursauter... Nous restons focalisés l'un sur l'autre, malgré tout excités de se savoir épiés et désirés par ces ombres que nous voyons sans vraiment regarder.
Nous faisons l'amour longtemps, avec passion, mes yeux toujours plongés dans son regard troublé au gré des positions. Après toutes ces années, je pourrai encore m'y noyer. Le plaisir qu'il me donne finit par me faire fermer les yeux, mes sourcils se froncent, ma respiration se fait plus rapide, plus lourde. Sur le dos, je me délecte de son torse large que je caresse et enlace. La profondeur de ses mouvements et la pression de son corps contre mon sexe m'arrachent des cris de plaisir parfois mêlés d'injures qui viennent se perdre dans le creux de son cou.
(Suite en com)
Je gémis plus fort tandis que mon bassin se cambre, se tend pour se blottir au plus près, au plus loin. J'ai besoin de cette communion de nos chaires, de sentir son corps tout entier ne faire qu'un avec moi tandis que me parcours l'ondée. Mes mains se crispent sur ses cuisses, remontent dans son dos, s’arrondissent au contour de ses larges épaules pour finir leur course dans ses cheveux longs. Les siennes m'agrippent les hanches, remontent le long de mon ventre et se referment sur mes seins tendus d'extase. Mes jambes fuselées toujours bottées tremblent avec fureur contre son beau visage qu'elles enserrent. Mon corps incandescent rend ma peau vaporeuse et luisante, la pièce étouffante. Et tandis que le feu me consume, que ma conscience s'égare dans le brasier de notre luxure, je sens la tension se muer en onde. Ma respiration se coupe et se libère enfin, en même temps que le déluge me traverse, du bas ventre au creux de mes reins. Il fait s'emballer mon cœur et expose ma gorge tandis que je m'élève, me délecte de chaque seconde de ce châtiment divin.
La délivrance achève ce qui reste de ma conscience. je laisse les fourmis dévorer mes chaires et mourir douloureusement au bout de mes doigts. Je ris, comblée et ivre de joie. Ma respiration est encore lourde, gênée par le large sourire qui illumine mon visage. Ma poitrine se lève et s'abaisse tandis que mes yeux se rouvrent et s'égarent vers ceux d'un inconnu qui admire le spectacle. Il me sourit avec bienveillance, l'air ravi.
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bof bof, ya pas mal de fautes tu devrais lui offrir un beshrell pour noel
"Depuis l'escalier ancien nous parviennent les accords d'une musique qui en ce lieu ne laisse pas place au doute."
Un escalier de fer ? Un couloir étroit et obscur ? Une porte entrouverte ?
Le genre de lecture très alléchantes pour s'occuper lors de la pause repas.
Ça va être compliqué d'attendre la suite !
Très beau texte et masque. Bravo l'artiste !
Alors non seulement tu sais faire des masques de fou, mais fichtre, je sais que tu es bavarde mais quand tu y mets les formes et le temps, non seulement on y est TOTALEMENT et pfuuuu chaaaaleuuuuuuuuuuur...je comprends tes pauses branlettes !
J'vais p'être même aller en faire de même parce qu'on est pas midi et je suis déjà bien agacé par ta faute lel.
PS: Et je viens également de rejoindre le groupe PlumeDeChoual que j'ai honteusement ghosté sans vrai raison valable jusqu'à présent !
Ahah ouais ça va à 100 à l'heure là dedans :D C'est pas dur d'être inspirée quand on te fait vivre un rêve éveillé !
