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Confessions Infirmes - Nu devant les pompiers

Les fêtes de fin d’année sont souvent l’occasion de victuailles impressionnantes et de voyages pour rendre visite à la famille et aux amis éparpillés aux quatre coins de la France, parfois même au-delà. C’est ainsi que j’ai fait un grand tour de l’Hexagone qui m’a grandement rendu heureux mais qui, il faut bien l’admettre, m’a totalement épuisé.

Il faut dire que voyager lorsque l’on est en fauteuil, atteint d’une maladie musculaire de surcroît, ça fatigue énormément ! Le train, l’avion, la voiture, tous les transferts que je dois effectuer de mon fauteuil vers un siège, ça use.

Rajoutez à ça que comme je ne suis pas chez moi, tous les gestes quotidiens sont bien plus délicats. Si les adaptations ne sont pas présentes, il y a bien entendu mon entourage qui est aux petits soins avec moi, mais qui malheureusement ne peut pas pallier complètement aux difficultés que je rencontre.

Et pour finir, les repas de fin d’année ne sont pas du genre à vous refaire une santé, bien au contraire ! Abondance de foie gras, de chocolat et j’en passe, de quoi achever un organisme déjà malmené !

Bon dis donc, c’est qu’il va nous faire croire que Noël et le 31, ce sont des chemins de croix ! Il a qu’à rester chez lui le parasite ! Bien sûr je n’irai pas jusque-là mais il faut bien reconnaître que cette période a des conséquences…

Me voici le soir du 29, de retour chez moi pour une nuit avant de partir dans les Alpes pour le réveillon du nouvel an. J’ai au passage été contaminé par la hype autour de la série The Witcher, et puisque je n’ai jamais joué au jeu, je le lance en téléchargement sur ma PS4. Pendant ce temps, je vais aux toilettes dans l’espoir de purger mon système digestif après tous les excès des repas de famille.

Toi qui est en train de lire, je te vois venir, et tu t’attends à ce que cela dérive sur des sujets scatos. Je suis désolé de te décevoir, mais ce soir-là, j’avais beau pousser fort, je n’y arrivais pas. C’est donc épuisé et en sueur que je me dénude (pas totalement, je garde mes chaussettes car j’ai froid aux pieds, mais je souligne ce détail car c’est très important pour la suite), puis je me pose dans mon canapé et lance une partie avec le bon vieux sorceleur à la crinière blanche.

Les heures passent, et nous voilà à 2h. Il est temps d’aller se coucher, le lendemain mon avion décolle. Je me redresse dans la méridienne de mon canapé, et m’apprête à effectuer mon transfert vers mon fauteuil électrique. Un mouvement que d’habitude je maîtrise mais qui ce soir-là se révèle bien plus ardu qu’à l’accoutumée : mes appuis sont mauvais, mes pieds glissent (fichu carrelage !), et surtout, je n’arrive pas à me soulever à la force mes bras comme je le fais d’habitude. J’essaye, je réessaye, je force le mouvement.

Et là, c’est le drame. Le combo chaussettes + carrelage a définitivement raison de mes appuis, et je glisse, lentement mais sûrement, vers le sol, sans parvenir à me redresser, d’une façon tellement inéluctable que je me prépare à l’accueil glacial du sol contre ma peau.

C’est pas grave, me dis-je, au moins depuis le sol, je pousserai sur mes pieds qui seront eux-mêmes calés contre le mur, ainsi je ne glisserai pas et je remonterai sur mon fauteuil. Enfin, en théorie.

Car en pratique, je n’ai aucune force. Encore moins que d’habitude (déjà que d’habitude c’est pas top, là on frôle le niveau zéro). Je n’arrive même pas à me mettre à genoux, je peine difficilement à rester en position assise. C’est pas normal, je dois couver quelque chose.

Mais voilà qu’il m’arrive quelque chose de terrifiant : j’ai une monstrueuse envie de pisser. Le problème c’est que la porte du salon est fermée, que je ne peux pas attendre la poignée, et que je rampe au sol tel un lombric sur une banquise. J’essaye d’attaquer le canapé pour le gravir depuis tous les angles possibles, mais rien n’y fait. Je désespère, et plus j’avance à l’aide de mes bras en faisant glisser le reste de mon corps sur le carrelage gelé, plus ma vessie est mise à l’épreuve et menace de lâcher.

Il faut que je me vide.

J’envisage de pisser sur la terrasse, mais tout comme la porte du salon, je ne peux pas l’ouvrir. Je cherche du regard un contenant, une bouteille ou que sais-je. Et je trouve le graal : une grande conserve en plastique que j’ai acheté pour mettre des cookies. Par chance, elle est vide. Et surtout, elle est posée par terre. Je m’élance donc vers elle, et après avoir mis 10 minutes pour faire quatre mètres, je l’attrape, me tourne sur le côté en chien de fusil, saisis mon membre avant qu’il ne se transforme en stalacbite, le plonge dans le pot en plastique (que j’incline légèrement vers le haut pour pas que ça déborde), et je laisse mon urine se déverser, non sans laisser échapper un long râle de plaisir.

Bon, c’est pas le tout, mais il faut que je remonte. Je ferme le couvercle de la conserve, pousse celui-ci dans un coin en me disant que j’irai le vider dans les toilettes une fois que je serais sur mon fauteuil, et je reprends mes tentatives. Seulement, je ne vois pas de solution.

Ou bien, il y a une solution, mais un peu extrême. Le SAMU. Bien sûr, je ne suis pas en danger de mort, mais j’ai mal partout, notamment aux coudes et aux hanches qui tapent beaucoup trop sur le carrelage. Allez, j’en peux plus, j’appelle.

Je tombe sur une dame qui me demande de lui expliquer la situation, ce que je fais. Puis elle me pose une question qui m’avait échappé : « est-ce que la porte de votre appartement est ouverte ? ». Et bien non, non seulement elle est fermée à clé, mais en plus le trousseau est sur la serrure. La dame m’annonce qu’il va falloir défoncer la porte.

Mon dieu, non, ça va me coûter une blinde, et en attendant qu’une nouvelle porte soit posée, je pourrais pas partir rejoindre mes amis pour le nouvel an puisque mon avion est dans douze heures à peine. Pendant quelques secondes je panique, payer une porte comme ça pour une connerie (d’habitude je ne ferme pas à clé tant que je vais pas me coucher, et je laisse encore moins les clés sur la porte…)…

J’explique alors à la dame que je vais réessayer et qu’au pire, je la rappellerai plus tard. Elle essaye d’argumenter mais je suis obnubilé par le coût monstrueux d’un remplacement de porte.

Seulement, j’ai beau être boosté par mon avarice, ça ne me redonne ni force, ni énergie. Y a pas de miracle comme on dit ! Et pourtant, pendant presque deux nouvelles heures, je tente toutes les approches pour grimper sur le canapé, sur le fauteuil. Je suis dans une merde noire, même mon auxiliaire qui vient demain matin ne pourra m’être d’aucune utilité puisque ces putains de clés sont sur la putain de porte !

5h, j’abdique. Je rappelle le SAMU. Ceci dit, j’ai réfléchi à une nouvelle option. Mon appartement dispose d’une terrasse, et il se situe au premier étage. La terrasse donne sur un terrain vague. J’explique tout ça à mon interlocuteur du SAMU, qui transmet les informations aux pompiers qu’il envoie.

20 minutes plus tard, quelqu’un frappe à ma porte. C’est un duo de pompiers qui m’expliquent que d’autres collègues essayent de passer par dehors comme je le leur ai conseillé. D’ailleurs, je les entends de l’autre côté de la fenêtre. Ils sont en train de relever le volet électrique. J’ai un peu honte de mobiliser toute une équipe pour un accident aussi bête, mais malheureusement, toute aussi stupide que soit la situation, elle n’en est pas moins dangereuse pour moi.

Une fois le volet relevé, le premier contact est cocasse : trois pompiers sont sur ma terrasse et peuvent observer à l’intérieur de l’appartement un petit être maigrichon, nu comme un ver, quasiment en étoile de mer, avec simplement ses mains sur ses parties intimes. Triste spectacle !

Un pompier m’explique qu’ils vont devoir dégonder la porte-fenêtre et qu’ils espèrent pouvoir la remettre ensuite. Bon sang, je prie pour que ce soit possible ! Lentement mais sûrement, le trio de sauveteurs s’attelle à la tâche mais c’est avec méfiance que je regarde la porte-fenêtre s’affaisser : elle va me tomber dessus !
Du bout du bras, j’attrape mon plaid et me couvre avec. Ça amortira un peu le choc et si jamais la vitre se brise, a priori je serais protégé des éclats.

Grand bien m’en a pris ! La vitre s’écrase sur moi mais ne me fait pas mal, ma protection faisant son office. Les pompiers rentrent et enlèvent immédiatement la fenêtre puis m’examinent et m’interrogent comme la procédure l’exige. Rapidement, ils comprennent que je vais bien, que je suis juste épuisé et physiquement au bout du rouleau. Mais ma chute fut tout en douceur, je n’ai pas d’hématome ou quoi que ce soit, encore moins de commotion.

Me voilà enfin de nouveau sur mon fauteuil. Comble de la joie, la porte-fenêtre a retrouvé son emplacement, seule une légère fêlure de quelques centimètres peut témoigner de la tragédie qui s’est jouée cette nuit. Il est maintenant presque sept heures du matin, je me lève dans quatre heures pour aller à l’aéroport.
Moi qui comptais sur cette nuit pour un peu recharger les batteries…

Néanmoins, j’ai trouvé mes deux résolutions pour l’année 2020 : premièrement, ne jamais fermer à clé tant que je ne vais pas me coucher. Et deuxièmement, acheter des tapis et les fixer à ce putain de carrelage.

tldr : transfert raté, pas moyen de se relever, pompiers appelés
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Putain et ça nous coûte un bras en impôt des fainéants comme toi bordel je suis Sid et Rey.
C'est pas scato mais ya un peu d'uro, donc ça ira pour cette fois.
Il y a que moi qui trouve ça super chelou de se foutre à poil sur son canapé pour jouer à la console ?
Seoseo
op
@GreedyBear: Tu traînes jamais à poil chez toi ? Ça a un doux parfum de liberté…
@Seoseo: et ça fait moins de lessive.
@Seoseo: En caleçon ouais, rarement, mais sinon quand je me met à poil c'est parce que c'est nécessaire donc hors douche ou sexe jamais.
@morthamis: Bah j'apprends un truc, vraiment sans mauvaise foi ou condescendance pour moi c'est vraiment minimum caleçon sauf quand il y a besoin d'être a poil.
@GreedyBear: ça laisse une douce empreinte de couilles transpirantes sur le canapé mon pote, c'est le pied
@Walle: Mon canap est en espèce de lin méga reche , ça me chauffe moyen.
Tout ça parce que tu baises en chaussettes, bravo !
(et blague à part, un voisin avec un double des clés, si tu prends l'habitude de fermer et d'enlever le trousseau, ça peut pas te sauver de plans comme ça ?)
Seoseo
op
@Daboulganiech: Oui, clairement, c'est aussi une option à envisager !
@Seoseo: des chaussettes antidérapantes ? Comme celles avec de discrets petits picots en caoutchouc en dessous.
Lol c'est marrant parcequ'il était à poil !
G pa lu lol
Hé ben... je t'admire, gars.
Je sais tu n'as pas le choix de faire autrement, mais je t'admire.
Seoseo
op
@Wendigo: y a vraiment pas de quoi ! Mais merci :)
À poil l'été je peux comprendre mais l'hiver normalement c'est jogging et polaire toute douce. Enfin heureusement seulement ta fierté en a pris un coup.
Et un peu de muscu ça serait pas une autre bonne résolution ou c'est clairement pas envisageable pour toi?
Seoseo
op
@JeaNLuC: je fais de la kiné déjà mais y a pas de miracle !
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