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Vient ensuite le temps de l’insouciance.
J’ai 20 ans. Je suis pompiers. Et je baise à couille rabattue.
Mais la folie est elle aussi là. Toujours insidieuse et vindicative.
Pourtant je ne me rend compte de rien.
Je continu mon bonhomme de chemin.
Aux pompiers, je vois des horreurs.
Mais pour moi ce ne sont que quelques heurts.
Je deviens de plus en plus une machine.
Je « ramasse » une amie,
Rentrant de boite, son type a « oublié » de tourner dans une virage.
Elle a été éjecté de la voiture.
Je la retrouve nue à 200 mètres du véhicule.
On aurait dit qu’elle dormait.
Pourtant je vois le trou au niveau de la tête.
On aurait dit un ange.
Pourtant les anges ne saignent pas.
Je me questionne.
Pourquoi je ne ressens plus rien ?
Mais déjà le lendemain.
On reprend notre « piquet ».
Tu pars au feu.
Tu pars sur un accident.
Tu pars aussi sur des merdes.
Tu es et restes à la recherche du temps perdu. Le temps des autres. L’enfer.
Mais un jour forcément tu lâches.
La première fois pour moi c’est sur une fausse couche.
En pleine nuit, nous sommes appelés.
Je pars avec mon meilleur ami et je ne suis pas du tout réveillé.
Je suis l’écureuil. Le premier. Au contact donc.
Depuis ma première intervention, en plus d’en boire, j’ai pris de la bouteille.
Quand je sonne à la porte, m’ouvre le daron.
Il me tend un sac à congélation.
A l’intérieur je vois une masse gélatineuse ensanglantée.
Je ne comprend pas de quoi il s’agit.
Il me regarde. Il voit que je suis bloqué devant ce putain de sac plein de sang.
Il me dit : « c’est le premier... c’est des jumeaux ».
Je comprend alors. Je fais mon boulot.
Mais je ne peux me débarrasser de cette vision et surtout de ce nouveau goût.
Comme de la bile dans la bouche.
Je me vomis tellement que je me dégoûte.
Je ne ressens plus rien. Plus aucune apathie.
Même le cul deviens machinal.
Je baise pour baiser. Pour me vider les couilles.
Comme tu chies par besoin humain. Pour te vider l’intestin.
C’est là que j’ai connu Marion.
Elle était mon opposé. Elle était mon Némésis.
Et pourtant elle est devenu mon sacerdoce.
Elle est devenu la personne que je chérissais le plus.
En même temps à cause d’elle j’ai reculé l’inévitable.
Petit à petit le monstre en moi m’a bouffé.
Je suis devenu avec elle le pire des connards.
J’ai eu droit à un beau coup de pied au cul. Je le méritais.
Je replonge alors dans le taf corps et âme.
Sauf que déjà, j’avais perdu une grande parti de mon âme.
J’ai 28 ans et je ne crois plus en rien.
Je suis respecté des miens alors que je me déteste.
C’était ici les 10 premières années de ma vie de pompiers.
rigole pas... mon daron est rouquin. J’ai le gène en moi.
Pour ça que j’euthanasie mes gosses à la naissance. Je ne prend pas le risque.
C'est des textes que tu as écrits depuis longtemps ? Comme une manière de les sortir de tes pensées, mettre en mots, un exutoire ?
Il y a des psys/thérapeutes auprès des pompiers pros si besoin ?
c’est effectivement un texte que j’ai écrit il y a une 10aine d’annee.
Comme tu dis c’etait alors un exutoire une fois arrêté de porter l’uniforme.
T’es fragile mais t’ecris bien le sarsouille. Sans rire, je me reconnais dans tes écrits, beaucoup de ce milieu se reconnaîtront, on a tous perdu un morceau de quelque chose en embrassant ce taff. That’s life. Bisous. Un CCH
J'aime vraiment pas le style mais le texte est cool, continue pour ceux qui accrochent.
Ça résonne, ça résonne !
La couleur du casque n'a pas d'importance.
Il m'a fallu quelques mois seulement pour ressentir la même chose, quelques part en Bosnie...