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L'Impérialisme Américain en Amérique Latine 4/4

L'OPERATION CONDOR

Les régimes militaire d'Amérique du Sud créèrent leur propre police secrète, tel la CIREX brésilienne en 1964 ou encore la DINA chilienne, en 1973. Ces réseaux avaient un objectif commun : protéger les régimes militaires et combattre les communistes.
En 1975, une coordination se mit alors en place entre ces pays (Chili, Argentine, Bolivie, Paraguay Uruguay, officiellement appelé « opération Condor », avant d'être rejoins par le Brésil, l'Equateur et le Pérou. Si cette opération semble être le fruit d'une union Sud-Américaine, les États-Unis se montrèrent d'un grand soutien, continuant d'appuyer ces régimes.
La CIA y était impliquée, supervisant les communications entre services secrets sud-américains. Symbole de ce soutien secret, on peut citer le discours d'Henry Kissinger, conseiller à la sécurité nationale de Gerald Ford, qui, après un discours public au sujet des droits de l'homme en juin 1976, confirma à Pinochet en privé que la maison blanche lui apportait un soutien complet. Le chef de la DINA recevra d'ailleurs de l'argent de la part de la CIA, laquelle expliquera que le versement était une « erreur ».
Il est difficile de connaître le nombre de victimes exact, il est d'autant plus difficile de différencier les arrestations en lien avec la répression des juntes militaire que l'opération Condor elle-même. On parle souvent de centaines d'arrestations et de dizaines d'assassinats et disparitions dont : Victor Olea Alegria, socialiste chilien, arrêté et disparu en 1974 ; Carlos Prats, général chilien sous Allende, assassiné en 1974 ; Orlando Letelier, ancien ministre chilien assassiné en 1976 à Washington avec son assistante Moffitt ; Juan José Torres, ancien président bolivien, assassiné en 1976 ; Hector Gutierrez Ruiz, député uruguayen, assassiné en 1976 ; Zelmar Michelini, sénateur uruguayen, assassiné en 1976.
Kissinger reçut le Prix Nobel de la Paix.

NICARAGUA ET PANAMA

Sujets déjà traités dans deux boxs, sur la Révolution nicaraguayenne de 1978 (https://choualbox.com/b19eZ) et sur l'invasion du Panama en 1989 (https://choualbox.com/MZObz )

L'OPERATION UPHOLD DEMOCRACY

Après le retrait des troupes américaines en 1934, le pays connu une forte instabilité politique avant de tomber sous la dictature pro-US de la dynastie Duvalier. Celle-ci se montra violente et ruina le pays pendant des décennies.
En 1990, le pays se démocratisa avec l'élection de Jean-Bertrand Aristide, un prêtre qui avait survécu à un massacre dans son église en 1988 par des miliciens macoutes (proches des Duvaliers). Il représenta le Front National pour le Changement et la Démocratie (centre-gauche) et prôna un programme socialiste : augmentation du salaire minimum, lutte contre la contrebande, réforme agraire, soutient à l'industrie et à l'agriculture haïtienne.
Le rival d'Aristide pour les élections fut alors le candidat de droite, Marc Bazin. Ce dernier était un ancien fonctionnaire de la Banque Mondiale et était soutenu par les États-Unis. Sa campagne reçu 36 millions de $ de la National Endowment for Democracy, organisme de la CIA pour financer les candidats pro-US.
Pourtant, Aristide gagna les élections avec 67,48%, Bazin n'obtint que 14%. Malgré le soutien du peuple, Aristide n'eut pas le soutien des élites conservatrices et patronales, ni des États-Unis, qui mèneront des campagnes médiatiques contre lui, financées elles-aussi par la NED. L'économie commença à se redresser mais Aristide fut victime d'un Coup d’État.
Le lieutenant général Cedras prit le pouvoir et une répression sanglante est menée. Environ 300 000 personnes fuirent leurs foyers. Des miliciens traquèrent les anciens pro-Aristide et les meneurs syndicaux. La plus importante de ces milices fut la FRAPH, organisée par Emmanuel Constant, un agent de la CIA. Le groupe sera responsable de la mort de 4 000 à 5 000 personnes.
Cependant l'opinion publique se tourna contre ce régime autoritaire, George H Busch critiqua alors le gouvernement Haïtien et mit en place un embargo contre Haïti en juin 1993.
En 1994, Aristide est rétablie au pouvoir par une invasion militaire américaine sous l'administration Clinton. L'opération est appelé « Uphold Democracy », mais Aristide est rétabli à la condition de se plier à un programme néolibéral pro-américain, qui était en réalité le programme de son opposant à la présidentielle, Bazin. Ce programme protégea les intérêts américains mais eut des conséquences graves pour le peuple, il fut d'ailleurs surnommé « plan de la mort » par les haïtiens.

ET LE RESTE ?

Tous les événements décrits ici ne forment pas une liste exhaustive de ce que l'expansionnisme et l'impérialisme américain eut comme conséquence sur le continent Américain.
Pendant que les États-Unis critiquaient ouvertement les colonisations européennes, les américains annexaient de plus en plus de territoires. Ainsi l'Alaska fut acheté à la Russie en 1867 et les îles Vierges américaines furent achetées au Danemark en 1917.
Les multinationales américaines eurent des effets terribles sur les populations locales, les exploitant le plus possible, au point de mener à de nombreuses révoltes et révolutions. Ce fut le cas en 1928 par exemple, où des milliers de travailleurs pour la United Fruit Company en Colombie firent grève et se révoltèrent contre les conditions de travail insoutenables. L'UFC obtint du gouvernement colombien de déployer l'armée et, pour éviter une intervention militaire américaine, elle réprima la révolte dans le sang. L'événement connu comme étant le massacre des bananeraies fit entre 60 et 75 morts.
Cette même United Fruit Company participa aux dictatures, notamment avec la découverte en 1975 d'un pot-de-vin de 1,25 million de $ versé au dictateur hondurien Oswaldo Lopez Arellano, en échange de réductions des taxes à l'export des bananes.
L'UFC changea de nom, devenant la Chiquita Brands, sans pour autant changer ses méthodes. En 2007, la compagnie fut reconnue coupable devant un tribunal fédéral américain d'avoir aidé et encouragé la United Self-Defense Forces of Colombia (AUC), un groupe terroriste actif de 1997 à 2006 composé de conservateurs, connu pour son trafic de drogue, ses assassinats, ses kidnappings et ses massacres. L'AUC passa un accord avec la Chiquita Brands, en échange d'un versement de plus d'1,7 million de $ et 3 000 AK-47, l'AUC protégerait les intérêts de l'entreprise dans la région.
Pourtant, malgré tous les méfaits que provoquaient ces sociétés, dès qu'un gouvernement s'opposait à elles, le gouvernement américain menaçait toujours d'intervenir militairement, comme ce fut le cas au Guatemala et à Cuba.
Les USA soutinrent, voir installèrent, des régimes militaires dictatoriaux et meurtriers partout en Amérique latine. Cela se fit bien souvent de manière secrète, avec la National Endowment for Democracy, organisme de la CIA chargé de financer les candidats pro-américains. Cela s'est vu à Haïti, mais pas seulement. La candidate conservatrice Violeta Chamorro élue au Nicaragua en 1990 avait reçu elle aussi un soutien financier de la NED.
La NED joua également un rôle important dans la crise Vénézuélienne. Alors qu'Hugo Chavez nationalisait le pétrole, la NED dépensa des millions de dollars à des groupes d'oppositions et à des médias privés. Même si l'application de la CIA dans la tentative de Coup d’État contre Chavez en 2002 n'est pas reconnue officiellement, le New York Times révéla que le budget de la NED destiné au Venezuela avait quadruplé quelques mois avant cette tentative de putsch. Pour la période 2013-2014, la NED procura 14 millions de dollars à l'opposition vénézuélienne et pour financer les manifestations contre le gouvernement.
La protection des intérêts américains passa toujours avant les lois internationales, les droits de l'homme, les libertés et la démocratie. Ainsi, les États-Unis ne cessèrent d'intervenir dans les pays d'Amérique latine pour protéger les intérêts économiques américains.
En dehors de ceux détaillés plus tôt, il est possible de parler du débarquement de marines américains à Buenos Aires, en Argentine, en 1852, de l'intervention au Nicaragua et de la destruction de la ville de Greytown en 1853-1854, de l'intervention en Uruguay en 1855, de l'occupation de Managua et de Leon au Nicaragua en 1867, de la répression des travailleurs haïtiens sur l'île de Navassa -revendiquée par les USA- en 1891, de l'envoi de troupes contre les nationalistes au Chili en 1891, de l'installation de gouvernement américain à Hawaii en 1893, de l'intervention à Bluefields au Nicaragua en 1894, de l'occupation de Veracruz au Mexique en 1914, de l'occupation du Panama de 1918 à 1920, de la répression d'une grève générale au Panama en 1925, de l'envoi de navires de guerre au Salvador en 1932, des bombardements au Pérou en 1965, du soutien au Coup d’État en Argentine en 1976, de l'engagement auprès des forces du gouvernement autoritaire salvadorien contre la guérilla marxiste entre 1980 et 1990 -qui fit 100 000 morts-, de l'invasion de la Grenade en 1983 ou encore du Coup d’État organisé par les États-Unis à Haïti en 2004.
Et combien d'actions de la CIA n'ont pas encore été découverte ?
Voilà près de deux siècles que l'impérialisme des États-Unis fait des ravages en Amérique Latine, et malheureusement, tant que nous vivrons dans un monde où les bénéfices d'une multinationales sont plus importants que le bien être des travailleurs, cela ne risque pas de s'arrêter de si tôt..
L'Impérialisme Américain en Amérique Latine 4/4
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Excellent la série !
Zedix
op
@Pispartou: Merci beaucoup!
Génial ! Merci pour la série de box.


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