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Péripéties d'un carabin à l'hôpital 43

Salut à tous et toutes !
Avant de commencer cette nouvelle péripétie, je voulais vous rappeler qu’il y aura un live CB en fin d’année avec un débat portant autour du milieu hospitalier auquel je participerai.
Mezut est à l’initiative de cette (super) idée et donnera bientôt des informations sur sa page (date, site etc…).
Bonne lecture !

Les gardes le week-end ça ne rigole pas, tu ne sors pas la veille parce que tu sais que le lendemain un marathon se prépare et que tu pars pour 24h de taff avec très peu ou pas du tout de sommeil.

C’est ainsi que je me présente pas bien réveillé dans mon unité d’urgences générales à 8h tapantes en tenue. Une infirmière me voit et me dit “Ah il y a au moins un médecin !”.
Je comprends deux choses :
- Mes deux chefs ne sont pas là et ça me gonfle
- Vu l’expression du visage de ma collègue, je ne vais pas pouvoir boire mon saint Café qui m’aurait pourtant stimulé

Elle me fait un topo : Pas mal de patients sont restés dormir la nuit, d’autres sont arrivés tôt et n’ont pas été vu et enfin la salle d’attente commence à se remplir. Bref il faut voir tout le monde.

Ainsi je me saisis du premier dossier qui concerne une patiente ayant passé la nuit sur place suite à des violences conjugales. Je lis l’observation faite la veille et j’explose de rire. Suis-je un monstre ? J’ai lu, vu et entendu des histoires perchées mais celle là c’est inédit et pourtant je commence à avoir de l’expérience. Je ne peux pas vous en dire plus mais sachez que j’ai lu dans la même phrase les mots “chien et ventilateur”...
Elle commence bien cette garde. Je rentre dans le box où la patiente est encore bourrée de la veille et elle me raconte en détail ce qu’il s’est passé et je suis obligé de sortir car l’éclat de rire arrive. Suis-je un monstre bis ? Mes collègues de la veille sont sortis 3,4 fois également en entendant son récit.

Je clos l’affaire, me dirige vers le second box, il est 8h30, toujours pas de chef.

La seconde patiente vient pour une plainte basique ayant entraîné une multitude d’examens complémentaires qui sont bien sur revenus tous négatifs. Elle a plus de 60 ans, parle beaucoup, je ne peux pas en placer une, ne m’écoute pas, remets en question ce que je dis bref elle commence à me chauffer. Elle me chauffe tellement que je commence à monter en pression et je lui fais comprendre qu’elle avait qu’à faire médecine si elle était si douée.
En faite c’est simple, en 30 minutes elle a aspiré toute la patience que j’avais stocké pour cette garde. Je fais mon job, en silence et je la laisse.

J’attaque mon troisième patient, la cinquantaine, qui se présente pour une douleur abdominale. Il est 9h10, la salle d’attente se remplit, la paperasse me fait perdre un temps monstrueux, un chef vient d’arriver, il va tranquillement boire un café.
Je demande au patient de me décrire ses douleurs, ses explications sont foireuses, je ne suis pas de bonne humeur vous avez dû le comprendre, je monte d’un cran.
Il n’est pas capable de répondre à des questions élémentaires, je monte d’un autre cran.
Il doit comprendre à ce moment là que je n’ai pas trop de patience car il devient très gentil et arrangeant ce qui me permet de bien travailler et de passer à son voisin.

Le voisin lui est âgé et a le tiercé gagnant (ceux qui bossent aux urgences me comprendront) :
- Pas d’ordonnance, ne connaît pas ses médicaments
- Pas de courrier du médecin traitant
- Jamais venu aux urgences
- Ne connaît pas ses antécédents médicaux

Je décide de dégainer mon atout ultime, mon Exodia le Maudit : Sa femme !

“Est-ce que votre femme a les réponses aux questions que je vous ai posé ?”
“ Ah non.”

En entendant sa réponse je me retourne immédiatement, passe devant mon infirmière et lui dit que ça me gave et que je sors fumer. Sur le trajet je vois mon chef adossé à un mur en train de papoter.
Dehors je souffle un bon coup, ouvre mes chakras et fais redescendre la moutarde.
Je rentre calmé et reprends où j’en étais sans aucune base de travail et en sachant pertinemment qu’à la moindre erreur je serais responsable.

Il est 10h et ça commence à être le bordel aux urgences. Le 1er chef s’est mis à bosser, je me démène pour répondre aux problèmes de l’équipe soignante avec qui j’ai une excellente relation de travail. Un infirmier me demande de venir dans un box où je vois la quasi totalité de l’équipe réunie et un patient s’agitant énormément. Il ouvre et ferme les placards et les portes, touche à tout, a des mouvements désordonnés, fait des bruits étranges.
On m’annonce qu’il est autiste, qu’il est là parce qu’il mangerait moins bien et tout le monde me regarde d’un air de dire “A toi de jouer !”

Mais qu’est-ce que j’en sais moi ?!? Je n’ai pas été formé pour, je n’ai jamais été confronté à ce genre de situation. Je ne peux pas l’examiner vu comment il bouge, je ne peux pas le sédater comme ça sans motif et la prise de sang c’est même pas la peine.
Je décide de l’approcher tranquillement pour qu’il s’habitue à moi, il touche mon stétho, mes stylos, mon visage, fait mes poches, il n’est pas agressif mais très tactile.
Je le suis où il va, j’essaye de communiquer, je m’assois par terre quand il s’assoit par terre etc…
On m’informe que sa mère veut me voir et je laisse des consignes à mon équipe : vous lui donnez en gouttes ce sédatif s’il devient agressif, vous lui faites une injection si c’est pas possible.
Je pénètre dans la salle où on reçoit les familles et je découvre une femme épuisée, à bout qui n’arrive plus à gérer son fils malgré tous ces efforts. Elle m’explique qu’elle ne pourra pas le reprendre le jour même et qu’elle a besoin d’aide. Je fais de mon mieux pour la rassurer et lui promets de faire ce qu’il faut.

Une fois sorti je m’aperçois que son fils a été transféré en box sécurisé après avoir été sédaté car il devenait violent.

Je m’y rends, je remarque qu’il se débat et je demande à tout le monde de sortir pour que son stress diminue et que le produit fasse effet.
Au bout d’un moment il se calme, je peux l’examiner et la prise de sang est faite.

Je sors, il est un peu plus de 11h00 et je repère enfin le deuxième chef, en train de s’esclaffer avec sa cour.


Si vous souhaitez la suite, faites le moi savoir et je la publierai ;)
Péripéties d'un carabin à l'hôpital 43
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Ah mais t'es pas mort en fait!
Edit: envoie la suite stp
@Lamatraque: "I'm Alive" - Céline Dion
@Lamatraque: Putain ouais ! J’ai eu la matraque toute dure du coup
Règle N°1, bon a savoir si tu y es de nouveau confronté, ne JAMAIS sédater un autiste sans savoir ce qui a déjà été testé sur lui, enfin pour ça bien évidemment il faut que les infos remontent a toi de la part de son entourage. Pour être un peu plus précis, pour ma part il m'est totalement interdit de prendre un calmant a base de diazépam, cela me rend totalement incontrôlable. Alors entre les autistes qui s'ignorent, ceux qui arrivent sans l'annoncer et ceux qui ne peuvent communiquer c'est pas simple. J'ai côtoyé le monde des urgences, et étant autisme moi-même je sais reconnaitre certains signes du spectre, mais c'est pas toujours simple. En tout cas pour lui en tout cas tu t'es bien débrouillé même si tu es non formé a ces cas assez particuliers, chapeau
Ce commentaire a reçu trop de votes négatifs.
@schtroumpf: Moi aussi je t'aime (non en fait j'en ai rien a battre mais si t'as besoin d'un peu d'attention pour vivre ta vie de merde je vais me dévouer)
@schtroumpf: Du coup la, on pourrais se demander qui est le plus autiste des deux.
@latrickisfalone: Faut le sédater du coup ?
@motla: AH ! C'est une question que je me posais vraiment. Je connais quelqu'un qui l'est, j'ai fini par poser la question pour le savoir, mais ça saute vraiment pas aux yeux. Je me suis du coup demandé s'il arrivait à l'inverse que certaines personnes puissent être diagnostiquées du spectre mais ont "appris" empiriquement et inconsciemment les codes sociaux, la lecture des émotions,... pour s'intégrer et pensent que tout le monde passe par là ?
@Amok: Oui, malheureusement l'autisme est complexe, il y a autant de forme d'autisme qu'il y a d'autistes. Aucun autiste ne ressemblera a un autre, il n'y a donc pas a priori de technique universelle pour les reconnaitre quand les troubles sont contrôlés. Pour ma part j'ai passé 20 ans a m'ignorer en tant que tel, simplement parceque j'ai toujours vécu "normalement", en ignorant que mes difficultés n'étaient pas normales. Mais on fini toujours avec l'age par comprendre que nos difficultés ne sont pas naturelles, et que de s'être forcé a se plier a des "normes" n'était pas forcément la solution. Pour exemple: un aveugle de naissance, si personne ne lui apprend que les autres sont voyants, va avoir des difficultés dans sa vie, en pensant que c'est le cas pour tout le monde, pareil dans une moindre mesure pour un autiste.
Quand on fini par s'identifier on s'ouvre vers l’extérieur par d'autres moyens, on ne se force plus a se conformer a des règles sociales qu'on s'imposait, et c'est déjà un soulagement.
Dans ma vie professionnelle et sociale classique peu de personnes savant que je suis autiste, extérieurement ça ne se voit pas, je suis juste un peu "original" et catalogué facilement comme un cérébral un peu misanthrope.
@motla: De toute façon j'imagine que c'est un peu par là que sont passés tous les autistes avant 1980.
Mais oui c'était un peu ça. On sent qu'elle a un truc à part, la réputation d'être assez intransigeante sur certains sujets et n'hésitera pas à réagir en conséquence d'une manière que certains considéreraient peu diplomatique, mais c'est tout. Et encore, c'est sa réputation, elle s'est toujours super bien entendu avec moi.
@Amok: Tout a fait, mon paternel et son paternel étaient eux aussi "dans le spectre autistique", mais aucun des deux n'a été diagnostiqué. Ça ne les a pas empêché de faire leurs vies, ils ont eu plus de difficultés que d'autres c'est tout, l'époque n'était pas la même.
@motla: Par quel parcours es-tu passé pour "finir" diagnostiqué relevant du spectre autistique ?
@motla: Je sais pas si tu y a déjà répondu, mais comment as tu découvert 20 ans après que tu es autiste, et quelles sont tes particularités justement ?
@motla: Merci pour tes remarques et tes encouragements ;)
@Helvind: Un peu par hasard malgré quelques doutes depuis ma naissance vu mon manque d'aisance sociale. Suite a un grave accident j'ai du être suivi médicalement et psychologiquement. Par un "heureux" hasard je suis tombé sur une psy sortant d'école ou elle s'était spécialisé sur l'autisme, et m'a fait par de ses doutes. Pas mal de tests plus tard le diagnostic tombait. J'avais 20 ans, pas de difficultés particulières et il est vrai un regard un peu stéréotypé sur l'autisme. J'ai nié ce diagnostic de très longues années avant que mon entrée dans le monde du travail me révèle mes troubles les plus profonds.
@Manji: Mes "particularités" sont positives et négatives, au final chacune a les deux côtés. J'ai pas mal de soucis comme une hypersensibilité sensorielle (donc auditive, olfactive et visuelle), des crises qui peuvent me rendre incontrôlable et qui me poussent a l'isolement, une dépression chronique a cause d'une ultra lucidité qui m'empêche de voir le bon côté des choses et un lien social faible, je compte mes "amis" sur les doigts d'une main etc. MAIS ces troubles sont contrôlables quand on en est conscient, et tout n'est pas noir dans le tableau. Je vais avoir en avantage un perfectionnisme exacerbé, une mémoire visuelle énorme ce qui m'aide dans le monde professionnel et pas mal de petits trucs utiles et qui contre-balance les autres troubles.
Au final je ne considère ça ni comme un handicap ni comme un pouvoir, mais comme une simple difficulté avec laquelle on arrive a vivre en se donnant un peu de mal.
@Razorbakk: de rien, de ma part c'est un compliment, je suis de par mon autisme très franc et direct ce qui ne plait pas toujours. Mais j'ai compris que tu y avait été sans préjugés, même si avec un peu d’appréhension (ce qui est tout a fait normal)
@motla: Merci beaucoup de ta réponse, je comprends un peu mieux.
La suite bon sang, mais surtout surtout, pourquoi tu as voulu explosé de rire avec la première patiente. Les détails stp ?
@Godela: Je ne peux pas ça serait trop reconnaissable mais honnêtement c'est l'histoire la plus drôle que j'ai pu voir à ce jour.
Bien sur qu'on veut la suite.

Tu as de la plume, ça change du dank toute la journée et de la décuve du patron du cringe toute la soirée.

La dernière CSB de qualité doit dater de plusieurs mois, hors docus, CB est clairement dans une période creuse, alors je pense que tu peux te lâcher
@Rorzoob: J'aurais pu écrire ce message.
Ouvrir > Pos > Lire

Putain mais la SUITE
C'est quoi ce cliffhanger la tu t'es cru dans GoT ? Balance la suite!
La suite, la suite !

Vis à vis de la psychatrie, vous avez quand même une formation de base sur comment agir/prévenir/réagir ou c'est seulement en psychatrie/sur le tas que ça s'apprend ?
@Innsmouth: Très honnêtement tu apprends sur le tas.
Evidemment qu'on veut la suite, c'te question
T'as baisé la mère de l'autiste ?
@ActionMan: La tradition se perpétue hahaha
La suite! Et un épisode chaque semaine, en prime, puisque je vois que tu as trop de temps libre
Tu sais très bien qu'on veut la suite
Azy f'pas ta pute. On veut la suite
Bien interressé par la suite !
La salle d'attente est débordé et tu te permet de prendre une pause clope ? Branleur !
Ce cliffhanger mon dieu !! La suite par pitié on sent que tu vas lui rentrer dedans de toute ta puissance divine.

Ah et bon retour parmi nous, tes péripéties commençaient à manquer
La dernière phrase fait vraiment attention whore de Reddit qui met des photos d'elle a poil pour partir a la pêche aux compliments...
C'est moche.
Honhon.
La suite
Honhon...
Tu as vu le film razorback?
"Je décide de l’approcher tranquillement pour qu’il s’habitue à moi, il touche mon stétho, mes stylos, mon visage, fait mes poches, il n’est pas agressif mais très tactile.
Je le suis où il va, j’essaye de communiquer, je m’assois par terre quand il s’assoit par terre etc…"

Franchement, très bonne réaction. Vu que tu perdais patience, ça parait pas évident comme ça d'en retrouver face à un cas qui en demande. Surtout niveau du tactile, faut le tolérer.
l'hopital....

Mon pere en chimio, fin de chimio, pas d'infirmière pour le débrancher, il attend, il attend, il a envie de pisser ca urge, mais il attend. Puis n'en pouvant plus se lève et y va, se prends les pieds dans les tuyaux se casse le bassin. Suis bien sur des heures aux urgences.... sans parler des mois d'immobilisation, ma mère en mode infirmière auxilliaire à plein temps en mode border line. Tout ca parcequ'une putain d'infirmière ne fait pas son job, elle devait être de mauvaise humeur...

il a eu de la chance si j'en crois les nouvelles récentes :
https://www.bfmtv.com/societe/un-homme-de-86-ans-meurt-aux-urgences-de-brest-apres-avoir-passe-6-heures-sur-un-brancard-1823959.html

Bref... ca commence à sérieusement partir en couille à l’hôpital.

Par contre quand j'y passe, j'en voit plein en mode papottage, fumage de clope no stress.... Je comprends pas trop
@baUer: Bah ils restent humains tu sais, ils peuvent quand même faire des pauses.
@Pacifik: bah oui, ils font des couilles, qui en plus de les surcharger encore plus, coûtent cher, et font souffrir

et pour les neuneus qui neg, ben vous rigolerez moins quand ca arrivera à vos proches, bandes de guignols



A Voir
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