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Le Roi des Terres Perdues - Chapitre 1 - Khal

Hello les Chouals, ci-dessous le premier chapitre d'un roman que je prépare, j'aimerais avoir des avis sur ce qui cloche, les fautes, les incohérences, le style etc etc. Merci d'avance à ceux qui prendront la peine de me lire !

Chapitre 1 - Khal

Le sang remplissait ses bottes, son genou droit tremblait à chacun de ses pas. L'épée se faisait lourde, il l'abandonna dans une marre de boue et de tripes. Le champ de bataille n'était plus qu'un immense cimetière. Les tambours de guerre avaient laissé place au croassement des corbeaux. Une pile de cadavre à sa droite, au sommet de celle-ci, son jeune écuyer, sa première bataille fut également sa dernière.

Khal, benjamin de la famille Dermont, dernier enfant de sa lignée, fils de Gregor Dermont, avait vu ses frères mourir devant les ruines du château écarlate. Un siège de six mois s'étant conclu par le combat le plus sanglant auquel il ait assisté. On pouvait entendre au loin les lamentations de soldats, décédant tour à tour dans des gémissements d'horreur traumatisant même le vétéran le plus aguerri.

La pluie s'était arrêtée, les bannières en lambeau du clan Dermont flottait à nouveau. Khal avait froid, marcher lui était devenu impossible, il s'écroula, son genou ne lui permettait plus de se tenir debout comme le fier paladin qu'il était autrefois. Un cheval décapité se trouvait au sol, il utilisa le reste du corps de l'animal pour soutenir sa propre tête.

Le prince se retenait de faire le moindre bruit, de peur d'être repéré par les troupes ennemis, arpentant les allées de morts en quête de butin. Cette même peur qui lui nouait le ventre à chaque aboiement qui retentissait au loin.

Soudain une main émergea de la dune de cadavres en putréfactions face au prince déchu. Cherchant un appui pour remonter à la surface, la main attrapa le cadavre de l'écuyer le plus proche pour s'extirper jusqu'à l'épaule. Cette même main appartenait en fait à quelqu'un que Khal connaissait bien. Le visage ensanglanté, il était pourtant reconnaissable entre mille grâce à sa moustache dont il était particulièrement fier.

—Engueran ! S'exclama Khal. Le chevalier coincé jusqu'à la taille, tourna alors la tête en direction de l'émetteur du cri. D'un murmure difficilement audible, il dit alors à son prince —Contenez vos cris seigneur, les patrouilles sont légions.

Khal tira alors, avec le peu de force qui lui restait, le corps qui bloquait les jambes du chevalier embourbé. Celui-ci put alors se mouvoir pour se loger à côté de son seigneur.

— Nous devons trouver des armes votre seigneurie et fuir.

— Un Dermont ne fuit pas. Dit-il d'un ton fier.

— Il le faudra, pour rassembler nos forces, combattre un autre jour, pour que votre nom ne soit pas oublié.

Khal baissa la tête en signe d'abandon, il savait que son frère d'arme avait raison.

— Il y a une dague dans ma botte, Engueran, je peux marcher mais tu devras m'aider pour que l'on soit discret.

Les aboiements se rapprochaient, les deux compagnons d'infortune pouvait entendre les patrouilles ennemies remuer des corps à quelques pieds d'eux. L'urgence était maitre mot. Khal passa son bras droit autour des épaules d'Engueran, clopinant aussi rapidement et silencieusement possible en s'éloignant des torches des pillards. Leurs pieds s'enlisaient aisément dans ce mélange de sang et de terre mouillée. Chaque pas, aussi tremblant soit-il, les rapprochait de plus en plus d'une potentielle issue. Il ne leur fallait pas compter sur les chevaux pour s'échapper, trop bruyants et surtout trop morts pour qu'ils ne leur soit d'aucune utilité. Engueran se tourna alors pour estimer la distance qui les séparait de leurs ennemis. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il se rendit compte que les ennemis n'en était en fait pas. Un homme grisonnant ainsi que deux jeunes enfants. Tirée par une vache de mauvaise allure, une charrette remplies de cadavre, les plus fortunés bien entendus, chevalier et chef de guerre entièrement vêtus ayant passés l'arme à gauche.

— Sire, voyez, la voilà notre porte de sortie.

— Une vache, un lépreux et ses deux marmots? Je n'y vois aucun salut.

— Nous allons nous faufiler à l'arrière, parmi les morts.

— Je connais le croque-mort du coin, j'étais là à l'exécution de sa femme. Il n'avait pas d'enfant. Je ne sais pas qui sont ces personnes, mais ils cherchent quelqu'un, ils n'empilent que les personnes de haut rang sans ôter leurs breloques.

— Pensez-vous être l'objet de ces recherches ?

— Je pense surtout être mal en point. Dissimulons-nous derrière eux pour se glisser dans le chariot avant que j'y perde une rotule ou qu'un pillard ne me saigne à blanc par surprise.

Une vingtaine de pas les séparaient de leur but. Pris d'un élan d'espoir, les deux compagnons marchait d'un pas plus assuré, surpassant la douleur qui parcourait leurs os, leurs articulations, leurs muscles. Le père présumé des garçons retournait les cadavres pendant que les deux jeunes enfants s'amusaient avec les épées brisées des défunts soldats. La mort omniprésente n'entravait en rien la joie et l'amusement lisible sur leurs visages juvéniles.

Soudain des cris stridents se firent entendre, détournant l'attention de la famille cherche-morts. Une nuée de corbeaux foncèrent immédiatement à la localisation des bruyants braillements, le déplacement des oiseaux paraissait presque intentionnel, guidé.

Khal et Engueran y virent une occasion inespérée de rejoindre le chariot sans être repérés. En toute hâte ils se dépêchèrent d'atteindre la branlante charrette. Khal s'intercala entre un ancien seigneur rival et un robuste cavalier. Engueran monta à son tour, se posant là où les cadavres laissaient un espace pour se faufiler. Un espace, entre deux épaules, leur permettait de se voir légèrement.

— Sire, les corbeaux vous pensez que ... ? Sire ?

Khal avait déjà fermé les yeux, il s'était laissé aller au sommeil du juste qu'il cherchait depuis plusieurs heures.

La vache avança , le chariot suivit l'animal. La bête avait beau être vieille, une douzaine de cadavre n'était rien pour elle.

Engueran pouvait sentir et entendre l'empressement soudain du père de famille à vouloir décamper des tranchées cauchemardesques, probablement effrayé par ce cri fulgurant, pensa-t-il.
Le Roi des Terres Perdues - Chapitre 1 - Khal
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