[Question] La BCE et ses milliers de milliards d'euros

Bonjour,

En voyant les infos sur les actions de la BCE , je me suis poser une question

Entre les 1100 milliards d'euros en rachats de titres , les 1500 milliards pour lutter contre la déflation , ne peut il pas avoir des conséquences négatives voir dramatique pour l'économie européenne de créer autant de monnaie alors que l'UE n'est vraiment pas au top économiquement?

Explication de la BIS (Bank for International Settlements)

Bonjour,

Aujourd'hui, je vais vous présenter la banque centrale des banques centrales. C'est en effet, la banque qui décide et impose le taux directeur et le pourcentage de réserve des banques en fonction de certains accords comme ceux de Bâle III.

Cette banque privée se situe en suisse à Bâle et est contrôlée et financer par les banques centrales qui en sont membres. Comme sur la liste ci-dessous ou la carte.

Algeria, Argentina, Australia, Austria, Belgium, Bosnia and Herzegovina, Brazil, Bulgaria, Canada, Chile, China, Colombia, Croatia, the Czech Republic, Denmark, Estonia, Finland, France, Germany, Greece, Hong Kong SAR, Hungary, Iceland, India, Indonesia, Ireland, Israel, Italy, Japan, Korea, Latvia, Lithuania, Luxembourg, Macedonia (FYR), Malaysia, Mexico, the Netherlands, New Zealand, Norway, Peru, the Philippines, Poland, Portugal, Romania, Russia, Saudi Arabia, Serbia, Singapore, Slovakia, Slovenia, South Africa, Spain, Sweden, Switzerland, Thailand, Turkey, the United Arab Emirates, the United Kingdom and the United States, plus the European Central Bank.

http://www.bis.org/about/orggov.htm

Par contre, il est plus difficile et différent à chaque fois de savoir qui possède et contrôle les 60 membres. Néamoins, cette banque a une puissance politique énorme. Pourtant personne n'en parle.

L'analyse intéressante est que la Chine, la Russie, l'Europe et les USA sont tous membres et donc logiquement dans le même bateau. Alors qu’on a l'impression que les BRIC et les autres se font la guerre sur le terrain.

Un cimetière de voitures "presque neuves"

Le Channel Stuffing: une pratique qui consiste pour une société à remplir ses canaux de distribution sans s’assurer de leurs débouchés réels, pour gonfler artificiellement les ventes.

Et ça donne ça des voitures que personne n'achète, stockées en masse:
"C’est la conséquence de la surproduction du marché automobile, compte tenu de l’effondrement de la demande."


L'article: http://www.express.be/business/fr/economy/un-cimetiere-de-voitures-presque-neuves/189809.htm

Les différentes approches en économie

Salutations !
Mon premier réel post dans le groupe économie dans lequel je vais essayer de résumer assez clairement les différentes approches d'égalités et d'inégalités, chacun pouvait faire ses commentaires par la suite et, s'il le veut, apporter des précisions.

Premier point, l'approche "Utilitariste" par Smith et Bentham :
C'est l'idée que chacun doit recevoir en fonction de sa contribution à la production, basée sur l'idée de mérite, de récompense, si l'on n'apporte rien on ne reçoit rien, voilà qui est considéré comme juste, on considère que le "laissez faire" arrangera les choses, par "Stimulis" c'est à dire, en voyant une personne gagner mieux sa vie en contribuant plus à l'économie ( parfois même lorsque son activité se fait au détriment de celle d'un autre, on appellera ça un "surplus d'utilité") on sera tenté de faire de même, chacun va y trouver son compte. 
J'appelle ça le capitalisme optimiste.

L'approche "Libertarienne" selon Hayek
L'injustice sociale n'a pas de sens, dans les sociétés il y a forcément des inégalités, et nous n'y pouvons rien, ce n'est donc pas une injustice, et si ce n'est pas une injustice pourquoi on lutterait contre ? C'est chacun pour soit.
Les inégalités sont même utile et non injuste, car on ne sait ni qui ni quoi incriminer (exemple de la foudre qui s’abat sur une maison) et on ne va pas tenter de crée l'égalité au risque de toucher à la liberté. Dans une économie ou seul le marché règne, certains payent les pots cassés, mais ils apportent leur contribution à la société dans son ensemble en montrant ce qu'il ne faut pas faire.
Ce traitement inégalitaire avec son cortège de victimes est essentiel pour la mise en place d'une société ou les individus décident librement de leurs destin.
Hayek dans sa grande bonté a tout de même conscience que l'inégalité est plus facile à supporter lorsque l'on fait partie des classes aisées.

Entretien avec Olivier Delamarche [01:07:26]

Le spécialiste de la macroéconomie connu pour son franc-parler répond aux questions d'Avant-Garde Économique sur la crise financière, de la dette et monétaire que nous traversons.

Lien vers la vidéo en commentaire

Ce cher Karl.

"Dieu est mort, Karl Marx est mort, et moi même je ne me sens pas très bien..."
Woody Allen.
Et oui, ça fait 130 ans que Marx est mort, ses études ce sont révélées plutôt justes et ses analyses sont assez simple et plaisante à lire !

Megaupload réouvre !

La nouvelle est tombée il y-a quelques instants, le site de partage en ligne Megaupload devrait ré-ouvrir d'ici les prochaines semaines. Les avocats de Kim Dotcom ayant estimé le dernier jeudi 28 juin 2012 que les mandats de perquisition utilisés par les forces de l’ordre lors de leur assaut sur le manoir du fondateur de MegaUpload étaient illégaux le site devrait ré-ouvrir en attendant de nouvelles accusations fondées. La rumeur n'est plus rumeur le site d'informations américain " The daily news" a lui aussi confirmé la nouvelle.

Payé 5.5 millions de $ de l'heure.

C’est l’histoire d’un homme qui ne travailla que 24 heures et parti du bureau en étant millionnaire. C’est l’histoire de Bill Johnson, PDG de Progress Energy, qui après une journée de travail, empocha un parachute diamanté de 44,4 millions de dollars, soit 5,5 millions de dollars de l’heure.

Bill Johnson signa un contrat de 3 ans, le 27 juin dernier, à la tête de Duke Energy qui venait de fusionner avec Progress Energy. Il passa directeur exécutif de l’un des plus gros fournisseurs d’éléctricité aux Etats-Unis.
Le 2 juillet, Bill Johnson devient officiellement PDG de Duke Energy mais un jour plus tard, notre PDG est évincé (démission ou licenciement, on ne sait pas encore).

Le conseil d’administration le laisse partir avec 36 millions d’euros (44,4 millions de dollars) dont 7,4 millions de dollars d’indemnités, 1,4 millions de dollars de « bonus » et 1,5 millions de dollars de « sommes forfaitaires », tout cela pour récompenser « son travail et ses efforts ».

Le plus grand scandale financier de tous les temps ?

Le taux du LIBOR aurait été manipulé entre 2007 et 2011, permettant à certaines banques de se refinancer à bon compte sur le dos des entreprises et des particuliers, tout en rassurant les marchés sur leur solidité financière toute illusoire.

La suite sur http://www.contrepoints.org/?p=82204

L'or ne monte pas, le pouvoir d'achat diminue

En 1999, avec 2500 Euros vous pouviez acheter 50 pièces de 20Frs Or, les fameux Napoléons.

De 2006 à 2008, la même somme vous permettait d’acheter que 25 pièces.

En 2011-2012, vos 2.500 Euros n’achètent plus que 10 pièces…. et bientôt que 7.

En 12 ans, le pouvoir d’achat de l’Euro a été divisé par CINQ.

source : liesi

Qu'est-ce que le trading algorithmique (Flash Krach du 06/05/2010) ?



Le trading algorithmique (ou High Frequency trading ou Flash Trading) est une stratégie de trading automatique qui consiste à jouer sur les inefficiences des marchés développés chez les arbitragistes.

En clair, des grosses machines capables d’acheter et revendre une action en 16 microsecondes (15 000 transactions en une seconde). Une inefficience de marché peut être un produit sous-évalué le temps d’une microseconde que la machine achètera pour revendre à son véritable prix quelques secondes plus tard. Les gains sont très petits mais sont répétés sur des milliers d’opérations avec des montants significatifs.

Pour chiffrer un peu, en 2009:
- 1 milliard d’actions traitées par du trading automatique par jours = 60% du volume des transactions aux USA.
- Les HFT représentent 2% des intervenants en bourse.
- Bénéfice annuel estimé à 21,8 milliards de dollars.

On se place maintenant le 6 Mai 2010 sur le Dow Jones (indice financier de la bourse américaine – le CAC 40 US).
- Juste avec 14h38, la séance était nettement baissière (- 2,7%) par rapport à l’ouverture à 09h00.
- 14h38 : chute de 10553 pts à 9883.6 pts soit -6,3%/dernier cours avant chute et -9%/cours d’introduction).
- 14h44 : l'action Apple perd 23$ en deux min.
- 14h46 : Cours planché atteint puis rebond.
- 14h57 : Fin du rebond, cours à 10489 pts, retour à la normale (+6.1%/plancher).
- Le cours a ensuite fortement oscillé autour de cette valeur jusqu’à la clôture à 16h00.

WTF ? Que s’est-il passé non de dieu ?

Plusieurs raison ont été invoquées, la première étant le « Fat Finger » de Citigroup – grosse banque US – ou apparemment un trader aurait confondu millions et milliard lors d’une transaction déroutant complètement le marché et instaurant la panique. Mais Citigroup dément. Un bogue informatique ? Des hackers ? La bourse dément ces allégations.

Il a fallu attendre le rapport de la SEC (organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers) pour y voir plus clair.

14h32 : un courtier ordonne la vente de 75.000 futures S&P 500 (pour environ 4 milliards de $) en un temps record : 20 minutes alors qu’il faut en général 5h pour écouler autant de titre. Un contrat future est un produit dérivé qui fixe une transaction mais dans le future. Le S&P500 est un indice Américain créé par Standard & Poor’s. Un future S&P 500 va par exemple dire, dans 3 mois, A devra acheter à B une réplication de l’indice S&P 500 pour 10 000$, peu importe la valeur dans 3 mois de l’indice. Si au bout de 3 mois, l’indice est a 8 000$ alors l’acheteur sera perdant car il devra acheter à 10 000$ ce qui vaut actuellement 8 000$. Si par contre l’indice dans 3 mois clôture à 15 000$ alors B sera perdant car il devra vendre à A un contrat pour 10 000$ alors qu’il vaut 15 000$ actuellement.

Le courtier a donc vendu en un temps record pour 4 milliards de contrat (énorme pour une seule opération). Cette vente massive entraîne une chute du prix :
1. Les logiciels algorithmiques d’HFT en achètent car faible prix.
2. Le cours continu de baisser d’où revente massive et rapide des contrats futures accentuant ainsi le mouvement baissier.
3. Les arbitrageurs vendent les titres constituant l’indice S&P500 ainsi que fonds indiciels cotés reproduisant l’indice d’où propagation de la baisse des contrats futures aux sous-jacents soit le S&P 500 et autres indices boursiers US tels que le Nasdaq ou le Dow Jones.

La SEC dira " La meilleure façon de décrire ce qui a suivi, ce sont deux crises de liquidités sur le marché des futures et sur le marché boursier à 14h45. "
La panique a lieu car les opérateurs se sont retirés du marché. Certains se persuadent qu'un évènement cataclysmique est survenu dont ils n'ont pas encore connaissance (attaque terroriste, accident...), d'autres soupçonnent que les chiffres qui défilent alors sur leurs écrans sont faux ou incomplets.

La panique est alimentée par les ventes en cascade déclenchées mécaniquement par les logiciels d’HFT alors même qu'il n'y a plus d'acheteur ! Les ventes automatiques se traduisent par de vertigineuses chutes des cours

« L'une des leçons essentielles de l'événement est que face à un marché nerveux, l'exécution automatique d'un important ordre de vente peut provoquer des mouvements de ventes extrêmes », d’après les autorités de régulation américaines.

En France, l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) estime, dans son rapport sur la “cartographie des risques 2010″, paru fin mai, que la pratique du high frequency trading menace “l’intégrité du marché dès lors que les stratégies de trading sont détournées de leur objectif initial pour être utilisées à des fins de manipulation de marché”

Depuis le 6 mai: les régulateurs imposent de nouveaux pare-feu tel que le suspend des transactions de 5 minutes pour les titres du S&P 500 s’il y a une variation de 10% pendant moins de 5 minutes. Il n’empêchent que les marchés financiers restent vulnérables aux krachs à haute vitesse.

La commission européenne parle d’éventuelles restrictions comme des délais de latence pour les traders algorithmiques ou des limitations du nombre d’ordres par participants. Mais évidemment, les bourses s’opposent à ces restrictions. Affaire à suivre :)

En image, un petit graphique du Dow Jones en ce jour du 6 Mai 2010 pour vous montrer à quelle point l'indice a dégueulé comme on dit.

Travis

Qu’est-ce qu’un CDS ? (Article des Echos).

Pour mon retour dans le groupe Economie, j’'ai décidé d’éclairer votre lanterne sur un produit financier un peu particulier à savoir les CDS. Et pour cela, je vais prendre un article paru aujourd'’hui sur le site des Echos : « La France réussit son émission de dette » (http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201903021067-la-france-reussit-son-emission-de-dette-290396.php)

Oui je vais me permettre de le copié/collé pour pouvoir plus facilement vous décrypter les termes un peu techniques !

" La France réussit son émission de dette par ISABELLE COUET

Malgré une hausse de l'écart de taux entre la France et l'Allemagne et la mise sous perspective négative de la dette par Moody's, la France a réussi sa levée de dette."

> L'’écart de taux (ou spread de taux plus communément appelé dans le milieu) est simplement la différence de taux offerts par deux entités. Ici, on parle du spread entre l'’Allemagne et la France. Cela consiste à prendre toutes les maturités des obligations offertes par ces deux pays et faire la différence entre les deux. Exemple, les obligations 10 ans de l’'Allemagne paient 2.534% tandis que les obligations 10 ans Françaises paient 3.628%, le spread de taux est donc de 1.094%.Cela correspond au supplément de rendement offert par la France par rapport à l'’Allemagne compte tenu du risque supplémentaire adossé à la France. Quand le spread se ressert (diminue), cela veut donc dire que les profils de la France et de l'’Allemagne deviennent de plus en plus semblables (soit la France devient moins risquée soit l'Allemagne devient plus risquée) et inversement.

" Malgré la mise sous perspective négative de la dette française par Moody's lundi, l'opération est réussie. La France a émis jeudi 16 février 8,45 milliards d'euros de titres à 2, 3 et 5 ans, soit le maximum qui était prévu."

> Perspective négative = On n’a pas abaissé la note mais vous êtes bien parti pour si vous changez rien.

" Sur les obligations à 2 ans, le taux demandé par les investisseurs est ressorti à 0,89%, sous le seuil symbolique de 1% et en baisse par rapport aux précédentes opérations (1,05% en janvier, 1,58% en octobre, 1,82% en juillet). En outre la demande s'est révélée solide.

L'écart de taux France-Allemagne au plus haut depuis un mois

Pourtant, les effets de contagion liés aux incertitudes sur le sort de la Grèce, se font de nouveau sentir dans les marchés. Pour preuve, l'écart de taux à 10 ans entre la France et l'Allemagne a grimpé à 118 points de base, un plus haut depuis le début du mois."

> Un point de base = 1% d’1% donc 118 points de base (ou basis point) = 1.18%.

" Le CDS (« credit default swap ») de la France a repassé la barre symbolique des 200 points et s'élève jeudi matin à 206 points de base (cela signifie que le coût pour assurer 10 millions d'euros de dette atteint 206.000 euros). La France a aussi émis des titres indexés sur l'inflation."

> On arrive au gros du sujet : les CDS. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de cet acronyme sans forcément savoir quel terme barbare se cachait derrière.

Un CDS ou Crédit Defaut Swap peut être considéré comme une assurance. Prenons un exemple concret. L’entreprise Gorvie Car fabrique des voitures et possède de nombreux contrats avec MrSchwartzman qui est son fournisseur de pièces détachées et pneus.

Seulement, si jamais MrSchwartzman venait à faire faillite, Gorvie Car perdrait beaucoup d’argent du fait des nombreux contrats qu’ils ont ensemble et des très bons prix dont il bénéficiait du à la relation à long terme.

Gorvie Car va donc vouloir se prémunir d’un risque de faillite ou autre mauvais évènements associés à MrSchwartzman. Pour se couvrir, il va acheter un CDS de sous-jacent MrSchwartzman à la Banque Eddypl.

Comment ça marche ?

Disons que le CDS de l’entreprise MrSchwartzman est côté actuellement à 300 points de base. Gorvie Car achète un CDS de maturité 5 ans et de notionnel 10 000 000€ à Eddypl bank. Tous les ans, Gorvie car devra payer à Eddypl bank 10 000 000 x 3% (300 points de base) soit 300 000€ mais en contrepartie, si un évènement de crédit intervient sur MrSchwartzman, Eddypl Bank doit verser à Gorvie Car le contingent soit 10 000 000€ (le notionnel de l’opération).

Et qu’est-ce qu’un évènement de crédit ?

Si par exemple MrSchwartzman fait faillite. Il y a d’autres évènements de crédit qui implique d’autres versements de prime de la part de la banque tels qu’un défaut de paiement (MrSchwartzman ne peut plus payer un fournisseur ou rembourser les obligations qu’il aurait émi), moratoire (délai de paiement) ou restructuration (prolongement de la durée de remboursement).

Pour résumé, Gorvie Car paie tous les ans une prime pour se couvrir et si un évènement de crédit intervient, la banque paie à Gorvie le contingent (qui peut etre égal au notionnel soit 10 000 000€ ou moins en fonction de l’évènement – une faillite étant évidemment plus bien plus grave qu’un retard de paiement).

Et pourquoi 300 points de base et pas 500 ou 50 ?

Les banques cotent les CDS ou utilisent les cotations d’autres organismes. Pour calculer le prix d’un CDS, on fait tourner des gros modèles probabilistes qui nous reviennent avec une probabilité d’évènement de crédit et donc un prix.

Il est donc évident que plus le risque est élevé, plus le CDS sera cher (plus l’acheteur de couverture devra payer annuellement pour se couvrir). Le prix du CDS nous permet donc d’apprécier très facilement le risque adossé à une entité qu’elle soit une entreprise, une banque ou un Etat. Pour info, voici le prix de certains CDS 5 ans côté par CMA (http://www.cnbc.com/id/38451750).

AUSTRIA 5-YR: 180.93
BELGIUM 5-YR: 240.83
CHINA 5-YR: 173.57
DENMARK 5-YR: 130.24
DUBAI 5-YR: 398.855
EGYPT 5-YR: 625.00
FINLAND 5- YR 72.75
FRANCE 5-YR: 199.755
GERMANY 5-YR: 89.27
GREECE 5-YR: 9268.7002
HUNGARY 5-YR: 555.00
INDONESIA 5-YR: 163.685
IRELAND 5-YR: 573.235
ITALY 5-YR: 424.50
JAPAN 5-YR: 133.93
REP. OF KOREA 5-YR: 141.16
NETHERLANDS 5-YR: 107.425
PANAMA 5-YR: 130.635
PORTUGAL 5-YR: 1221.27
SLOVAKIA 5-YR: 291.81
SPAIN 5-YR: 403.43
SWEDEN 5-YR: 58.62
SWITZERLAND 5-YR: 54.78
UNITED KINGDOM 5-YR: 77.075
UNITED STATES 5-YR: 37.26

Les CDS sont très utilisés dans le marché comme mesure du risque. On voit par exemple qu’il y a moins de risque à investir dans les obligations Indonésiennes que dans les obligations Françaises.

En image, je vous mets un graphique représentant l’évolution du CDS sur un an de la France (source : Bloomberg) et un graphique sur le spread de taux entre Allemagne et France sur les différentes maturités (source : bousorama).

Voila, j’espère que ce petit décryptage vous aura permis d’un peu mieux comprendre les termes techniques. Pour des questions ou des suggestions, ça se passe dans les commentaires !

Travis

Des données fiables sur l'économie africaine ? -question-

Bonsoir, voila mon soucie.
Je cherche des informations fiables sur l'économie du continent africain.
Mais je ne suis vraiment pas certain que les sites que je trouve soient très fiable (afristats,...), connaissez vous un site où je pourrai trouver des informations fiables sur l'économie global africaine ?
Merci de vos réponse.

(Je supprimerai ma box ce soir pour ne pas encombrer le groupe avec ma question à deux franc !)

Les illusions de l'ultra-libéralisme…

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/23/les-illusions-de-l-ultra-liberalisme_1576900_3232.html

La crise ou plutôt les crises qui touchent nos économies depuis cinq ans (pour les plus marquantes) signeraient selon certains la fin de l'ultra-libéralisme et pour d'autres (voire les mêmes), le nécessaire retour d'un interventionnisme public régulateur, voire même keynésien. Deux remarques toutefois à cela : premièrement, l'ultralibéralisme ne fut qu'une illusion ; deuxièmement, les Etats n'ont pas les moyens financiers de leurs ambitions (si tant est d'ailleurs qu'ils aient de réelles ambitions, les atermoiements des divers G20 depuis novembre 2008 permettent d'en douter !).

Détaillons, tout d'abord, l'illusion que fut l'ultra-libéralisme. Si l'on revient aux fondamentaux économiques, un pays libéral (ou ultra-libéral) serait un pays où l'Etat n'intervient que pour assurer la défense et la sécurité nationale, la justice et la mise en place des infrastructures nécessaires au bon fonctionnement de la société et de l'économie, au respect des règles. Ce type d'Etat n'existe, à ma connaissance, pas. Depuis la fin des années 1960, les Etats se sont pourtant employés à déréguler et à se désengager de la sphère économique, convaincus par certains que cela était mieux. Qu'en fut-il ?

Incontestablement, l'activité économique fut dérégulée. Les banques se mirent à jouer les assureurs et les assureurs, les banquiers, sans que personne ne s'inquiète des conflits d'intérêts potentiels. Nombre d'entreprises publiques furent privatisées partout dans le monde et des secteurs traditionnellement considérés comme nécessairement financés par la collectivité furent ouverts à la concurrence, les prix et les salaires mais aussi les marchés financiers furent libéralisés et laissés à l'appréciation et à l'autorégulation du marché. Quels étaient les objectifs de telles mesures ? Dans un premier temps, le but louable de tout cela était d'éradiquer l'inflation avec l'idée que cette inflation systémique venait d'une concurrence insuffisante parce que limitée par l'intervention publique et qu'elle (cette inflation) pénalisait le pouvoir d'achat et donc in fine l'activité économique.

De facto et avec du recul, force est de constater que, dans les années qui suivirent la désinflation compétitive et la dérégulation, l'activité économique fut plus dynamisée par l'internationalisation de l'économie mondiale et la montée des endettements. En effet, la libéralisation permit aux plus grandes entreprises, en particulier dans les secteurs jusqu'alors publics, les concentrations nécessaires au financement de grands projets et investissements, favorisant l'innovation et la création de nouveaux produits donc de nouveaux marchés. Paradoxalement, dans un monde toujours plus concurrentiel, elle favorisa la multiplication de marchés oligopolistiques dominés par cette poignée de grande entreprise.

La concurrence s'organisa alors ailleurs, sur les salaires, le contrôle et la maîtrise des approvisionnements et entre les pays par le biais de nouvelles stratégies industrielles et commerciales d'entreprises devenues multinationales ! Tout semblait fonctionner puisque les entreprises produisaient toujours plus et toujours moins chers, les marchés financiers dérégulés et internationalisés finançaient tout cela et même plus. De l'autre côté de la machine économique, les consommateurs consommaient toujours plus, tentés par toujours plus de nouveautés (cf. les nouvelles technologies) et ce, tant grâce à la baisse des prix mais aussi en s'endettant puisque leurs salaires stagnaient depuis vingt ans ! Cet endettement privé croissant et inquiétant fut la première cause de la crise en 2007 via la crise des subprimes aux Etats-Unis. Il était toutefois encore un peu tôt pour réaliser le danger du surendettement des économies puisque la réponse préconisée aux Etats à ce moment-là fut (à juste titre dans l'urgence d'ailleurs) de soutenir massivement leurs économies.

Sauf que là-encore, ces décisions finiraient par se heurter à une autre illusion (ou un autre paradoxe) de l'ultra-libéralisme : l'augmentation exponentielle de l'endettement public.

Comment expliquer ou justifier en effet que, dans un monde où l'Etat est supposé se désengager, que son endettement ne cesse de croître ? L'explication est au regard des faits assez simple même si la justification est plus complexe. L'endettement public provient, c'est une évidence mais qu'il convient de rappeler tant elle fut si souvent oubliée, d'un double mouvement : l'augmentation des dépenses publiques d'une part et la baisse des recettes d'autre part. La baisse des recettes est assez logique du dogme libéral (ce qui ne signifie pas qu'elle soit cohérente d'ailleurs !). Se désengager signifie pour l'Etat réduire les taxes et les impôts c'est-à-dire la pression qu'il exerce sur l'activité économique.

Néanmoins et c'est là que réside le paradoxe, les Etats furent tous confrontés depuis quarante ans à une augmentation difficilement maîtrisables de leurs dépenses publiques. Les explications à cela sont nombreuses. On peut penser qu'au même titre que l'endettement des ménages, les dépenses redistributives permirent dans une certaine mesure de soutenir la consommation lorsque le pouvoir d'achat stagnait. La montée des inégalités peut être une autre explication, il fallait pour les Etats limiter la montée des inégalités (ou peut-être seulement les masquer) grâce à l'augmentation des dépenses sociales afin de maintenir une certaine cohésion sociale (ou peut-être seulement à des fins électoralistes…).

Enfin, et ceci reste à démontrer mais on peut penser que l'instabilité d'un système libéral (instabilités des prix, des taux de changes, de l'activité économique…) et les incertitudes qu'il génère (chômage, crises économiques…) ont entraîné un besoin croissant d'assurances et de garanties. Cela s'est traduit par une expansion sans précédent des sociétés d'assurance dans le monde mais aussi par l'augmentation des dépenses des systèmes de sécurité sociale. Le vieillissement des populations enfin et les besoins de financement des retraites mais aussi des soins aux personnes âgées sont un autre facteur explicatif enfin.

L'illusion majeure de cette situation fut aussi de croire que l'économie fonctionnerait mieux sans les Etats alors même que, dans un paradoxe qui n'a semble-t-il étonné personne, on attendait des Etats qu'ils trouvent les solutions aux problèmes générés par cette situation cqfd ! Les Etats se sont donc désengagés d'un côté, laissant libre cours à tous les abus d'ailleurs pour panser les plaies et pallier aux lacunes de ces évolutions d'un autre côté. C'est plus cette double contradiction qui fut fatale : si l'économie se veut libérale alors l'Etat doit accepter de réduire ses dépenses dans des proportions au moins aussi importante que baissent les recettes publiques. Si les décideurs politiques avaient été avertis et fermes sur ce point, nul doute que l'ultra-libéralisme n'aurait pas perduré bien longtemps !

Ce ne fut pas le cas et la situation économique mondiale est aujourd'hui dans une impasse. Il faudra beaucoup d'imagination et une incontestable volonté politique pour trouver une issue à cette crise. Les Etats n'ont en effet plus les moyens financiers de mener des politiques budgétaires ambitieuses, dans le même temps, ils doivent soutenir l'activité économique pour relancer une croissance indispensable à la réduction de l'endettement public et privé. Les recettes publiques donc les impôts devront augmenter, tout le monde commence à le comprendre, en témoignent les déclarations en Europe et aux Etats-Unis des "très riches" comme on les appelle aujourd'hui.

A nos décideurs politiques maintenant d'avoir le courage de faire les bons choix. Les décisions des agences de notations ces dernières semaines illustrent d'ailleurs plus certainement leurs craintes face au manque de volonté politique des Etats que face à la montée de l'endettement public. La dégradation de la note américaine quelques jours à peine après l'accord décevant pour remonter le plafond de la dette aux Etats-Unis en est un exemple.

Pour ce qui est de l'imagination politique pour sortir de cette impasse, il faut définir les objectifs et les instruments de ces politiques économiques. L'objectif central est la croissance sans pour autant amplifier la dette publique. Mission impossible diront certains ! Pas forcément : une bonne gestion de la dépense et une rationalisation des choix peuvent permettre d'atteindre l'objectif fixé. Toutefois rationnaliser les choix publics supposent aussi de fixer des objectifs plus précis que la seule croissance.

Une croissance durable comme l'ont souhaité les dirigeants du G20 en son temps réclame la réduction des déséquilibres mondiaux, cela a déjà été dit moult fois. Réduire les déséquilibres ne signifie pas seulement réguler la finance internationale ou réformer le système monétaire international (concept d'ailleurs un peu flou pour en comprendre les enjeux !). Réduire les déséquilibres de manière durable supposera aussi de penser des convergences entre les économies, de remettre l'homme au cœur du système et l'économie ou le développement économique au service de l'homme, de la collectivité et de la société.

Le fil conducteur de tout cela, est probablement la réduction des inégalités tant internes aux pays qu'internationales. En son temps, ces inégalités furent réduites ou interdites par des révolutions, souvent sanglantes et dramatiques qui furent autant le symptôme du mal que son remède. Dans les années 1930 et après la seconde guerre mondiale, des leaders politiques plus avertis et plus courageux réussirent à relever ce défi par une méthode plus douce mais aussi plus porteuse de prospérité. Espérons que cette deuxième voie l'emporte à l'avenir pour sortir de la crise !

PS Hashgrid: Si après ça vous n'êtes pas d'accord pour dire que l'ultra libéralisme est une mauvaise chose c'est que:
1) Vous n'avez pas lu.
2) Vous n'avez pas compris.
3) Vous êtes un riche égoïste.

PPS: Bien sur si quelqu'un veut venir défendre l'autre point de vue je suis preneur. Attention cependant à ce que vous allez poster, n'oubliez pas que cet article est remplit d'arguments, d'exemple et de phrase simples mais compréhensibles. Le premier qui parle avec du jargon bancaire j'en fait un hot-dog froid que je donne à manger aux corbeaux.

La France

Bonjour à toi économiste de Science Po.

Je me posais quelques question sur l'économie Française.

On entend partout que l'économie va mal, en France et surtout dans le monde, mais hormis les courses, l'essence et 2/3 trucs qui coutent plus cher, je ne vois pas les effets concret sur moi ou mon environnement.

J'ai plus l'impression que les autres pays en chie a mort et que nous c'est largement moins violent.

Si quelqu'un pouvais m'expliquer ce pourquoi on estime que la France va très mal en ce moment, et les effets que j'aurais pas vu au quotidiens merci, ou si c'est les média qui cherche a nous faire flipper.

Merci

Petit recap sur le concept du groupe

Suite à la récente activité du groupe, un petit récapitulatif s’impose afin que celui si reste ordonné et ne parte pas dans tous les sens :

J’apprécie fortement que d’autres membres que moi postent des box dans le groupe. Le groupe économie ne peux pas vivre uniquement de mes créations qui en général me prennent beaucoup de temps à écrire (chose qui se raréfie dans ma vie plus j’avance !).

Ce que je n’apprécie pas, c’est que ces box ne respectent pas le but premier de ce groupe. Alors récapitulons, je vous prie !

Ce groupe a été créé pour exposer dans les box des mécanismes de bases en Economie et en Finance et décrypter l’actualité pour qu’elle devienne accessible aux néophytes et le plus important sans prendre partie ni exposer des théories fortement orientées tout en citant des sources fiables.

Par contre, les commentaires sont là pour exposer les avis et autres pensées de chacun et propres à chacun !

Ce groupe n’a pas été créé pour exposer dans les box des théories très tranchées se résumant en une vidéo sans texte explicatif, 5 lignes de textes ou une image ne citant évidement aucune source fiable.

Comme vous avez pu le voir, j’essaie d’ordonner ce groupe un tant soit peu. Mes titres de box sont sous forme de question et traitent d’un sujet bien précis (ex : les actions, les obligations, la crise en Grèce…). Je travaille le contenu de mes box en citant des articles, en explicitant certains points, en prenant des exemples, en donnant des statistiques (pour la plupart provenant d’instituts qualifiés et non pas de mon collègue Jean-Marc que j’ai croisé à la cafet’). Seul oubli de ma part pour l’instant, je ne cite pas mes sources qui comme je l’ai déjà dit sont pour la plupart des instituts spécialisés tels que l’INSEE (Les trolls pourront toujours contester ces sources, moi non, je leur fait confiance).

Alors je ne demande pas aux futurs posteurs de box de faire des textes aussi longs et détaillés que les miens, je ne leur demande pas de mettre obligatoirement un graphique en image ou de donner un minimum de 5 statistiques sourcées, je demande que le contenu des box soit propre, non orienté, non politisé et si possible avec des sources. Je demande aux personnes souhaitant exprimer leur avis de le faire uniquement dans les commentaires.

Et je ne veux plus 5 vidéos dans 5 box différentes avec au total 10 mots de description.
Car moi aussi je peux me filmer derrière une bibliothèque, prendre un air grave, laisser tomber mes lunettes sur le bout du nez et dire que l’Etat vous vole 100 Million d’euro chaque jour. Il n’y a aucune source, aucune démonstration et quand démonstration il y a, elle est tronquée et omet bon nombre de paramètres afin de créer la polémique.

Une théorie du complot à propos du commerce de croquettes pour chiot castré ? OK, mais la box traitera du commerce de croquette pour chiot castré de façon neutre, explicitée et sourcée et la vidéo sera mis en commentaire. Je veux que le néophyte puisse d’abord comprendre les mécanismes de base afin qu’il se forge son propre avis avant qu’il ne reçoive l’avis d’autres personnes sur le sujet.

Voila, je veux bien que vous compreniez que je ne censure en rien vos avis, je suis totalement pour la liberté de pensée et le fait que chacun puisse forger son opinion librement quelque soit l’intensité de celui-ci. Je vois juste que le groupe garde son ordination, donc les bases acceptables par tous sont dans la box, les avis et opinions aussi extrêmes soient-ils sont dans les commentaires.

Maintenant que les règles sont largement explicitées, toute box ne correspondant pas recevra mon vote négatif et un commentaire de ma part encourageant les autres membres à voter négativement et donc à enterrer la dite box. Je ne vous demande pas la lune alors respectez ces pré-requis et le groupe Economie gardera sa légitimité.

Travis.

Pourquoi les pays s'endettent-ils ?

Dans ma précédente box traitant de la crise grecque, certain Chouals se sont retrouvés circonspects face à la dette des pays et se demander si tous les pays étaient endettés, comment un pays pouvait être noté triple A alors qu’il était endetté ou comment ces pays pouvaient prêter de l’argent alors qu’ils sont eux même dans la crotte. On va donc revenir sur la dette publique, ce fléau qui a su petit à petit s’installer dans nos économies.

Pourquoi les pays s’endettent-ils autant ?

La réponse est plutôt simple : car nos pays sont en déficit public c'est-à-dire que leurs recettes (ce qu’ils gagnent grâce aux impôts et taxes) est inférieur à ce qu’ils dépensent (les investissements publics). Jusque là rien de neuf, j’en avais déjà parlé pour la Grèce. Là où j’apporte une précision, c’est que TOUS les pays sont en déficit public (du moins je crois, mais dans le doute on va dire la grande majorité). Les Etats ont commencé à emprunter vers le Moyen-âge et jusqu’il n’y a pas si longtemps, la principale raison restait la même à savoir financer les guerres. Car oui les guerres ça coûtent très cher ! et face à de telles dépenses, quelles solutions a un Etat ?
Piocher dans les réserves, pas suffisantes.
Créer de la monnaie : les Etats n’avaient pas toujours l’or nécessaire pour forger de nouvelles pièces et les billets n’existaient pas. De plus, il n’y a rien de mieux pour augmenter l’inflation.
Réduire les dépenses publiques : quand tu te fait attaquer, t’as pas trop le choix, tu banques pour te défendre.
Augmenter les impôts : « Bonjour Madame, on prend votre fils et votre mari pour le front et on va augmenter l’impôt que vous nous devrez » Moyen voire inimaginable.
Alors on emprunte ! on déplace le problème dans le temps mais c’est la meilleure des solutions.

Apparemment les premiers à avoir emprunté en tant que cité sont les italiens. Je rajoute en tant que cité car déjà depuis l’époque romaine, les politiques empruntaient mais à titre personnel. Cela revenait à dire « Sarko vient de faire un emprunt pour payer de nouvelles routes ». Au XIIIème, les cités italiennes ont commencé à emprunter d’abord à très courts termes puis à très long terme (avec des emprunts perpétuels, en gros je fais un emprunt et je décide de la date de remboursement, cela peut être dans un an comme dans 200 ans mais je paie des intérêts tous les ans quand même). En France, c’est François Ier en 1522 qui lance le premier emprunt d’état, une rente perpétuelle (comme décrite plus haut). Les guerres se multiplient et les emprunts de même. Devinez comment les Etats géraient la situation où ils ne pouvaient plus rembourser leurs créanciers. En faisant banqueroute ! Ainsi, les Habsbourg d’Espagne ont fait banqueroute en 1557, 1575, 1596, 1607 et 1627. Vous êtes en droit de vous demander comment des personnes osaient encore prêter à des espingouins qui font faillite tous les 20 ans. Et bien laissez moi précisé que les prêteurs n’avaient pas toujours le choix de prêter ou pas (Aaahhh le pouvoir étatique, quel pied). Bin oui, quand les guerres continuent et que les recettes stagnent, bin on fait banqueroute, on doit plus rien à personne et on renait frais comme un gardon.

Mais à partir du XIXème, les Etats s’assument et ne font plus banqueroute. En France, l’année 1796 marquera la dernière faillite de l’état français. Les grandes puissances redorent leur blason financier et les créanciers font de plus en plus confiance à cette personne immortelle. Et peu à peu, les emprunts d’états deviennent les actifs sans risques. Comme l’état apparait de plus en plus sur alors les taux d’intérêt diminuent. Et apparurent les deux guerres mondiales, les dettes publiques ré-explosent mais cet effet sera diminuer par les années de croissance qui suivirent. L’endettement diminue dans les 1960 et 1970 et repars à la hausse depuis 1980. Durant les 80’, la croissance ralentie et les Etats choisissent d’instaurer des politiques de relance à l’image de Ronald Reagan. Une politique de relance est un ensemble de mesures revenant à augmenter les dépenses publiques et réduire les impôts dans le but de provoquer une « relance économique » soit une augmentation de l’activité économique et une réduction du chômage. On réduit les impôts, les ménages ont plus d’argent pour consommer et les entreprises pour investir et embaucher. Les augmentations des dépenses publiques augmentent la demande et donc les entreprises embauchent. Par ex : l’état construit un stade, l’état paie les architectes, les constructeurs, les fournisseurs etc… et en plus crée des emplois car le stade devra embaucher des gens. C’est grossièrement expliquer mais j’espère que vous saisissez l’idée selon laquelle l’Etat fait son gros riche et « déverse » des biftons sur les particuliers pour qu’ils consomment ou investissent plus (d’ailleurs de nos jours, c’est plutôt l’inverse à savoir des politiques de rigueur, l’Etat se sert grave la ceinture !). En France, il y a le plan de relance de Chirac en 1975 ou le plan de Mauroy en 1981 et plus récemment le plan de relance de 2008. Bref, on va dire que depuis 1980, la France n’a plus connu de solde équilibré (recettes = dépenses).

Point important, c’est bien beau de faire des emprunts mais faut les rembourser et payer les intérêts et pour cela l’Etat…emprunte ! C’est drôle n’est-pas ? On parle du service de la dette quand on évoque le remboursement final plus le paiement des intérêts. On parle de charge de la dette quand on évoque uniquement le paiement périodique d’intérêts. Quelques chiffres pour vous enlever le sourire !
début 2011, la dette française représente 84.5% du PIB soit 1 646.1 milliard d’euro (imaginez vous que cet argent on va devoir le rembourser !!)
En 2011, le service de la dette devient le premier poste de dépense du budget : 46.9 Milliard d’euros ont étés destinés à rembourser la dette contre 44.5 Milliard pour l’Education et 30.1 pour la Défense.

Et vous savez quoi ? la France est plutôt pas mal lotie. Suite des chiffres sur le pourcentage de la dette / PIB en 2010 :
Japon 225.80% du PIB (cas exceptionnel, je vous ferai peut-être une box sur le sujet).
Grèce 144% du PIB.
Islande 123.80% du PIB.
Italie 118.10% du PIB.
Belgique 98.60% du PIB.
Irlande 94.20% du PIB.
* USA 88.90% du PIB.

C’est moche hein ? Rappelons quand même que le traité de convergence de Maastricht impose au pays d’avoir une dette publique inférieure à 60% de leur PIB (La blague !). Bref, on a laissé s’installer la situation et maintenant les Etats sont surendettés mais comme tout le monde l’est bin c’est cool !

Revenons à nos moutons. Comment peut-on noter un Etat comme la France AAA alors qu’elle est criblée de dette ! Les agences de notations évaluent les pays en fonction évidemment de critères financiers mais pas que ! Il y a également les critères sociaux, moraux ou encore écologique. Qu’est-ce qu’une note évalue ? la probabilité qu’un Etat a de couler. La dette, c’est un fléau, mais un fléau récurrent, qui fait parti de notre environnement. C’est un mal bien identifié dont on connait à peu près l’évolution et les conséquences. Une guerre civile (oui c’est un exemple !), c’est presque indétectable, c’est rapide et spontanée, ca peut tout emporter et les conséquences on ne les connait vraiment pas du tout !! Il faut bien saisir l’importance des autres critères dans la notation et surtout avoir confiance que les pays surendettés, c’est la majorité donc la normalité. Après il y a surendettement et surendettement hein ! Mais bon, c’est pour dire que la France avec ses 84.5%, bin on en revient à se dire que c’est pas mal (et c’est ça le problème).

J’espère ne pas m’être trop éloigné du sujet et avoir éclairé quelques zones de doutes. Comme d’hab’, si questions il y a, ça se passe dans les commentaires et j’essaierai de les traiter assez rapidement sachant qu’en ce moment je suis pas mal pris !

Pourquoi la dette publique grecque nous fait elle criser ?

Pourquoi la dette publique grecque nous fait criser ?


La Grèce, comme la plupart des pays, émet des obligations pour recevoir des capitaux (cf : ma box sur les obligations). Le pays emprunte à des institutions ou particuliers et doit tout naturellement les rembourser ! La crise provient des craintes qu’ont ses prêteurs sur les capacités de remboursement de la Grèce. Encore une fois je vous rappelle que si la Grèce est en défaut de paiement et ne peut répondre rembourser, pour les prêteurs, c’est de l’argent perdu ! Si j’ai acheté pour 10 000€ d’obligation Grecque, inutile d’espérer récupérer quelque chose si la Grèce fait faillite !

Alors pourquoi la Grèce suscite t’elle autant de crainte ?

D’abord, il faut savoir que l’économie de la Grèce était l’une des plus dynamiques d’Europe avec un taux de croissance de 4.2% de 2000 à 2007 et depuis 2001 et son entrée dans la Zone Euro, une baisse des taux d’intérêt lui permettait de financer des dépenses massives.

Sous l’ancien gouvernement conservateur mené par Nouvelle Démocratie (2004 à 2009), le secteur public a été massivement étendu. Le gouvernement a engagé 75 000 fonctionnaires supplémentaires (soit une augmentation de l’ordre de 10% environ) venant alourdir un secteur déjà important et inefficace (un peu moins d’un millions de fonctionnaires soit 1 actif sur 4). Le gouvernement a également été généreux sur les retraites et les salaires qui ont pris 30% sur la période. Les politiciens grecs utilisent depuis des années l’État comme un moyen de distribuer des faveurs à leurs électeurs. Offrir un poste très courtisé dans le service public (qui signifie un emploi et un revenu à vie, et un travail généralement tranquille) était une pratique répandue dont les conséquences sont payées aujourd’hui par le pays sous la forme d’un secteur public énorme, gaspilleur, inefficace et corrompu.

Et qui paie les salaires des fonctionnaires et les retraites ? C’est l’Etat et pour cela, ils s’endettent (en émettant des obligations) et la dette publique augmente et augmente et augmente jusqu'à dépasser le PIB du pays. Pourquoi un pays s’endette ? Un Etat gagne de l’argent et en dépense. Il en gagne avec les recettes fiscales (les impôts) et en dépense avec l’investissement public. Or quand les dépenses dépassent les recettes, l’Etat emprunte, et ensuite il emprunte pour rembourser les emprunts etc…En fait, depuis 10 ans, la dette publique Grecque représente plus de 100% du PIB (le Produit Intérieur Brut est un indicateur économique utilisé pour mesurer les richesses créées dans un pays, c’est aussi la mesure du revenu provenant de la production de ce pays). Avant l’arrivée de la crise, on avait déjà un pays dont les finances étaient peu saines (A l’heure actuelle, la dette grecque représente 140% du PIB et devrait atteindre 150% fin 2011).

Elément déclencheur en 2008, la crise financière : Le tourisme et le transport maritime, les deux piliers de l’économie grecque, subissent les effets de la crise : -15% de leurs revenus en 2009. La croissance (synonyme de prospérité), qui permettait d’emprunter à bon marché se retrouve amputée de ces principaux moteurs. Les investisseurs commencent à regarder d’un mauvais œil cette perte de dynamiste.

A cela s’ajoute les mensonges et falsifications du gouvernement grecque (oui, les grecs sont des petits filous !) : ainsi, il avait soutenu en 2009 que le déficit (recettes fiscales – dépenses fiscale soit impôt reçu – investissement public) était de 3.7%. En Octobre 2009, le lendemain des élections législatives, le nouveau 1er ministre grecque annonce le nouveau déficit des finances publiques : 12.7% du PIB. Le pire je trouve, c’est que ce n’est pas la première fois qu’il y a tromperie sur la marchandise avec la Grèce ! Une condition pour que la Grèce entre dans la Zone Euro était que son déficit ne devait pas dépasser 3% du PIB. La Grèce annonce en 2000 que son déficit est de 1% du PIB alors qu’il était en réalité de 3% Certes c’est minime comme mensonge mais de la part d’un gouvernement, ça veut dire beaucoup (cela pouvait sous-entendre que le gouvernement était plutôt laxiste sur la certification de ses comptes). Sous les conseils de la grande banque américaine Goldman Sachs, des contrats de swap de change ont été utilisé pour décaler artificiellement de plusieurs années le paiement des intérêts de sa dette. La Grèce aurait utilisé ce camouflage depuis 2001 pour 10 milliard de dollars de dette publique émise en dollars et en yen convertis en euro en utilisant un taux de change historique (un taux de change fixe genre 1€ = 1.2$) plutôt que le taux de change du marché (rappelez-vous, les taux de change évolue constamment et sont loin d’être fixes). Cette petite magouille aurait permis de truquer les comptes de la Grèce.

La perte de dynamise et les mensonges révélés marquent le début de la phase de crainte vis-à-vis de la Grèce. Des prêteurs (acheteurs d’obligations grecques) ont prêté sur la base de la qualité du pays. Mais lorsque cette qualité se dégrade du fait de la conjoncture et qu’en plus, vous apprenez que la qualité à la base est moins bonne que ce que l’on vous avez dit, alors ça craint ! Et quand ça craint ?? Les taux augmentent ! Et quand les taux augmentent ?? Bin la Grèce a de plus en plus de mal à emprunté et donc ?? Bin ça craint encore plus !! (C’est un cercle vicieux). Réponse des agences de notations en Décembre 2009 :
Fitch dégrade la Grèce de A- à BBB+.
Standard & Poor’s dégrade la Grèce de A- à BBB+.
Moody’s dégrade la Grèce de A1 à A2.

Le nouveau gouvernement décide donc (fin bon, il n’a pas vraiment le choix !!) décide donc d’assainir les finances et lance donc les fameux plan d’austérité (on se sert la ceinture !). Je vous fais grâce des différentes mesures mais en gros l’Etat donne moins (moins de prime, de pensions…) et prend plus (plus de taxes genre sur essence ou tabac par exemple).

Mais ça ne suffit pas. Papandréou (1ère ministre grec) évoque le 18 Mars 2010 et pour la première fois une éventuelle demande d’aide de l’extérieur (d’abord au FMI, le Fond Monétaire International en charge de la stabilité financière et économique mondiale). 1ère aide accordée par la Banque Centrale Européenne le 25 Mars 2010 : son président, Jean-Claude Trichet, annonce que la BCE acceptera comme collatéral des obligations grecques notées BBB- jusqu’en 2011 (avant, le plancher était A-). C’est pas mal technique mais je vais essayer de faire simple. En gros, quand la BCE prête de l’argent aux Banques européennes, elle demande une sorte de caution, le collatéral. Celui-ci peut être en cash de n’importe quelle devise ou en titre. Auparavant, la BCE n’acceptait comme « caution » ou collatéral que des titres notés au minimum A- (parce qu’il ne faut pas déconner, la BCE elle ne va pas prêter si en caution on lui file de la merde !). Là, elle fait en sorte que les obligations grecque soit éligibles en tant que collatéral. Cette mesure avait pour effet de rendre un peu plus attractifs les titres grecs.

1er plan d’aide direct le 11 Avril 2010 : les pays de la Zone Euro annoncent qu’ils prêteront pour un total de 30 Milliards sur une durée de 3 ans, pour un taux d’environ 5% (un taux largement meilleur que ce que la Grèce pourrait avoir sur les marchés). Mais ça ne suffit toujours pas. Le 3 mois 2010, la BCE annonce qu’elle accepte n’importe quel titre grec en tant que collatéral (rappelez vous, avant c’étais BBB-).

2nd plan d’aide direct dans la nuit du 9 au 10 Mai 2010 : L’UE en collaboration avec le FMI se dote d’un fond de stabilisation de 750 Milliard d’euros (60 de la Commission Européenne, 440 par les Etats et 250 par le FMI) pour faire face à la peur des marchés et éviter que la crise ne s’étale sur les autres pays européens fortement endetté (le Portugal, l’Italie, l’Espagne et l’Irlande). Le plan d’aide à la Grèce représente 110 Milliards de prêt sur 3 ans. Mais ça ne suffit toujours pas, malgré ces efforts, le pays n’arrive pas à réduire la fraude fiscale et voit sa récession aggravée par l’austérité imposée.

Nouvelle réponse des agences de notations le 14 Juin 2010 :
Fitch dégrade la Grèce de BBB+ à BBB-.
Standard & Poor’s dégrade la Grèce de BBB+ à BB+.
Moody’s dégrade la Grèce de A2 à Ba1.

Au total, 4 plans d’austérité se sont succédés en 2010 et ces mesures ont tout de même permis de réduire le déficit public de 5 points, c'est-à-dire de passer de 15.4% du PIB en 2009 à 10.5% en 2010 (le tout dans un contexte de récession). Mais, vu le niveau de déficit initial, cela apparaît comme insuffisant et comme je l’ai mis plus haut, ces mesures restrictives ont par ailleurs entraîné une baisse de la consommation et de l’investissement et donc ont aggravé la récession.

Plus grave, le 13 Juin 2011, Standard & Poor’s abaisse la note grecque à CCC.

En réponse, le 21 Juillet 2011, un 2nd plan d’aide à Athènes de près de 160 Milliard d’euros a été dévoilé par la BCE et le FMI. Nouveauté : Le secteur privé a été mis à contribution. Ainsi, des banques, assurances, fonds de pension… vont participer à hauteur de 50 Milliards entre 2011 et 2014 (37 Milliards de contribution volontaire et 12.6 Milliards en rachat de titres grecs sur le marché). Sur 10 ans, la contribution privée s’élèvera à 135 Milliards d’euro.

La grande question actuellement est : qui détient de la dette publique grecque ?

Classé par pays : Grèce (29%), Royaume-Uni-Irlande (23%), France (11%), Allemagne-Suisse-Autriche (9%), Italie & Bénélux (6% chacun), USA & Scandinavie (3% chacun), etc…

Classé par détenteur : Banques (45%), Gérant de Fonds (19%), Assurance-Fond de pension (14%), Gérant d’actif (10%), Hedge Fund (5%), Banque Centrale-Etats (5%), etc…


Pourquoi une solution coopérative au sein de l’UE sera proposée ?

Les autorités Allemandes refusent pour l’instant de mettre en place un mécanisme d’aide financière à la Grèce or, les banques détiennent 140 Milliards d’euros de dette grecque, un défaut sur cette dette publique peut déclencher une crise systémique puisqu’il entraînerait de lourdes pertes pour les banques.

Il y a également risque de nouvelle attaque spéculative grâce aux rumeurs et aux CDS : rappelez-vous ce que les CDS sont, j’en ai déjà parlé, vous savez ces contrats qui disent « Tu me donnes 10 000€ tous les 6 mois et si XX fait faillite je te donne 1 000 000 € ». Comme tout actifs financiers, ces contrats sont cotés (on peut donc les acheter et les vendre en un battement de cil) et leur prix est évidemment relié à la probabilité de défaut de XX (XX pouvant être un Etat, une entreprise, une banque …). Certains intervenants sur le marché n’hésitent pas à lancer de fausses rumeurs amplifiant les craintes entourant la dette grecque, la probabilité de défaut de paiement augmente (les rumeurs la surévalue) et donc le prix des CSD augmentent. Ces mêmes intervenants savent naturellement acheter des CDS lorsque le prix est bas et vendre ces mêmes produits lorsque leur prix a explosé. Ces attaques spéculatives déstabilisent la dette grecque et paradoxalement augmente réellement la probabilité de défaut.

Mardi, le couple Merkel-Sarko a remis au goût du jour l’idée d’instaurer en Europe une taxe sur les transactions financière et cette idée est loin de faire des envieux. L’argument revient à dire qu’une telle taxe freinera beaucoup la croissance économique en alourdissant les coûts de l’industrie des services financiers. De plus, une telle taxe devrait être instaurer au niveau mondial pour éviter une perte en concurrence pour l’Europe vis-à-vis des autres places financières mondiales.

L’avenir nous dira comment va évoluer le dossier mais on peut déjà citer le cas de la Suède qui en 1990 avait instauré une taxe du genre et qui avait eu pour effet de faire diminuer de 85% l’activité.

J’espère que ce petit texte vous aura éclairé sur l’état actuel de la Grèce, comme toujours je reste dispo pour d’éventuelles questions en commentaire.

Qu'est-ce qu'un produit dérivé ?

Qu’est-ce qu’un produit dérivé ?

Un produit dérivé est un produit financier dont la valeur se dérive de la valeur d’un autre produit financier généralement plus basique. Un produit dérivé avec un sous-jacent action verra sa valeur évoluer en fonction de l’évolution du cours de l’action. Les deux valeurs peuvent évoluer dans le même sens (si l’action augmente, le produit dérivé augmente) ou en sens inverse (si l’action augmente, le produit dérivé diminue). Un produit dérivé peut être adossé à n’importe quel type de produit financiers (action, obligation, taux, matière 1ère, devise..) mais peut aussi être adossé à des variables réelles telles que la météo, l’inflation ou à d’autres produits dérivés (un produit dérivé dont la valeur dépend d’un autre produit dérivé dont la valeur dépend d’une action par exemple). Trèves de blabla, passons au concret et voyons quelques produits dérivés :

Un future (ou forward) :

Ce produit fixe la valeur d’un actif dans le futur, exemple : si je suis acheteur d’un futur sur action France Télécom avec un strike (la valeur future) de 38€ et une maturité de 3 mois, alors je devrai acheter le titre France Télécom dans 3 mois au prix de 38€ et le vendeur de futur sera obligé de me le vendre. Inversement si je suis vendeur de future action Société Générale 45€ 3 mois, alors dans 3 mois je serai obligé de vendre le titre Société Générale à 45€ à l’acheteur du future qui lui sera obligé de me l’acheter. Un future est donc un contrat entre deux partie qui fixe les caractéristiques d’une transaction (quel actif, quelle quantité, quand, à quel prix…). Rentrer dans un contrat forward ou future n’a théoriquement pas de prix.

La différence entre un future et un forward est un peu compliquée, je vous la donne quand même mais c’est pas grave si vous ne comprenez pas. Un future est un contrat standardisé qui s’échange sur les bourses alors qu’un forward est un contrat plus flexible qui s’échange de gré à gré c'est-à-dire sans passer par une bourse (un trader chez BNP appelle un trader chez Crédit Agricole et ils passent une transaction sans passer par une bourse).


Une option :

Une option est un contrat donnant à son acheteur le droit mais non l’obligation d’acheter ou de vendre un actif dans une quantité déterminée à un prix déterminé et à une date déterminée. C’est donc un future ou forward mais l’acheter du contrat n’est pas obligé de acheter ou vendre (et ce bénéfice a un prix). Il y les calls (option d’achat) et le puts (option de vente) :

Un trader achetant un call EDF 3 mois strike 38€ pourra dans 3 mois s’il le veut acheter l’action EDF au prix de 38€. Selon vous, quand va-t’il exercer son droit ? 3 mois après le deal, l’action EDF est passée à 35€, le trader peut acheter à 38€ une action qui en vaut 35€, pas top. Il semble logique que l’acheteur de call n’exerce pas son droit vu qu’il peut acheter la même action 3€ moins cher dans le marché. Par contre, si l’action est passée à 50€, l’acheteur de call peut acheter à 38€ une action qui en vaut 50€, super ! Il réalise 12€ de gain.

Inversement un trader achetant un put GDF 3 mois strike 50€ pourra dans 3 mois et s’il le veut, vendre l’action GDF au prix de 50€. Même question, quand pensez-vous que cet acheteur de put exercera son droit ? Si à la fin des 3 mois, l’action GDF est passée à 60€, l’acheteur de put pourra vendre à 50€ quelque chose qui vaut 60€, ça vaut clairement pas le coup. Par contre si le titre a chuté à 30€, l’acheteur de put pourra vendre à 50€ quelque chose qui vaut 30€, jackpot !

A l’inverse d’un future ou forward, acheter un call ou un put (une option quoi) a un prix (par exemple 2€/action). Les options call et put simples sont appelées option vanille ou option du 1er degré mais il existe une multiiiiiiituuuuude d’autres options bien plus compliquées (inutile de vous embrouiller plus que ça !).

Un Swap :

Un swap est un contrat entre deux parties convenant à échanger des flux financier pendant une certaine période dans des caractéristiques prédéfinies (vite un exemple concret !!). Prenons nos 2 traders Cassandre et Stridz : tout deux rentrent dans un swap de taux maturité 5 ans. Cassandre s’engage à payer tous les 6 mois un taux fixe de 5% et, en échange, Stridz s’engage à payer aux mêmes date un taux variable par exemple le taux EURIBOR + 1%. Ils décident d’engager cette opération sur 10 Mios et donc tous les 6 mois pendant 5 ans, il va y avoir échange de flux. Il existe donc les swaps de taux (échange de taux), swap de devise (échange de monnaie) ou encore notre fameux CDS ou crédit défaut swap qui échange un risque de crédit d’un émetteur contre des versements périodiques et réguliers (en gros, j’ai prêter de l’argent à X que je soupçonne de faillite, je rentre dans un CDS avec Y et tous les 6 mois, je lui donne 100 000 € mais si X fait faillite et ne peut me rembourser, je touche 10 000 000€).

Venons en au plus important : Pourquoi ces produits dérivés ?

On va expliciter les 3 buts génériques d’une transaction sur marché à savoir la spéculation, la protection ou l’arbitrage.

La spéculation :

J’imagine que vous avez déjà une petite idée du thème : je sens que l’action PERNOD RICARD va très fortement augmenter d’ici 6 mois. Je l’achète, j’attends les 6 mois et si ma prévision était bonne, je la revends, j’ai spéculé (du moins j’ai essayé). On va montrer que la spéculation avec option est bien plus intéressante (mais plus risquée aussi). On reprend nos deux traders attitrés à savoir Cassandre et Stridz. Tout deux ont la même anticipation à savoir, l’action Crédit Agricole va augmenter. Elle est actuellement à 15€ et pourrait passer d’ici 6 mois à 25€ (oui bon imaginons !!) et dispose de la même somme pour investir soir 15 000€.

Cassandre achète 1 000 actions CA au prix de 15€ et débourse donc 15 000€. Stridz achète 10 000 options call strike 17 au prix unitaire de 1.5€ et débourse donc 15 000€ également. A la fin des 6 mois, l’action cote comme prévu 25€. Cassandre revend ses 1 000 actions et empoche 25 000€ soit un profit de 10 000€. Stridz lui peut acheter 10 000 actions à 17€ alors qu’elles valent 25€. Il débourse 170 000€ (10 000 x 17) et revend les titres sur le marché à 25€, il reçoit donc 250 000€. Son profit est donc de 80 000 – 15000 = 65 000€.

Cassandre a transformé 15 000€ en 25 000€ (soit 67%).
Stridz a transformé 15 000€ en 80 000€ (soit 433% !!).

Les situations sont-elles pour autant les mêmes ? Non ! Stridz a prit beaucoup plus de risque que Cassandre. Car si l’action avait stagné et au bout de 6 mois elle finissait à 16€, Cassandre aurait pu empocher 1€ de profit par action mais Stridz lui aurait complètement perdu son investissement initial car son option lui permettait d’acheter à 17€. Je mets en image le graphique des pertes et profits de chacun en fonction de l’évolution de l’action. Par cet exemple, on peut comprendre l’effet de levier. Pour Cassandre, lorsque le titre a augmenté de 50% (de 15€ à 22.5€), son capital a augmenté de 50% (50/50 = levier 1) alors que le capital de Stridz a augmenté de 267% (267/50 = levier 5.34). Un levier de 5.34 veut dire que 1% d’augmentation provoque 5.34% d’augmentation de profit. Le levier sur une option change au fil du temps. Plus le levier est élevé, plus les risques sont gros.

La couverture :

Imaginons une compagnie aérienne, celle-ci a besoin, entre autre, de barils d’essence pour ses avions. Elle sait que dans 4 mois, elle va devoir acheter 1 000 000 de barils et craint que son prix n’augmente. Actuellement à 70$ le baril, elle craint qu’il ne passe à 80$. Elle rentre donc dans un contrat forward pour 1 000 000 de barils dans 4 mois au prix de 71.17$. Elle fixe le prix qu’elle devra payer dans 4 mois pour ses 1 000 000 de barils. 4 mois après le baril est bel et bien passé à 80€. L’entreprise a locké le prix et achète donc à 71.17$ au lieu de 80$. Elle s’est donc protégé contre les variations du prix du pétrole et gratuitement (le contrat forward n’a pas de prix). Par contre, si le prix du baril 4 mois après est tombé à 60$, elle devra quand même acheter à 71.17€. C’est le revers de la médaille de la gratuité du produit.

L’arbitrage :

L’arbitrage consiste à acheter un produit à une bourse et le revendre instantanément à une autre bourse car il y a un décalage dans les prix. Par exemple, l’action Dexia est cotée sur une bourse française 4€ et sur une bourse belge 4.10€. J’achète Dexia sur la bourse française et je vends Dexia sur la bourse belge = profit de 0.10€ dans rien faire. De tels décalages arrivent mais son généralement très faible et ne dure que quelques microseconde d’où les machines pour arbitrer. Sans rentrer dans les détails, certains produits dérivés peuvent être mal cotés et laisse des possibilités d’arbitrage s’ils sont sous-évalués (j’achète, j’attends qu’il soit réévalué et je vends) ou surévalués (je vends, j’attends qu’il soit réévalué et je rachète).

J’ai traité du gros du sujet, il manque évidement bon nombre d’informations mais je compte sur vous pour me demander des éclaircissements si besoin est.

Je pense avoir jeter les bases, la prochaine box sera donc sur de l’actualisé décryptée.

Quels sont les autres produits traitables sur une bourse ?

Je vous en ai parlé dans mon 1er post, la bourse dans son sens général comporte 4 compartiments :
• les actions,
• les obligations,
• les matières premières,
• les devises.

Aujourd’hui, on va se pencher sur les deux autres gammes d’actifs :

Les matières premières :

Inutile de vous donner une définition d’une matière première, j’imagine que vous voyez de quoi je parle. Ce qui est marrant avec les matières premières, se sont les déterminants de l’offre et de la demande.

La demande de matière première est directement reliée à la consommation (et donc à l’évolution des revenus et de la démographie). Je ne vous apprends rien, nous sommes de plus en plus nombreux sur terre et nous sommes de plus en plus développés (à l’image des Chinois qui deviennent de gros consommateurs à l’échelle planétaire). Un exemple concret, de plus en plus de chinois sont aptes à acheter une voiture, cela impacte quelle demande à votre avis ? Le pétrole bien sur.

L’offre, quant à elle, est limitée aux capacités de productions et peut être impactée par les évènements climatiques ou politiques comme lors des 3 chocs pétroliers de 1973, 1979 et 2008. Que s’est-il passé ?
• La guerre du Kippour (guerre israélo-arabe) opposa, du 6 octobre au 24 octobre 1973, Israël à une coalition menée par l'Égypte et la Syrie. Les 16 et 17 octobre 1973, les pays arabes membres de l'OPEP, alors réunis au Koweït, annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole contre les États « qui soutiennent Israël ». En gros, ils ne livrent plus les pays ! (l’histoire est un chouilla plus compliquée mais retenons cela). L’offre est fortement réduite, la demande reste stable, résultat ? Les prix explosent : le baril passe de 3 à 18$.
• Entre la mi-1978 et 1981, sous les effets conjugués de la révolution iranienne, de la guerre Iran-Irak et du redémarrage de la demande mondiale suite au premier choc pétrolier, le prix du pétrole est multiplié par 2,7. La demande était en hausse alors que l’offre se réduisait du fait des évènements politiques déstabilisant la production.
• A l’inverse des 2 premiers chocs pétroliers, la hausse du prox du pétrole durant le 3ème choc pétrolier se fait dans la durée (de 2003 à 2007). Cette hausse lente mais constante a été expliqué par la hausse de la demande (accélération du développement des pays, industrialisation des pays autrefois en voie de développement, démographie…) mais également par la spéculation. En 5 ans, le baril passe d’environ 40$ à 144$, son record absolu (encore de nos jours).

J’expliquerai l’enjeu que représente une bourse de matières premières pour les personnes souhaitant se protéger contre les variations de prix dans le post où je parlerai des produits dérivés.

Voici les principales bourses de commerce mondiales :
Matières premières d'origine végétale (blé, maïs, sucre, cacao, soja, caoutchouc) : CBOT (Chicago Board of Trade), LIFFE-Euronext (Londres), SICOM (Singapour Commodity Exchange), TGE (Tokyo Grain Exchange).
Matières premières animales : CME (Chicago Mercantile Exchange).
Métaux non ferreux (cuivre, aluminium, etc.) : LME (London Metal Exchange).
Métaux précieux (or, argent, platine) : NYMEX (New York Mercantile Exchange).
* Energie (pétrole, gaz) : NYMEX (New York Mercantile Exchange), IPE (International Petroleum Exchange basé à Londres).

Le marché des changes :

Le FOREX (Foreign Exchange = devise étrangère) est le marché des changes sur lequel les devises sont échangées, le taux de change (Par ex : 1€ = 1.40$) évolue constamment. C’est le 2ème marché en termes de volume global derrière le marché des taux (des obligations, rappelez-vous). Imaginez-vous, en moyenne 3 500 Milliards de dollars sont échangés quotidiennement (tous les jours hein ! :D). Ce marché existe depuis 1973 et trouve sa justification depuis les accords de Bretten Woods (1944) avec l’abandon des taux de changes fixé sur l’or. Les monnaies n’étaient pas convertibles entre elles. Il y a également des taux de change fixe tels que la convertibilité dollar-yuan.

Ce marché retourne la tête car on ne sait jamais dans quel sens prendre les cotations. Si je vous dis que le dollar s’apprécie par rapport à l’euro et que le taux de change est actuellement EUR/USD 1.40, qu’est-ce qui va évoluer ? Si le dollar s’apprécie, cela veut dire qu’avec un dollar, je peux avoir plus d’euros. Le taux de change actuel me dit qu’avec un euro je peux avoir 1.4$ et qu’à l’inverse, avec 1.4$ je peux avoir 1€. Donc si le dollar s’apprécie, le taux passera peut être à 1.38, avec 1€ j’ai 1.38$. Le couple €/$ est le couple le plus traité et le $ est évidemment la monnaie la plus utilisée en finance. Certaine monnaie se calque même sur la valeur du dollar américain comme pour la monnaie de l’Equateur.

Les acteurs sur ce marché sont variés. En fait, tout le monde peut avoir besoin de devises étrangères donc tout le monde est susceptible de traiter sur ce marché. On va prendre un exemple plutôt simple : Monsieurbonchat est une multinationale, implantée dans les grandes puissances industrielles, spécialiste des services aux animaux. Sa maison-mère est aux USA et ses filiales sont tant aux USA, qu’en Europe ou au Japon. Elle a donc des employés sur les 3 continents. Nous sommes le 25 Novembre et chaque entreprise doit rémunérer ses salariés. La boîte ne va pas payer ses salariés japonais et européen avec des dollars américains ! Elle doit donc acheter des euros et des yens pour en suite payer ses salariés. Les entreprises doivent donc constituer des réserves de changes afin de pouvoir faire face aux dépenses en devises étrangères. Il en est de même pour les banques qui doivent elles aussi constituer des réserves pour leur client souhaitant changer des euros contre n’importe quelle devise (genre lorsqu’ils partent en vacance.)

Voila ! Ces marchés trouveront encore plus d’explications lorsque j’évoquerai les produits dérivés. Je vous parlerai alors de la spéculation, de l’arbitrage et de la couverture !

Sur ce, j’en ai fini des explications des produits de base et après les produits dérivés, je passerai à l’analyse de l’actualité ! Soyez prêt !

Qu'est-ce qu'une obligation ?

Qu’est-ce qu’une obligation ?

A l’instar de l’action qui est un titre de propriété donnant des droits au porteur (de l’action hein ! l’acheteur quoi), une obligation est un titre de créance (quèsaco ?). Prenons un exemple : l’entreprise CanardLaquay, grosse chaîne de restaurant asiatique dont je tairais la spécialité, souhaite ouvrir une nouvelle enseigne et a besoin de 10 Mios. Ne souhaitant pas émettre des actions de peur de perdre le contrôle, l’entreprise opte pour un emprunt et choisit une émission d’obligation. Cela revient à faire un emprunt mais dans ce cas-ci, à une myriade d’investisseurs.

On dit qu’elle fait appel public à l’épargne car ce seront des particuliers qui prêteront (les gens comme vous et moi) plutôt qu’un établissement privé à savoir la banque. L’emprunt est alors divisé en part de 1 000 € (soit une émission de 10 000 obligations). L’entreprise décide alors des caractéristiques de l’emprunt obligataire : sa durée (5/10/15/20/../50ans), son taux (2%,3%, taux variable), son mode de remboursement (remboursé à la fin, remboursé à moitié dans 5 ans l’autre moitié 5 ans après…) etc…

Un taux d’intérêt est la rémunération de deux éléments :

• Le taux d’intérêt rémunère la renonciation à la consommation : si vous avez le choix entre détenir 1000€ et pouvoir les utiliser n’importe quand et 1000€ mais ne pouvoir l’utiliser que dans 3 ans, vous choisissez quoi ? On est d’accord ! Evidemment plus la durée de renonciation est longue, plus la rémunération (càd le taux d’intérêt sera élevé).

• Le taux d’intérêt rémunère également la prise de risque. Entre prêter pendant 10 ans avec un même taux à 5%, à une entreprise bien solide telle que Microsoft OU à une entreprise vacillante dont l’avenir est incertain, vous préférez quoi ? Je vous rappelle que si le 1er janvier vous prêtez 1 Mios à une entreprise et que le 2nd Janvier de la même année, cette entreprise coule, vous ne reverrez jamais vos 1 Mios (c’est ce qu’on appelle le défaut de paiement, l’entreprise ne peut plus rembourser ses créanciers). La notation permet d’évaluer la probabilité de défaut d’une entreprise (« quelle chance a l’entreprise de couler ? »). Sans en être sur, je crois qu’une entreprise notée AAA a 0.03 % de chance de couler sur un an. Ici également, plus la maturité (c'est-à-dire le nombre d’année sur lesquelles l’opération s’étale, un emprunt de maturité 20 ans commençant aujourd’hui sera remboursé totalement dans 20 ans) est longue, plus la prise de risque est élevée et donc plus le taux sera élevé. Que sera Microsoft dans un an ? A peu près la même chose qu’aujourd’hui donc pas de risque mais qui sait que sera devenu Microsoft dans 50 ans ? le risque est plus grand donc la rémunération doit être supérieure.

Ce concept est primordial dans le finance : Plus le risque est élevé, plus la rémunération est grande, c’est ce qu’on appelle le couple risque-rendement.

Pour vous démontrer cela, on va faire une petite expérience : vous tirez une carte dans un deck de 52 cartes. Si la carte est rouge (donc 1 chance sur 2), je vous donne 100€ mais pour entrer dans le jeu il faut payer. Combien acceptez-vous de payer ? Les matheux diront que l’espérance de gain du jeu est 50€ (0.5 x 0 + 0.5 x 100). Donc je paie 50€ mais ça c’est sur le papier. Combien accepteriez-vous de lâcher pour jouer avec moi ? 30€ peut être. Je change les règles. Même configuration mais cette fois, je vous paie 100€ si la carte tirée est un cœur (soit 1 chance sur 4). Combien serez-vous prêt à payer ? Certainement moins que 30€, peut être 20€.

Dans le 1er jeu, vous avez donc un gain potentiel de 233% (investissement 30 > gain 100) associé à une probabilité de perte de 50% (vous avez 1 chance de 2 de perdre).
Dans le 2nd jeu, vous avez donc un gain potentiel de 400% (investissement 20 > gain 100) associé à une probabilité de perte de 75% (vous avez 3 chances sur 4 de perdre).
En augmentant la probabilité de perte, vous augmentez la rémunération.

Les agences de notations telles que Fitch, Moody’s ou Standard & Poor’s évalue cette probabilité de défaut pour les entreprises (et les pays) et les entreprises appliquent alors un taux à leur émission d’obligation correspondant, elles s’alignent. Mais pourquoi ? Pour changer prenons un exemple :
• L’entreprise Bahlsen, notée AA-, lance un emprunt obligataire pour 10 Mios remboursé dans 5 ans, taux annuel : 5%.
• L’entreprise Gorvie, notée AAA, lance un emprunt identique.

Lequel choisissez-vous ? L’entreprise Gorvie bien sur. Elle offre exactement les mêmes caractéristiques mais est de meilleure qualité et a donc une probabilité de défaut moindre. L’entreprise Bahlsen va donc augmenter son taux pour s’aligner sur les entreprises notées telles qu’elle.

Comment sont définis ces taux ?

Ces taux ne sont pas définis au hasard, ils dépendent des taux sans risques c'est-à-dire le taux de rémunération qu’offre les obligations émises par des Etats, pas n’importe lesquels, les plus sûrs d’entre eux tels que les USA, l’Allemagne, la France. Ce taux est appelé taux sans risque car la probabilité qu’un Etat face faillite avoisine le 0%. On trouve par exemple le taux associé à l'obligation Allemande 10 ans (l'obligation s'appelle le Bund), le taux associé à l'obligation Française 10 ans (l'obligation s'appelle l'OAT ou Obligation Assimilable du Trésor) ou le taux associé au T-note, l'obligation 10 ans des USA.

Ces taux n’ont qu’une composante « renonciation de consommation » (rappelez-vous !). Lorsque ces taux sont établis, chaque émetteur (pour définir le taux qu’il offrira) va ajouter à ce taux la prime de risque qu’il offre en fonction de sa qualité (et donc de sa notation). Par exemple : si les taux sans risque sont à 2% sur 5 ans, l’entreprise AAA rajoutera 1% (soit 3% sur 5 ans), l’entreprise AA- rajoutera 1.5% (soit 3.5% sur 5 ans), l’entreprise BBB+ rajoutera 2% (4% sur 5 ans) etc… et les taux seront établis. Cette notion est très importante pour la suite. Ces chiffres sont purement indicatifs.

Retour à notre entreprise CanardLaquay, leader dans la restauration rapide asiatique. L’entreprise est très bien notée (AA) et choisit de rémunérer ses créanciers (càd les acheteurs des obligations qu’elle émet) au taux annuel de 5% et de rembourser la totalité du montant dans 5 ans. Smocky, petit particulier à la retraite, décide d’en acheter une. Voici le déroulement de la vie du produit:

Aujourd’hui, nous sommes le 1er janvier 2011 et CL émet ses obligations (soit 10 000 obligations de 1 000€) et parmi tous les acheteurs, Smocky casse la tirelire. La totalité des obligations sont achetées, CL empoche 10 Mios € et Smocky lâche 1 000€. L’obligation rémunère un coupon (taux d’intérêt * nominal) semi-annuellement (c'est-à-dire 2 fois dans l’année). Comme le taux est annuel, il faut le diviser par 2 (respectivement par 4 si les coupons sont payés trimestriellement etc…). Donc, tous les 6 mois jusqu’à la fin de l’emprunt, Smocky va recevoir … roulement de tambours … 25€ (0.05/2 x 1000). Il recevra le 1er coupon le 1er juillet, le 2nd le 1er janvier de l’année précédente etc..etc.. Jusqu’au 1er janvier 2016 où il récupèrera son dernier coupon + ce qu’il a prêté.

Mais Smocky n’est pas obligé d’attendre la fin de la période car comme les obligations sont (pour la plupart) cotées (càd qu’à n’importe quel moment, il sait combien vaut son obligation), il peut la revendre n’importe quand.

Pourquoi sa valeur évoluerait ? Pourquoi ne reste-elle pas à 1 000 € ? ou 1 250€ ?

Pour comprendre cela, il faut s’intéresser à la valeur d’une obligation. Reprenons le cas de Smocky, le papy trader. Il a acheté une obligation 1 000 € sur 5 ans adossée à une entreprise notée AA avec un taux de 5% et le taux sans risque s’établi à 2%.

Règle TRES importante, pour définir la valeur d’une obligation, on ne peut pas additionner les flux à recevoir (on ne peut pas faire 25 + 25 + 25 +… + 1025 = 1250). 1€ aujourd’hui, ca ne vaut pas 1€ dans un an. C’est LA règle en finance. Si on vous propose 1€ aujourd’hui ou 1€ dans un an, vous prenez quoi ? 1€ aujourd’hui bien sur et pourquoi ? Car cet euro, vous pouvez le placer et dans un an il vaudra au minimum 1€ x le taux sans risque soit 1.02€. Comme 1€ aujourd’hui vaut 1 x (1+0.02) soit 1.02€ demain alors 1€ demain vaut ? 1€ demain vaut 1/(1+0.02) soit à peu près 0.98 €.

Appliquez ce principe à notre obligation et vous aurez la valeur présente de l’obligation de notre papy trader. La valeur de son obligation aujourd’hui est 1142.58€ (25/1.02^0.5 + 25/1.02^1 + 25/1.02^1.5 + .. + 1025/1.02^5). Dans cette formule, l’exposant (^) est la maturité : 1€ dans un an vaut aujourd’hui 1/1.02^1, 1€ dans 2 ans vaut aujourd’hui 1/1.02^2, 1€ dans 3 ans vaut aujourd’hui 1/1.02^3 (pour mettre 6 mois on met exposant 0.5 soit la moitié d’une année).

S’il faut se concentrer, c’est maintenant. La valeur actuelle des flux à recevoir dépend de ? Du taux sans risque bien sur. Maintenant, imaginez que ce taux évolue. Imaginez que ce taux sans risque double et passe à 4%, que se passe-t-il ? Au lieu de diviser par 1.02 à la puissance du temps, je divise par 1.04 à la puissance du temps. Je divise par un plus grand nombre donc ma valeur actuelle sera plus petite. Si le taux passe à 4% la valeur de mon obligation vaudra 1046.72 € (même calcul que précédemment mais avec 1.04 à la place de 1.02). On dit alors que le prix de mon obligation (sa valeur) est négativement corrélé avec le taux sans risque, cela signifie qu’ils évoluent ensemble (quand l'un bouge l'autre aussi) mais en sens inverse. Quand les taux montent, mon obligation diminue et inversement lorsque les taux diminuent mon obligation monte. Voila pourquoi une obligation à taux fixe change de valeur. CanardLaquay lui s’en fous, il remboursera 1 000 € dans 5 ans quoi qu’ils adviennent.

On peut expliquer ce principe un peu moins mathématiquement :
Si, à peine l’obligation achetée par Smocky, le taux sans risque passe de 2% à 4% alors le taux offert par CanardLaquay devra passer de 5% à 7% (il offrait 3% de prime de risque par rapport à sa qualité). Comme tout le monde se calque sur les même taux, cela voudra dire que les entreprises notées comme CL à savoir AA rémunèrent maintenant 7% sur 5 ans alors que Papy Smocky lui a une rémunération de 5% pour le même produit. L’obligation de papy smocky perd donc de la valeur car maintenant il existe un même produit, au même prix, sur la même maturité, par une entreprise de même qualité mais rémunérant 2% de plus.

Papy smocky est dégouté !

Voila je vais m’arrêter là pour les obligations, je pourrais vous parler d’encore plus de choses mais malheureusement, ça commencerait à devenir vraiment complexe. Disons que pour cette fois, ça suffit ! J’espère ne pas avoir été trop rapide sur un point, au cas où n’hésitez pas à me le faire remarquer.

Qu'est-ce que la bourse ? une action ?

Qu’est-ce que la bourse ?

Tout d’abord, mettons les choses au clair, ce terme est souvent mal utilisé ! Pour beaucoup de personne, la bourse c’est le lieu où s’échange les actions. Or le véritable terme (pour qualifier le CAC 40 par exemple) est bourse de valeur mobilière action. Car, oui, il y a plusieurs types de bourse !
Une bourse dans son terme générique est un lieu d’échange mais il faut faire la distinction entre bourse de valeur mobilière et bourse de commerce. Sur la première, seront échangés des actions, des obligations et d’autres produits à peu près semblables. Sur la 2nd seront échangés des matières premières telles que le blé, l’or, le gaz naturel ou encore le pétrole.

Qu’est-ce qu’une action ?

Une action est un titre de propriété représentant une fraction du capital d’une entreprise et donnant des droits à son investisseur. Pour expliquer cela, on va prendre un exemple concret :

L’entreprise Ptitlait veut lancer un nouveau produit qui, selon elle, va révolutionner le marché : un livre reprenant les meilleurs « plaisirs du soir ». Cependant pour cela, l’entreprise a besoin de 100 000 000 € car elle souhaite profiter de l’occasion pour s’implanter dans de nouveaux pays. Ces 100 000 000€, elle ne les a pas. Elle a donc besoin de financement. Parmi les choix qu’elle a pour se procurer ces 100 000 000€, elle peut soit s’endetter (faire un prêt) ou émettre des actions (c'est-à-dire, créer des actions et les vendre). Ayant déjà certains prêts à rembourser, elle décide d’émettre 1 000 000 d’actions de 100 € chacune.

Comme l’entreprise n’a jamais fait cela auparavant, elle fait une introduction en bourse (c'est-à-dire, elle demande l’agrément des institutions pour pouvoir émettre des actions sur un marché tel que le CAC 40).

Parallèlement à cela, l’entreprise Duffman dispose de 100 000 000 € dans ses caisses et croit dur comme fer au potentiel de ce nouveau produit (étant lui-même plutôt fan des produits Ptitlait & Co). Il va donc acheter toutes les actions émises par Ptitlait et débourse 100 000 000€. Ptitlait reçoit 100 000 000€ lui permettant de lancer son nouveau produit.

Revenons à notre définition. Duffman possède donc 1 000 000 d’actions Ptitlait & Co chacune valant 100€ le jour d’achat. Comme Duffman a acheté toutes les actions, il possède 100% du capital de la société Ptitlait & Co. Les actions lui donnent également des droits :
Un droit de vote lors de l’assemblée générale de la société Ptitlait (grosse réunion avec les big boss dont Ptitlait en personne servant à définir les grandes lignes directrices de la société). Une action = un droit de vote. Comme Duffman à 100% des actions, sa décision sera celle que la société devra suivre. En gros, comme Duffman possède plus de 50% des actions émises par Ptitlait, il détient le contrôle de la société par les droits de vote. Le terme « titre de propriété » trouve toute sa signification grâce aux droits de vote. Duffman est propriétaire à 100% de la société alors que Ptitlait est PDG (Président Directeur Général), l’un possède l’ensemble, l’autre gère la société.
Un droit au bénéfice : le dividende. 1 an après le lancement de son produit, c’est un vif succès et Ptitlait & co engendre des bénéfices considérables. Son PDG souhaite rémunérer son actionnaire et lui verse donc un dividende de 0.50€ par action soit 500 000€ dans la poche de Duffman.
[En général, une société s’arrange toujours pour garder le contrôle en gardant pour elle au moins 50% des actions émises ou en vérifiant qu’elle reste l’actionnaire majoritaire (l’actionnaire avec le plus d’actions) car oui une société peut acheter ses actions !]

Revenons à notre bourse : elle a donc permis de se faire rencontrer Duffman (ayant des liquidités) et Ptitlait (ayant besoin de liquidité). Comme le titre est maintenant côté, sa valeur fluctue en dépit de l’offre et de la demande. Dans notre exemple : imaginons que ce succès ait attiré l’œil d’autres investisseurs. Saian, un riche client asiatique a entendu (comme d’autres investisseurs) qu’une société avec une perspective de croissance favorable (une entreprise dans le coup quoi) délivrait un dividende de 0.5€ par action. Il souhaite détenir de ces actions car en plus il anticipe que dans 3 ans, il pourra les vendre 120€ / action et donc faire des bénéfices en plus des dividendes. Il en achète 200 000 à Duffman (qui en détenait 1 000 000 rappelez vous) pour 100€ / action. Suite à cet achat, l’action passe de 100 € à 105 € car le marché voit qu’il y a de la demande sur ce titre. C’est ainsi qu’un titre fluctue sur la bourse, en fonction de l’offre. Duffman possède à présent 800 000 actions d’une valeur de 105 € / action et Saian 200 000 actions d’une même valeur. Duffman n’est plus que propriétaire à 80% de Ptitlait & Co et Saian possède à présent 20% du capital mais Duffman s’en tape car il reste l’actionnaire majoritaire et donc le décideur !

Voila, il faut s’imaginer cet exemple mais multiplié par un nombre gigantesque pour comprendre qu’un titre évolue très rapidement dans une même journée.

Pourquoi l’action Ptitlait n’est pas côté sur le CAC 40 ?

Le CAC 40 est un indice regroupant les 40 plus grosses capitalisations boursières françaises (hein ?). La capitalisation boursière, c’est tout simplement le nombre d’actions émises x son prix sur le marché. La capitalisation boursière de Ptitlait est de 105€ x 1 000 000 soit 105 000 000€. Il me semble que la plus grosse capitalisation boursière du CAC 40 c’est Total (Mon net est out actuellement donc impossible à vérifier !).

Mais il existe d’autre indice français moins connu réservée aux plus petites entreprises françaises face aux mastodontes que représentent des groupes tels que BNP, France Télécom ou GDF.

On pourrait imaginer un indice Choualbox 20 regroupant les 20 plus grosses capitalisations boursières de choualbox et Ptitlait aurait sa place sur ce marché !

Retenez qu’il y a globalement 4 classes d’actifs sur des bourses : les actions, les obligations, les devises étrangères et les matières premières. Je reviendrai sur les autres dans un prochain post en espérant que cette première box ait intéressée quelques Chouals, n’hésitez pas à laisser vos questions en commentaire.