https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/01/16/vol-de-cheques-et-ordres-de-virement-indus-au-media-pourquoi-sophia-chikirou-sera-jugee-pour-escroquerie_6662549_3224.html
Sur son calendrier 2026, Sophia Chikirou avait coché deux dates importantes : les 15 et 22 mars, jours de vote pour les élections municipales. Lors de ce scrutin, la députée de Paris sera la candidate de La France insoumise (LFI) dans la capitale. Mais la parlementaire a dû ajouter un nouveau rendez-vous à son agenda, prévu le 12 mai. Ce jour-là, Sophia Chikirou sera jugée par la 13e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « escroquerie ». Elle risque cinq ans de prison et 375 000 euros d’amende, ainsi qu’une peine d’inéligibilité.
Le parquet de Paris, qui a renvoyé Sophia Chikirou en procès, lui reproche d’avoir, en 2018, « tenté à plusieurs reprises de tromper la banque Crédit du Nord au préjudice in fine de la société de production Le Média (SDPLM) en vue de la remise de la somme de 67 146 euros, lesdites tentatives manifestées par un commencement d’exécution ». Les « faits susceptibles d’engager [sa] responsabilité pénale » sont résumés dans un rapport d’enquête de la brigade financière de la police judiciaire de Paris, daté du 15 septembre 2023, que Le Monde a pu consulter.
Contactés par Le Monde, Sophia Chikirou et ses avocats n’ont pas réagi. Sur le réseau social X, le 4 janvier, l’élue a accusé le parquet de Paris, « qui dépend directement du ministère de la justice », d’avoir voulu lui « coller une accusation infamante » du fait de sa candidature aux municipales, annoncée le 14 novembre 2025. « Malgré une débauche de moyens, il n’avait pas jugé utile, pendant six ans, de me faire juger. (…) Peu lui importe en réalité de faire justice, il s’agit surtout de nuire à ma campagne. »
Auprès du Monde, le parquet de Paris indique que « cette procédure a été ouverte au contradictoire en mars 2024. Malgré plusieurs relances, dont la dernière en novembre 2025, les conseils de Sophia Chikirou n’ont pas déposé d’observations. Nous avons transmis à la chambre des huissiers la demande de citation le 4 décembre 2025 ».
« Tentative d’escroquerie »
Pour comprendre l’affaire, il faut se replonger dans les événements survenus à l’été 2018, au sein du Média, une webtélé lancée sept mois plus tôt, dans la foulée de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, par trois personnes alors proches de LFI : le psychanalyste Gérard Miller, le producteur Henri Poulain et Sophia Chikirou. Après un seul semestre d’existence, Le Média traverse une crise aiguë. Les audiences patinent, la rédaction cherche sa ligne éditoriale, les comptes sont dans le rouge et une partie de l’équipe déplore le management autoritaire de Sophia Chikirou.
Lâchée par les deux autres cofondateurs, l’initiatrice du projet est progressivement poussée dehors. Elle démissionne de l’Entreprise de presse Le Média (EDPLM) le 4 juillet 2018, puis se voit retirer ses fonctions à la tête de la Société de production Le Média (SDPLM) le 24 juillet 2018. Ce départ se fait aussi sur fond de conflit financier. Sophia Chikirou réclame le paiement d’une facture de 67 146 euros, adressée le 13 juillet 2018 à la SDPLM par sa société personnelle, Mediascop, pour des prestations censées avoir été réalisées au profit du Média. Estimant cette demande sans objet, la nouvelle direction de l’entreprise s’oppose au règlement.
« Le refus de paiement de cette facture par la SDPLM conduisait manifestement à la commission des faits mis en évidence par les investigations en ce qui concerne la tentative d’escroquerie et le vol sans effraction », analyse la brigade financière dans son rapport, détaillant la « tentative d’escroquerie » qui aurait suivi. Le 27 juillet 2018, alors qu’elle n’est plus présidente de la SDPLM, Sophia Chikirou sollicite par courriel le Crédit du Nord, la banque de l’entreprise, pour qu’elle fasse un virement de 67 146 euros à sa société Mediascop. L’établissement refuse, faute de fonds suffisants sur le compte de la SDPLM.
Plaintes retirées
Le lendemain midi, Sophia Chikirou se rend dans l’agence pour réitérer sa demande. Ayant été informé entre-temps par Gérard Miller qu’elle n’est plus la représentante légale de la SDPLM, le conseiller bancaire refuse à nouveau de transférer l’argent. D’après l’audition de ce dernier, Sophia Chikirou aurait alors quitté les lieux en laissant entendre qu’elle allait « faire un chèque » à défaut d’obtenir le virement réclamé.
Dans la foulée, elle rejoint en Uber les locaux du Média, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), où elle est certaine de ne croiser personne : la rédaction s’est mise en congé, la veille au soir, pour un mois. Là, Sophia Chikirou vide son bureau, récupère ses affaires et, « sous l’effet de la colère », selon les enquêteurs, part avec du matériel et des documents ne lui appartenant pas, notamment deux « formules de chèque » dans l’intention de payer ce qu’elle estime lui être dû. C’est au retour des vacances, le 20 août 2018, que la nouvelle direction du Média fait le constat de la disparition de ces objets et pièces, entraînant quelques semaines plus tard le dépôt de deux plaintes, dévoilées à l’époque par Mediapart. Précision : les deux chèques n’ont jamais été encaissés en banque.
Contacté, Le Média, dont la direction a plusieurs fois changé depuis l’été 2018, n’a pas répondu. Dans un communiqué publié sur X le 6 janvier, la webtélé affirme ne plus être « partie prenante de cette procédure ». Le 1er juin 2021, Le Média et Sophia Chikirou se sont accordés sur le retrait de leurs plaintes croisées – la webtélé ne contestant plus une première facture payée de 64 119 euros, éditée par Mediascop pour une levée de fonds menée fin 2017, et Mediascop ne réclamant plus le paiement de la seconde facture de 67 146 euros. « C’est donc sans plaignant et sans préjudice que le parquet renvoie à un procès », a dénoncé Sophia Chikirou sur X le 4 janvier.
Paiements en espèces
En droit français, la signature d’un accord entre les parties est sans effet sur une procédure pénale en cours. Le parquet a pour mission de demander l’application de la loi au nom de l’intérêt public. Quant à l’accord du 1er juin 2021, il a été signé « quelques semaines avant l’audition libre de Mme Chikirou », notent les enquêteurs dans leur synthèse. Selon nos informations, cet accord est aussi intervenu au lendemain de la signature par Sophia Chikirou d’une attestation sur l’honneur en faveur du Média, affirmant qu’une personne qui attaquait la webtélé aux prud’hommes pour le paiement de ses heures effectuées fin 2017 avait accepté de travailler bénévolement. De quoi aider la webtélé dans sa procédure.
Des bénévoles il est également question dans le rapport d’enquête de la brigade financière, pour laquelle « des faits susceptibles d’être qualifiés de travail dissimulé étaient mis en évidence ». Du « travail accompli par des bénévoles [au second semestre 2017 a ainsi été] facturé par Mediascop » au Média dans sa première note de 64 119 euros. Certains d’entre eux, qui touchaient le chômage ou le RSA, travaillaient à temps partiel, voire à temps plein, avec la promesse d’être embauchés au lancement du Média.
En attendant, des espèces auraient été distribuées à certains. Une assistante de production a assuré aux enquêteurs « avoir été rémunérée entre 500 et 700 euros par mois, en espèces, entre octobre et décembre 2017, sans être déclarée ». « L’examen des comptes bancaires personnels de Mme Chikirou (…) mettait en évidence des retraits d’espèce accrus [entre septembre et décembre 2017 de l’ordre de] 7 830 euros », expliquent les policiers. Interrogée par ces derniers, Sophia Chikirou a nié tout travail dissimulé et affirmé que « les espèces avaient été remises à son père ».
Malgré ces éléments, la qualification de « travail dissimulé », jugée trop fragile juridiquement, n’a pas été retenue par le ministère public dans sa citation. Si « la société Mediascop facturait le travail manifestement accompli par des bénévoles (…), le montant global facturé (…) apparaissait (…) cohérent au regard du montant des frais supportés par Mediascop »à la fin de 2017, relève la brigade financière.
Lire aussi (2024)
Le calendrier judiciaire de Sophia Chikirou pourrait de nouveau s’enrichir. Le 24 septembre 2024, l’élue avait été mise en examen notamment pour « escroquerie aggravée » dans une autre affaire, celle des comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2017 – elle conteste les faits. A la fois directrice de la communication et deuxième plus gros prestataire de cette campagne, avec 1,16 million d’euros facturés, Sophia Chikirou est suspectée d’avoir appliqué à ses prestations une marge très supérieure à celles qui sont pratiquées par ses concurrents. Or, la surfacturation est illégale, car les prestations font l’objet d’un remboursement par l’Etat.
On est bien servis à Paris pour ces municipales, entre elle et Rachida Dati qui va bientôt être jugée…
Je suis curieux de découvrir les casseroles de Grégoire, le successeur de Hidalgo. J’espère limite qu’il n’en aura pas
Ah putain je l’avais oublié ! À part prendre des votes à droite elle ne va pas faire grand chose je pense
Toujours content de savoir où finissent mes impôts
Des races qui critiquent marine mais qui tombent pour les mêmes conneries
C'est très différent et ce ne sont vraiment tes impots (edit : hormis les accusations de travail dissimulé en effet).
Ceci étant dit, ca reste une grosse pute.
" Elle risque cinq ans de prison et 375 000 euros d’amende, ainsi qu’une peine d’inéligibilité."
Techniquement, si elle remporte les élections et est inéligible, c'est un de ses "suppléants" qui prend la place non ?
ça pourrait expliquer
https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/29/municipales-2026-a-paris-deux-elus-ecologistes-rejoignent-l-insoumise-sophia-chikirou_6664666_823448.html
Oui normalement elle serait remplacée.
Je suis allé voir son dernier post Instagram et elle c’est vraiment le genre de politique que je déteste, elle dit « Les écologistes nous ont rejoints » alors que c’est seulement quelques écologistes…
petite joueuse au RN c'est des centaines de milliers d'euros, sans compter Bolloré qui doit 900 millions au fisc mais dont l'ardoise a été effacée. Elle peut faire mieux large, les autres sont hors concours
Depuis le temps qu'elle fait des dingueries, je ne comprends même pas pourquoi ils se rebellent pas de fou a la LFI.. le Papy, bon il est agaçant, mais il est beau parleur il est vrai, mais ELLE !!
Tout le monde sait que c'est une grosse raclure, qui ne pense qu'au fric et a comment entuber tout le monde.
La poche à sperme de mélentchoin ! Elle prend à sa place, c'est tout. Elle sera remplacée fissa par la première beurette avec une bouche à pipe qui passera devant et enculé !
