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Péripéties d'un carabin à l'hôpital 43 : Seconde Partie

La première partie : https://choualbox.com/OTCQe

Je jette un coup d’oeil autour de moi et je comprends dans quelle merde je me trouve. Tous les box sont plein, les brancards s’accumulent, l’équipe court partout et la liste d’attente explose. Je sers les dents et me relance dans la bataille en essayant de répondre au mieux aux problèmes.

Pour que vous compreniez bien ma situation, à ce moment là je gère en même temps 4 gros dossiers, les soucis mineurs, les imprévus et l’administratif, ce qui cause une effervescence permanente sans pause, sans temps mort et les heures filent très vite. Ainsi quand 13 heures vient un infirmier vient me voir et me dit d’aller manger mais c’est juste impossible au vu de l’affluence et de toute façon mon regard s’est posé sur un vieil homme sur un brancard qui agit bizarrement.
Ses yeux roulent, ses bras font des mouvements anarchiques...bordel. Ca ne ressemble pas à une épilepsie, un AVC ?

“Un coup de main on l’emmène au déchocage !”

Très vite du renfort arrive et on transfère le patient dans Le box des grosses urgences, on prend ses constantes, le déshabille pour poser des électrodes et...on constate des plaques sur l’ensemble du corps. Franchement je ne sais pas ce qui se passe mais je sais qu’on attend mes consignes et je décide de m’occuper en premier lieu de la perte de connaissance. Le vieil homme ne reprend pas conscience, bouge de manière désordonné et je décide de lui faire passer un scanner du crâne pour tirer ça au clair.

Les radiologues sont parfois opposants pour réaliser des imageries du fait d’un important nombre de demandes illégitimes mais vu la situation il accepte immédiatement.
Nous sanglons le patient pour qu’il ne bouge pas, la machine démarre et la tension est palpable dans la salle technique où personne ne dit un mot. Le verdict tombe : rien à part des signes physiologiques de vieillesse cérébrale. Je ne suis pas plus avancé, peut être que la prise de sang me donnera des infos.
De retour dans le box le patient reprend péniblement conscience mais ne parle pas, son regard se perd et je n’arrive pas à interagir avec lui.

En pleine réflexion perdu dans mes pensées, on m’apporte un téléphone en me disant que le fils désire prendre des nouvelles et ça fait deux fois qu’on lui de rappeler. Je n’ai pas le choix, je vais devoir lui dire. Lui dire que son père qui était venu pour une banale chute ne communique plus, qu’il se tortillonne dans son lit sans que je sache pourquoi et que de manière générale je ne sais pas ce qui se passe.
Nous ne sommes pas formés pour ce genre de situation, on apprend sur le tas, on improvise. J’essaye d’être explicite sans être trop inquiétant mais je sens l’anxiété de mon interlocuteur. Il me dit que la seule chose qui soit arrivé à son père c’est un rendez-vous chez un spécialiste il y a peu de temps et une prescription d’un médicament.

Putain j’ai compris.

Sorti du tréfond de ma mémoire, je me souviens que cette molécule a un effet indésirable rare : des plaques sur l’ensemble du corps. Au moins une énigme de résolu, pour l’autre je n’aurais pas la réponse, le patient restera en observation dans un autre service pour des examens complémentaires.

Une infirmière m’attrape par la manche et m’emmène je ne sais où en silence tout en slalomant entre les brancards. Elle finit par pousser la porte de la salle de détente, m’invite à m'asseoir et me dit “Tu fais une pause maintenant” et ferme la porte.

Je regarde mon téléphone, il est 15h. 15h.

Devant moi un café chaud, deux madeleines alignées et le silence. Pas de bips, pas de brouhaha, pas de patients qui appellent, juste le calme. Je savoure cet instant, suis terriblement reconnaissant envers ma collègue et ressors au bout de 10 minutes.

Je réalise que ça commence à faire un moment que je n’ai pas croisé mes chefs et surtout que je ne fais que des grosses urgences, pas de petite médecine alors que ça m’aurait permis de souffler un peu. C’est souvent comme cela que ça se passe, on envoie l’interne au front et on se la coule douce avec les entorses, les otites et les bobos.

La situation est critique, je n’ai jamais vécu ça et je commence à me sentir dépassé. Je suis dans la merde et j’ai deux choix :
- Je panique
- J’affronte

Je sais très bien que quoi qu’il arrive je devrais faire le taff alors avec l’adrénaline je passe au niveau supérieur : concentration extrême, sang-froid, organisation, efficacité. Ca m’arrive de temps en temps quand la situation devient trop intense, comme si mon centre du stress grillait et que du coup je devenais très calme.
Je charbonne jusqu’à ce que mon mal de crâne m’impose de m’arrêter et c’est donc à 16h30 que je décide d’aller manger.
Je croise mes deux chefs qui papotent en ayant l’air de passer un bon moment et qui me disent : “Tu vas manger ?”, “Ca marche nous on ira après toi.”
Je mange en 20 minutes, renfile ma blouse et retourne dans le chaos en croisant mes deux chefs se dirigeant vers la salle de pause et me laissant donc tout seul dans ce bordel.


La suite à suivre !
Péripéties d'un carabin à l'hôpital 43 : Seconde Partie
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tes chefs, je les encule, sans amour, et surtout avec du verre pilé et un gode de 40 cm à faire pleurer une jument
@Jimbolamouche: t'inquiète pas, dans moins de 15 ans il sera comme eux
@bobbylamousse: comment tu crois qu'il a écrit cette box? En pause!
Je suis pas sûr qu'on le dise souvent, faut bien admettre que devoir passer par les urgences ça use la patience, mais merci pour ce que vous faites, médecins, infi, AS et tout le personnel qui faites votre possible.
Je suis passé devant le central de mon bled l'autre jour et tout le long des grilles, les cartons "en grève" presque complètement disloqués par les intempéries au fil des mois et tout le monde s'en fout. Par contre une vitre cassée ou douze gilets jaunes qui se planquent et on nous casse les couilles pendant une semaine comme si les politiques s'inquiètaient le moins du monde de nos hostos.
Courage les mecs (no homo)
@Amok: Ils s'en foutent, ils se font pas soigner dans les mêmes que nous.
T'es rentré dans la zone mec


Ça partait bien avec l'infermiere qui t'embarque mais t'as tout gâché
tu fais pas grève toi ?
T'es un warrior.
"Une infirmière m’attrape par la manche et m’emmène je ne sais où en silence tout en slalomant entre les brancards. Elle finit par pousser la porte de la salle de détente, m’invite à m'asseoir et me dit “Tu fais une pause maintenant” et ferme la porte."

Ok on a la MVP
Je veux la putain de suite et vite! Et bordel écris un livre tu seras, riche très vite crois moi!
Très cool, comme d'hab
C'est dingue de voir le milieu hospitalier de l’intérieur. Je comprends qu'autant de séries soient sortie sur le sujet.
C'est vraiment très prenant, et on se demande toujours "comment j'aurais réagis, à sa place ?"
j'aurais aussi tellement à dire sur le corps médical comme patient ! ta box inspire et mais je crois que le podcast de Mezut est plein ...
Merci madame infirmière qui en plus d'avoir les yeux sur les patients, les a aussi sur le personnel ♥
Ma mère et ma sœur sont AS, et je sais pas comment elles font pour gérer tout ce qu’elles me racontent . Des fois je les regarde et je me dis « ah mais en fait arrête de te plaindre que t’as mal au cul d’être assis à ton bureau personnel 7h dans ta journée sous la clim » ...

GG a tous le corps hospitalier ??



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