Ça manquait un peu ici

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FregZile
FregZile
1 sem

attention pavé

Encore une manipulation sophistique travestie en sketch provocant.

Être de gauche c'est adopter une vision du monde tourné vers le progrès social et l'émancipation. Les réthoriques ant-capitaliste révolutionnaire wokiste tiermondiste ce sont certaines de ses expressions les plus radicales, parfois naïves, dogmatiques, et donc facilement attaquables et caricaturales. mais elles ne représentent pas en absolu ce qu'est la gauche philosophiquement. La gauche existait bien avant Marx et Proudhon.

On est tous, en occident et surtout en France, un peu des produits historiques de la gauche, en plus d'être évidémment aussi celui de structures historiques "de droite" (qui ont survécu à la révolution française). Donc être anti-gauche aujourd'hui est absurde, c'est ne pas reconnaitre cette dynamique qui a traversé l'histoire, pour se focaliser que sur ses expressions temporelles les plus caricaturales .

Politiquement, l'idée dans l'absolue n'est pas dire quel système est bien ou mal, mais c'est qu'accepter que l'équilibre entre performance sociale et performance économique et technique doit être préservé pour que le système puisse fonctionner sans écraser socialement et écologiquement les populations (forces productives), et sans non plus faire effondrer l'économie qui permet la société sa continuation. On ajoute à cela la composante sociétale qui doit être ménagée, c'est à dire accepter que les changement de moeurs et culturels peuvent être accepté/adptés par une population à un certain degré de progressivité, sinon on bascule dans l'angoisse identitaire (crainte de disparition des structures sociales, familiales, traditions, crainte du métissage, menace identitaire). C'est un équilibre très difficile à trouver dans un monde ou les flux se sont accélérés comme jamais auparavant.

Les doctrines politiques de gauche ne sont souvent que des forces correctrices de l'histoire, elles sont parfois animées par les mêmes travers humains que d'autres mouvances, et donc pas exemptes de perversions, loin de la. Mais dans un monde régit par des hiérarchies arbitraires d'un côté, et un marché global déconnecté de la finitude matérielle indépassable, il faut nécessairement un contrepouvoir idéologique, qui ose concevoir la rupture.

Dans ce contexte là, être de gauche ce n'est ni forcément confortable, ni facile. Quand on essaie d'être rigoureux dans sa réflexion politique, cela demande une flexibilité d'esprit pour penser le réel qui, lui, est nécessairement en décalage car il doit être transformé.

En revanche, être de droite, consiste à se réfugier dans la conservation (voir du retour en arrière) des valeurs, des normes, de la logique du marché, en exigeant sa "libération" , croire dans la méritocratie et la force de chaque individu comme moteur collectif, ignorant de fait les inégalités héritées et celles qui émergent dans le corps social.
Toujours persister dans les trajectoires actuelles en pensant qu'elle vont miraculeusement résoudre les problèmes qu'elles ont causé, c'est une logique réactionnaire et donc confortable. Elle n'est pas nécessairement moralement mauvaise, elle est simplement paresseuse, aveugle et pieuse.

Et c'est vrai que parfois, on leur reproche : on met en avant leur hypocrisie sur les questions sociales ou de mœurs, leur anti-intellectualisme, leur impossibilité à penser la société autre que par le prisme de la croissance économique (PIB), de la conservation de valeurs dépassées, leur incapacité à intégrer la composante environnementale et les enjeux associés, allant parfois jusqu'au déni dogmatique, leur nonchalance sur les questions sociales voir un certain cynisme dogmatique.

Historiquement dans le monde, j'aimerais alors rappelé que c'est plutôt la gauche qui est persécutée systémiquement, car souvent en rupture avec son époque, en décalage face aux élites (économiques et politiques) qui voit dans l'émancipation du peuple une menace pour l'ordre établi. Et encore aujourd'hui en France, les attaques dans l'espace public persistent, donc le discours de la droite qui pense être la cible de toute la violence politique en France est absurde, n'en déplaise a ce qui pense que la mort de Quentin Deranque en aurait été la démonstration implacable.

MitchB
MitchB
1 sem

Belle mise en abîme de la vidéo

FregZile
FregZile
1 sem

que tu reproduis en faisant semblant de ne pas comprendre ce que je dis

Boiseau
Boiseau
1 sem

Tu donnes de la confiture à des cochons l'ami.

H0lankHulay

Amen! Tu es de centre-gauche, toi non ? Pour être plus sérieux, je suis aussi du genre à être très ouvert et à entendre tous les arguments sans vouloir les juger. Après, de la part de ma mère, j'ai des habitudes depuis mon enfance, ce qui fait que le changement sur certains points est difficile. Donc oui, j'aimerais revenir en arrière sur certaines choses.

PaceWon
PaceWon
1 sem

C'est juste qu'il y a gauche et droite en plus d'être un pavé.

La gauche subit tu dis, mais les gens de gauches subissent pour beaucoup la politique de gens qui se disent à gauche.

La repentance n'existe oas pour un politicien, de droite ou de gauche.

FregZile
FregZile
1 sem

quand on s'affilie à une mouvance politique, on subit tous le stigmate des franges les plus extrêmes et dogmatiques. Quand on dit que le débat s'est polarisé, c'est qu'aujourd'hui les modérés deviennent moins audibles qu'avant.

FregZile
FregZile
1 sem

"Donc oui, j'aimerais revenir en arrière sur certaines choses." et je peux le comprendre, c'est quelque chose qui est largement documenté dans les sociétés qui se sont modernisées à tout vitesse en plus d'être exposées à l’acculturation de la mondialisation.

Mais laisse moi te démontrer en quoi il faut faire attention à ce que l'on souhaite :

Déjà, le progrès social (que ce soit le mariage homo, les congés payés, les allocations familiales, le chômage...) tout ça est le résultat de la pression du corps social sur les élites gouvernantes. Ces changements ne sont pas arrivés par le haut. Donc revenir en arrière voudrait forcément dire se heurter aux populations qui n'accepteraient pas qu'on leur retire ce qui à été si difficile à obtenir, ce serait vu comme une injustice, une oppression, et ne pourrait pas se faire démocratiquement, ou alors il faut faire comme le gouvernement macron, grignoter les acquis les uns après les autres en se servant de la police comme arme de répression, comme un aveu de l'échec du processus démocratique.

Ensuite les changements que tu souhaites je le suppose sont de l'ordre de la cohésion sociale : valeurs familiales, respect, sécurité, confiance, etc... Alors saches que voter à droite ne te ramèneras pas ça. Le seul levier qu'ils peuvent avoir c'est éventuellement fermer les frontières (impossible en europe) et tenter d'amener l'ordre par la répression (tournant autoritaire) ce qui est plus difficile à dire qu'à faire dans un état de droit, mais qui n'inversera pas le sens de l'histoire non plus. L'individualisme consumériste est la conséquence naturelle d'une émancipation accélérée par le moteur capitaliste dans l’Europe ravagée, de l'après guerre. Nos gouvernements ont été incapables de protégé notre société de la prédation financière de wallstreet, de la logique mondialiste, et de son impact sur nos cerveaux conditionnés par des milliers d'année de traditions mais aussi d'obscurantisme.

L'envie de liberté est allé plus vite que le BESOIN de liberté. C'est ça le génie du libéralisme doctrinaire. Mais n'idéalises pas le passé non plus, la violence y était rampante, elle n'était seulement pas de la même nature, on vit dans une société infiniment plus sûre qu'il y a 100 ans. Les trente glorieuses ne peuvent pas être le mètre étalon de l'histoire.

POUR AUTANT. Cette liberté acquise malgré nous, à fait émergé des nouvelles manières de pensée, et fait murir d'autres déjà existantes, notamment dès les années 60. Car déjà à l'époque on voyait où ce système (que l'on avait pas choisi) allait nous mener. Non pas sous l'angle du péril libertaire que la droite pointe du doigt aujourd'hui (wokisme, immigration), mais celui de la précarisation du corps social et la destruction de notre environnement, et de l'émergence d'une nouvelle forme d'esclavage que la capitalisme a rendu possible.

Quand la tertiarisation de l'économie s'est opéré avec les vagues de délocalisation, cette "esclavage" moderne est devenu moins visible, on a troqué notre souveraineté pour l’afflux de commodités bon marché, le confort des open-spaces, le confort domestique. Tout cela à permis de camoufler temporairement que l'on avait juste externaliser la forme la plus visible de cet esclavage car devenu intenable en Europe, sous la pression sociale et salariale. Cette logique n'a évidemment pas pour autant cessé, la fragmentation et l’acculturation à continué, la dégradation de notre tissu économique aussi, et c'est l'état qui a servi de caution au capital en arrosant le corps social d'argent public, car incapable de se dépêtrer du système qui l'avait permis de sauver sa légitimité à l'après guerre, dans la nouvelle prison qu'était devenu le monde libre sous hégémonie du dollar.

Aujourd'hui la situation est devenue critique, le capitalisme n'a pas tenu ses promesses, l'environnement est exsangue, le péril climatique est devenu rationnellement indéniable (alors que les premières idées "écologistes" faisant le lien entre la survie de la civilisation et la préservation de notre environnement date de l'antiquité, quel progrès...) Les mouvements de populations vont s'accélérer, et il faut de manière urgente penser le futur, non pas comme un retour en arrière, qui est un mythe véhiculé par la droite populiste pour rassurer les masses angoissées, mais en identifiant les perversions de ce système, et comment ces perversions ont conditionné nos vies. Cela peut commencer par consommer différemment. Parfois, la carte bleu à autant de poids qu'un bulletin de vote. Changer ses modes de vie, de se déplacer, de consommer. Et évidemment lutter quand un gouvernement force la logique capitaliste en donnant des miettes de progrès social sous un vernis wokiste pro-LGBT pour se donné une légitimité progressiste tout détruisant ce qui nous protège, nous lie, nous inspire, et nous permet d'être en bonne santé.

Et j'insiste, changer son mode de vie ce n'est pas forcément revenir en arrière au sens ou l'entend la droite, dans les banquets du Canon Français, qui fantasme un passé franchouillard de carte-postale avec une approche bourgeoise et hédoniste. C'est imaginer à quoi va devra ressembler le futur et commencer à s'adapter. Quelques indices qui expriment les talking points de crispation :

- le végétarisme c'est la pratique doctrinaire et moralisatrice d'une réalité implacable : on devra manger moins de viande à l'avenir. Seul l'élevage intensif permet de manger autant de viande qu'aujourd'hui, et comme l'élevage intensif n'existe que depuis moins d'un siècle en france, spoiler, en moyenne on mangeait moins de viande dans le passé que ce que la droite fantasme.
- les LGBT : il faudra faire avec, certains veulent vivre leurs vies différemment, et rarement par choix, acceptez-le et lâchez prise. Et oui ça doit passer par le fait d'éduquer les enfants au fait que ce n'est pas mal d'être différent, car c'est à cet âge que se développent les névroses de roufelement et les violences/préjugés.
- Les immigrés : ils sont là. On ne va pas les refouler à la mer, il faut contrôler les frontières, personne à part la gauche doctrinaire ne remet ça en question. Maintenant faisons tout pour qu'ils s'intègrent, et ça passera par exiger une société qui n'aliène pas les travailleurs, et qui permette à chacun d'envisager l'avenir un peu plus sereinement. C'est complexe, mais pas impossible, et interdire le voile n'y fera pas grand chose.


Je pourrai continuer, la liste est longue, mais je penses que si tu es arrivé jusque la tu as saisi mon propos. Ensuite il faut réaliser que, qu'on soit de gauche ou de droite, la mondialisation à considérablement dilué notre pouvoir et réduit notre champs d'action. Envisager un retour en arrière ou retrouver notre souveraineté effective par notre seule volonté est irréaliste. Sortir de l'Europe ne nous sauvera pas de la prédation impérialiste, qu'elle soit chinoise, russe, ou américaine.

L'avenir s'envisagera ensemble, ce n'est pas une doctrine idéologique, c'est la seule issue au chaos. C'est la logique du monde. Les tribus, les cités-états, les états nations, puis les empires ne se sont pas formé ex-machina : l'action collective, c'est notre seul puissance en tant qu'espèce. Donc il faudra trouver un système qui libère assez les individus pour qu'ils puissent proposer ce qu'il y a de meilleur au groupe (leur individualités, différences, talents) tout en offrant le filet de sécurité par la solidarité pour offrir une sérénité à tous et intégré systémiquement que les individus ne sont pas tous égaux dans ce qu'ils peuvent apporter. Permettre à chacun de trouver sa place, offrir ce qu'il a de meilleur en l'émancipant des rapports d'oppression (patron, famille, religion).

H0lankHulay

Je suis d'accord avec quasiment tout ce que tu dis.

Pour parler un peu de mon histoire personnelle, mon père est de gauche et ma mère de droite. La jeunesse a fait qu'ils s'en foutaient à l'époque, mais plus maintenant xD

J'ai donc eu une éducation catholique, mais avec une certaine ouverture d'esprit que mon père m'a inculquée. Ce qui m'a rapidement amené à beaucoup réfléchir sur ma foi et sur la manière dont certains enseignements religieux étaient détournés dans la vie de tous les jours.

J'ai passé énormément de temps à observer les gens, ce qu'ils disent, ce qu'ils pensent et la manière dont ils agissent. Et j'en suis arrivé à la conclusion que je ne pouvais pas être catholique.

À partir de là, je me suis rendu compte qu'une partie de la droite croyante procédait de la même manière en politique qu'avec sa foi.

Certains se font passer pour de bons petits croyants en allant à l'église, en priant, en se confessant, etc. Mais ils y vont très bien habillés, car le paraître est important. Ils donnent de l'argent à l'Église alors que, selon moi, Dieu demande avant tout d'aider son prochain. Ils s'offusquent quand on critique leur foi, mais n'hésitent pas à mépriser, rabaisser, condamner ou faire du mal à des personnes qui ne présentent aucun intérêt à leurs yeux, allant ainsi à l'encontre de l'amour du prochain. Puis ils vont se confesser pour se faire pardonner leurs péchés, sans jamais vraiment essayer de changer par la suite.

Cela ne m'empêche pas de penser que c'est une bonne chose que certaines personnes puissent réussir, si elles s'en donnent les moyens, et accéder au confort que nous connaissons aujourd'hui. Je pense d'ailleurs que le capitalisme a largement contribué à ce confort, même si je suis conscient qu'il a aussi ses travers.

Et concernant la méritocratie, je suis d'accord pour dire que tout le monde ne part pas avec les mêmes chances. Mais il ne faut pas non plus oublier que les grandes fortunes ne sont pas toutes apparues comme par magie. À l'exception de certaines familles qui ont toujours été privilégiées, beaucoup ont eu, à un moment ou à un autre de leur histoire, des ancêtres pauvres ou issus de milieux modestes. Certains ont eu une idée, ont entrepris, ont pris des risques et ont réussi à construire quelque chose. Cette richesse a ensuite été transmise aux générations suivantes, qui l'ont parfois fait fructifier davantage. Alors oui, leurs descendants bénéficient aujourd'hui d'un avantage considérable, mais ça ne veut pas dire que cette richesse n'a jamais été méritée par personne dans leur famille. Je pense qu'il faut pouvoir reconnaître les inégalités de départ sans pour autant considérer toute réussite comme illégitime.

Concernant mon envie de revenir en arrière sur certaines choses, je pense que tu imaginais quelque chose de beaucoup plus politique que ce que j'avais en tête. C'est finalement assez terre à terre.

J'ai surtout l'impression qu'on s'éloigne de certaines valeurs auxquelles je suis attaché, comme le mariage, la fidélité ou la famille. J'ai parfois le sentiment qu'aujourd'hui, on consomme même les êtres humains. On se rencontre, on s'aime, on se marie et, deux ans plus tard, on se sépare pour recommencer avec quelqu'un d'autre. Comme si les relations étaient devenues des produits qu'on remplace dès qu'ils ne nous conviennent plus.

Et ce qui me dérange le plus, ce sont les conséquences que ça peut avoir sur les enfants. On parle beaucoup de l'épanouissement personnel des adultes, ce qui est évidemment important, mais j'ai parfois l'impression qu'on oublie la tristesse profonde que peuvent vivre les enfants lors d'une séparation. Je ne dis pas qu'il faut rester ensemble à tout prix, notamment lorsqu'une relation devient destructrice, mais je trouve qu'on a parfois tendance à banaliser des décisions qui peuvent bouleverser toute une famille.

Après, je suis bien conscient que les séparations existaient avant et que les couples n'étaient pas forcément plus heureux. Peut-être même qu'on restait ensemble pour de mauvaises raisons. Mais je me demande quand même si, à force de vouloir toujours plus de liberté individuelle, on n'a pas parfois perdu une partie du sens de l'engagement et des responsabilités qu'on prend envers les autres.

Là où j'ai le plus de mal, et je vais être sincère, c'est que je pense mener un combat intérieur entre mes convictions, mon éducation et ma foi.

Par exemple, l'homosexualité. J'ai envie d'aimer mon prochain, comme Dieu me le demande, et je ne souhaite absolument pas rejeter ou faire souffrir quelqu'un à cause de son orientation sexuelle. Pourtant, j'ai grandi avec certaines représentations qui font que j'ai encore du mal à considérer l'homosexualité comme quelque chose de parfaitement naturel. Et je ne veux offenser personne en disant ça. Je cherche simplement à être sincère sur mes propres contradictions, parce que je n'arrive pas toujours à trouver les bons mots pour les exprimer.

Mais je fais aussi une différence entre ce que je ressens personnellement et ce que les autres ont le droit de vivre. Ce n'est pas parce que j'ai du mal avec quelque chose, à cause de mon éducation ou de ma foi, que je considère devoir l'interdire aux autres. Et je pense que c'est important de faire cette distinction. On peut être attaché à ses propres valeurs sans chercher à les imposer à tout le monde.

Au fond, je crois que c'est justement ce qui rend le changement difficile. On peut comprendre intellectuellement qu'une idée héritée de notre éducation est discutable, voire fausse, et pourtant continuer à la ressentir instinctivement. Il faut parfois beaucoup de temps pour déconstruire ce qu'on a intégré depuis l'enfance.

Et finalement, je crois que c'est aussi pour ça que j'ai du mal à me situer politiquement. Je suis attaché à certaines valeurs traditionnelles, mais ça ne veut pas dire que je souhaite retirer des libertés aux autres. Je crois à la réussite individuelle, mais je sais aussi que tout le monde ne part pas avec les mêmes chances. Je pense que le capitalisme nous a apporté énormément de choses, mais je vois aussi les dégâts qu'il peut provoquer.

Je ne pense pas qu'il faille systématiquement opposer la gauche et la droite, comme si reconnaître qu'une idée de gauche était bonne nous empêchait d'en reconnaître une autre à droite, et inversement.

Et je pense surtout qu'il faut apprendre à faire la différence entre ce qu'on aimerait pour soi-même, ce qu'on souhaiterait pour la société et ce qu'on est légitime à imposer aux autres.

FregZile

Merci de ta réponse je vais essayer de traiter plusieurs points.

Déjà, l'église catholique étant la structure sociale historique de notre pays à une époque ou les paysans n'avaient que le droit de reverser des impots et de travailler pour leur seigneurs tout en étant exposé à la misère, la faim et la maladie, il fallait qu'une structure organise le liant social par la spiritualité, l'aumône, les hospices pour "soigner" ou du moins s'occuper des miséreux, mais aussi l'éducation, le soutien psychologique. La figure Divine permettait assez facilement de répondre aux angoisses existentielles et apporté du réconfort spirituel face a l'incertitude de populations peu éduquées et vulnérables.

Mais avec la naissance de l'idéal républicain qui voulait se débarrasser du monopole politique de l'église (à travers le Roi); des institutions publiques sont nées et ont permises (trèèèès progressivement et de manière non linéaire) d'organiser la solidarité nationale. La trajectoire laborieuse de la république et ses soubresauts monarchistes n'ont pas rendu cela facile, l'église est donc restée dans la vie des gens le soutien que l'ordre républicain n'arrivait pas à fournir. D’où un nouvel âge d'or pour les congrégations religieuse au 18e et 19e siècle. Il n'était pas rare dans les familles paysannes d'envoyer un de ses fils dans les ordres, ou une de ses filles au couvent, idem pour les orphelins et orphelines.

Mais aujourd'hui, la solidarité et la santé publique ont permis de rendre dispensable le rôle de l'église dans la vie des gens, le léger regain de vitalité de l'identité chrétienne correspond d'ailleurs au moment ou l'état a commencé de nouveau à faillir à sa tâche et ou la cohésion sociale se fragmente à travers les angoisses identitaires

Pour revenir à toi, ta mentalité familiale est donc issue de cette histoire, et tu as une bonne intuition quand tu vois que ce qui combat certains membres de ta famille est contraire au sens solidaire chrétien.

La famille d'ailleurs est une cellule sociale qui existe traditionnellement sous une forme qui était favorisée dans les sociétés précaires, paysanes et violentes. C'est la cellule de résilience élémentaire, qui permet la transmission du patrimoine (les terres) et avant cela la production de main d'oeuvre qui ne menace pas la dissolution du patrimoine (ce qui serait difficile dans une société polygame polyandriste). Le revers de la médaille c'eest que, par sa sacralisation religieuse de la famille, elle a été le vaisseaux des dogmes et de l'obscurantisme, de modes de vie anachroniques et de l'oppression patriarcale (le mot fera bondir certains mais c'était la réalité, les femmes étaient largement dominées dans les sociétés traditionnelles chrétiennes, le terme "patronyme" et "patrimoine" sont d'ailleurs des indices de ces archaïsmes).

Donc, évidemment, la famille allait évolué avec la modernité, c'était illusoire de penser qu'elle resterait immuable face au changement. Je pense que l'avenir ce n'est pas la destruction de la famille, c'est la transformation, au profit de cellules mixtes familles / communauté (ce qui est de facto le cas dans certaines sociétés , d'une manière informelle). Le lien est primordial, le soutien, la solidarité, et cela peut s'organiser au delà de la famille, qui n'est malheureusement pas une structure que l'on peu choisir. Quand on né dans une famille de merde, on à pas son mot à dire. Quand on se marie à une personne, on ne sait pas combien de temps on va réussir à l'aimer, combien de temps la cohabitation va fonctionner, la vie est compliquée et les humains encore plus, donc il est normal de pouvoir avoir la liberté de choisir.

Ensuite, ta perception des LGBT, elle t'appartient, personne ne te demande réellement de comprendre les homos / trans, on te demande, au nom de l'idéal républicain égalitaire et tolérant (issu de la philosophie des lumières et donc d'une morale empreinte de christianisme paradoxalement) de tolérer ceux qui ne te ressemblent pas, dans la mesure ou leur simple existence ne menace pas l'interêt commun.

Et jusqu'a preuve du contraire, j'aimerais qu'on me fasse la démonstration de comment les LGBT par leur simplement existence menacent cet intérêt. Les tolérer, c'est par exemple accepter qu'ils aient les mêmes droits. Et le mariage laïc en fait partie, aucune raison légitime ne s'oppose à ce que les homosexuels aient ce droit. Certains rétorqueront que c'est symbolique, mais les symboles sont importants pour faire société.

Quand à la PMA, GPA, ce sont des débats qui mobilisent des questions éthiques, morales, et scientifiques qui sont complexes donc je ne peux pencherai pas sur ces questions là, bien que je trouve que refus catégorique de les aborder relèvent de la même logique réactionnaire que ceux qui se rendaient à la manif pour tous. On invoque toujours la dissolution des valeurs, la faillite morale, etc etc...

De mon point de vue, les valeurs qu'il faut retrouver, elles sont bien compatibles avec l'acceptation d'homosexuels ou des trans dans la société (ces derniers représentent moins d'1% de la population). L'idée n'est pas de faire de leur identité ou pratique sexuelle un modèle. C'est le modèle qui doit pouvoir dire "on vous accepte comme vous êtes et on vous protège".

Ce qui détruit vraiment le lien social dans ce pays ce n'est pas ça. En revanche, la consommation de masse, la financiarisation de l'économie (quand vous voyez dans des villes de province des petits commerces être remplacés par des franchises et grandes enseignes, c'est de ça que je parle), le manque d’interactions économiques et sociales entre les gens, l'hypermédiatisation et le divertissement de masse (jeux vidéos, télévision, netflix...). C'est le capitalisme qui à créer l'individualisme et qui a paradoxalement tué l'individu et le peuple. Le capitalisme, par sa nature intrinsèquement monopolistique écrase et absorbe les cellules de la sociétés les unes après les autres. Il favorise l'innovation et l'individualité, capitalise dessus, puis détruit les conditions de l'émergence de l'innovation et de l'individualité.

Comment imaginer entreprendre dans un monde exsangue de ses ressources, socialement épuisé, ou seuls survivent économiquement les monopoles transnationaux et les banques ? C'est le système cancéreux par excellence, qui suce la moelle créative et la vitalité des humains pour se reproduire et coloniser nos esprits et nos terres.

Pour éviter d'être fataliste, il faut prendre nos responsabilités et réaliser notre incapacité à penser une société qui s'affranchisse de tout ça. Il faut recréer du lien à la strate élémentaire. Donc la démarche commence à son échelle (en ça la gauche est très volontaire à travers le localisme, organisation d'évènement, la réseaux de microentreprises, la reconquête rurale etc).

- Au niveau individuel, selon ses possibilités (on a tous des contraintes différentes) : par exemple en consommant différemment, en adoptant une vie plus sobre, en luttant, en discutant, en s'éduquant et en transmettant aux autres, en essayant d'être un modèle par les actes en plus du discours.

- Au niveau politique, en ne votant pas pour ceux qui collaborent avec le système qui nous à conduit la, (tout en ayant conscience que le vote aura peut être moins d'impact que les actes de tout les jours), en luttant, dans l'associatif etc...

Ce genre de démarches regènere les valeurs car elles sont positivistes, elles refusent le nihilisme ambiant, et la pensée rétrograde cynique de droite.

Pour autant derrière le discours plein de belles idées, je ne promet rien, la situation est critique, les périls sont réels, et rien n'est garanti. Mais la pire des options restent l'abandon moral, quand on abandonne ses idéaux, on devient sombre et on rayonne cette obscurité, à notre entourage, à nos enfants.

H0lankHulay

Est-ce le capitalisme en lui-même qui pose problème, ou certaines de ses formes, notamment lorsqu'il devient insuffisamment régulé et favorise les monopoles ?

FregZile

Ah... c'est LA question. Pour la faire courte (pas évident pour moi) probablement le capitalisme lui même, au sens de la financiarisation de l'économie, et non pas de l'émergence du marché. Le marché est pour moi primordial à notre stade civilisationnel, il permet l'allocation de ressources de manière optimale, mais quand l'hyperscalation de ce marché s'opère, il se déconnecte de l'économie réelle et alloue ces ressources de manière irresponsable et incontrôlable. La logique dépasse l'objectif.

Plus en détail comment ça se manifeste :
- émergence de fonds d'investissements transnationaux (déconnectés des territoires dont ils tirent les bénéfices de l'exploitation, ex: BlackRock et Vanguard), bulles spéculatives et politiques d'enprunt / crédit irresponsable (crise de 29, bulle internet en 2000, crise des subprimes en 2008, etc)

- prédation et colonialisme économique (corruption locales, exploitation des travailleurs, répressions syndicales)

- lobbying corruption politique : là les exemples sont innombrables que ce soit durant l'essor du capitalisme aux US avec des lobbys automobiles / pétroliers qui ont forcé l'adoption de l'automobile au détriment de modes de déplacements durables (pression pour interdire les vélos sur les routes, pression immobilieres pour construire des infrastructures routières et influence sur l'urbanisme, puis pression contre toute étude scientifique faisant le lien entre essence plombée et saturnisme/maladie neurologique)

- prédation économique et extractivisme/productivisme : la les lobby agro-industriels ont encouragé l'endettement des agriculteurs a travers le monde à travers les brevets de semences et la mécanisation à crédit, qui à détruit l'agriculture traditionnelle résiliente au profit de modeles intensif productiviste exportateur (la FNSEA en france par exemple, soutenue à demi mot par le RN et le reste de la droite), en plus de poussé au suicides des agriculteurs fragilisés par l'exposition au marché et l'endetemment. Un modèle qui dans un effet pervers, a accru notre dépendance aux produits phytosanitaires (engras, pesticides, insecticides) et semences OGM car les mécanismes d'autorégulation naturels ont été détruits (rotations des cultures, jachères = sols riches et nutritifs, bocages et haies = chaine alimentaires et prédations naturelles respectées) ou remplacés culturellement (produits phyto complexes de laboratoire au lieu de techniques traditionnelles durables) en plus de favoriser des cultures comme la betterave pour le sucre raffiné, le mais, sorgo, avoine pour le fourrage du bétail (modele agroéconomique qui rend obligatoire les monocultures intensives ultra mécanisées et bombardées de pesticide en plus d'être responsable de la déforestation et donc l’effondrement de la biodiversité.

Bref je pourrai continuer pendant des heures tellement la situation comptable est désastreuse. Pour résumer, le problème n'est pas le marché, celui ci a emergé spontanément chez l'être humain d'abord par le troc puis par l'apparition de la monnaie dès l'antiquité. Le problème c'est que cette logique est devenue hégémonique au détriment de la préservation, cette logique a été garantie par un accroissement des richesses à un rythme stratosphérique au prix d'une extraction des resources (mineraies, eau douces, sols, énergies fossiles) qui met en péril notre avenir sur terre dans des conditions décentes, et donc de la paix. Le narratif qui veut que le capitalisme a permis l'amélioration des conditions de vie, omet volontairement que cette accroissement des richesses n'est possible que pour ceux qui collaborent avec le capitalisme sans s'y opposer, reproduisant les mêmes effets néfastes (l'Europe à travers la construction post Plan Marshall puis l'explosion de la consommation et l'émergence des consortiums industriels comme Total, Volkswagen, Syngenta, etc) ou par exemple le Brésil (avec Petrobras, Vale, JBS, BRF), au détriment de ceux qui sont exploités (Sud global : afrique de l'ouest, indonésie, Pérou, Chili...) voir en exploitant et dominant allegrement leurs populations locales (indigènes du Brésil, Amérindiens au canada / USA, Ouïghour en Chine, travailleurs pécaires et sans papier / esclavage moderne un peu partout notamment dans les pays de la péninsule arabique...)

kaal
kaal
1 sem
NSFW
Fallalis
Fallalis
1 sem

La seule réponse pertinente 👌

Gerbefranche

Venant d'une chaîne YouTube reactionnaire financée par Sterin. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-information/pierre-edouard-sterin-le-milliardaire-a-l-assaut-de-l-opinion-publique-5472072

Deuxième vidéo politique que je vois ce matin déguisée en g/fun. Ca me chauffe les gars. Ca me chauffe.

dobbey
dobbey
1 sem

C'est normal, en ce moment, on voit clairement ce que leur idéal politique apporte au pays : violence policière, cassage du service public, mise en difficulté de l'avenir des enfants alors il faut user de tout ce qui est possible pour détourner l'attention

Fallalis
Fallalis
1 sem

Relativement pertinent..je suis pas totalement en accord mais loin d'être en désaccord..

Melchior67

C'est vrais à 100% surtout avec les artistes/politiques/journalistes. Les travailleurs eux sont de gauche mais pas la même.

Pierre87
Pierre87
1 sem

pour moi la vidéo dure 0s. (à reposter?)

coalgan
coalgan
1 sem

car tu as un pc de merde

baUer
baUer
1 sem

t'es de gauche toi ?

levrettetamere

t'as rien perdu c'est de la merde

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