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Qu'est-ce qu'un produit dérivé ?

Qu’est-ce qu’un produit dérivé ?

Un produit dérivé est un produit financier dont la valeur se dérive de la valeur d’un autre produit financier généralement plus basique. Un produit dérivé avec un sous-jacent action verra sa valeur évoluer en fonction de l’évolution du cours de l’action. Les deux valeurs peuvent évoluer dans le même sens (si l’action augmente, le produit dérivé augmente) ou en sens inverse (si l’action augmente, le produit dérivé diminue). Un produit dérivé peut être adossé à n’importe quel type de produit financiers (action, obligation, taux, matière 1ère, devise..) mais peut aussi être adossé à des variables réelles telles que la météo, l’inflation ou à d’autres produits dérivés (un produit dérivé dont la valeur dépend d’un autre produit dérivé dont la valeur dépend d’une action par exemple). Trèves de blabla, passons au concret et voyons quelques produits dérivés :

Un future (ou forward) :

Ce produit fixe la valeur d’un actif dans le futur, exemple : si je suis acheteur d’un futur sur action France Télécom avec un strike (la valeur future) de 38€ et une maturité de 3 mois, alors je devrai acheter le titre France Télécom dans 3 mois au prix de 38€ et le vendeur de futur sera obligé de me le vendre. Inversement si je suis vendeur de future action Société Générale 45€ 3 mois, alors dans 3 mois je serai obligé de vendre le titre Société Générale à 45€ à l’acheteur du future qui lui sera obligé de me l’acheter. Un future est donc un contrat entre deux partie qui fixe les caractéristiques d’une transaction (quel actif, quelle quantité, quand, à quel prix…). Rentrer dans un contrat forward ou future n’a théoriquement pas de prix.

La différence entre un future et un forward est un peu compliquée, je vous la donne quand même mais c’est pas grave si vous ne comprenez pas. Un future est un contrat standardisé qui s’échange sur les bourses alors qu’un forward est un contrat plus flexible qui s’échange de gré à gré c'est-à-dire sans passer par une bourse (un trader chez BNP appelle un trader chez Crédit Agricole et ils passent une transaction sans passer par une bourse).


Une option :

Une option est un contrat donnant à son acheteur le droit mais non l’obligation d’acheter ou de vendre un actif dans une quantité déterminée à un prix déterminé et à une date déterminée. C’est donc un future ou forward mais l’acheter du contrat n’est pas obligé de acheter ou vendre (et ce bénéfice a un prix). Il y les calls (option d’achat) et le puts (option de vente) :

Un trader achetant un call EDF 3 mois strike 38€ pourra dans 3 mois s’il le veut acheter l’action EDF au prix de 38€. Selon vous, quand va-t’il exercer son droit ? 3 mois après le deal, l’action EDF est passée à 35€, le trader peut acheter à 38€ une action qui en vaut 35€, pas top. Il semble logique que l’acheteur de call n’exerce pas son droit vu qu’il peut acheter la même action 3€ moins cher dans le marché. Par contre, si l’action est passée à 50€, l’acheteur de call peut acheter à 38€ une action qui en vaut 50€, super ! Il réalise 12€ de gain.

Inversement un trader achetant un put GDF 3 mois strike 50€ pourra dans 3 mois et s’il le veut, vendre l’action GDF au prix de 50€. Même question, quand pensez-vous que cet acheteur de put exercera son droit ? Si à la fin des 3 mois, l’action GDF est passée à 60€, l’acheteur de put pourra vendre à 50€ quelque chose qui vaut 60€, ça vaut clairement pas le coup. Par contre si le titre a chuté à 30€, l’acheteur de put pourra vendre à 50€ quelque chose qui vaut 30€, jackpot !

A l’inverse d’un future ou forward, acheter un call ou un put (une option quoi) a un prix (par exemple 2€/action). Les options call et put simples sont appelées option vanille ou option du 1er degré mais il existe une multiiiiiiituuuuude d’autres options bien plus compliquées (inutile de vous embrouiller plus que ça !).

Un Swap :

Un swap est un contrat entre deux parties convenant à échanger des flux financier pendant une certaine période dans des caractéristiques prédéfinies (vite un exemple concret !!). Prenons nos 2 traders Cassandre et Stridz : tout deux rentrent dans un swap de taux maturité 5 ans. Cassandre s’engage à payer tous les 6 mois un taux fixe de 5% et, en échange, Stridz s’engage à payer aux mêmes date un taux variable par exemple le taux EURIBOR + 1%. Ils décident d’engager cette opération sur 10 Mios et donc tous les 6 mois pendant 5 ans, il va y avoir échange de flux. Il existe donc les swaps de taux (échange de taux), swap de devise (échange de monnaie) ou encore notre fameux CDS ou crédit défaut swap qui échange un risque de crédit d’un émetteur contre des versements périodiques et réguliers (en gros, j’ai prêter de l’argent à X que je soupçonne de faillite, je rentre dans un CDS avec Y et tous les 6 mois, je lui donne 100 000 € mais si X fait faillite et ne peut me rembourser, je touche 10 000 000€).

Venons en au plus important : Pourquoi ces produits dérivés ?

On va expliciter les 3 buts génériques d’une transaction sur marché à savoir la spéculation, la protection ou l’arbitrage.

La spéculation :

J’imagine que vous avez déjà une petite idée du thème : je sens que l’action PERNOD RICARD va très fortement augmenter d’ici 6 mois. Je l’achète, j’attends les 6 mois et si ma prévision était bonne, je la revends, j’ai spéculé (du moins j’ai essayé). On va montrer que la spéculation avec option est bien plus intéressante (mais plus risquée aussi). On reprend nos deux traders attitrés à savoir Cassandre et Stridz. Tout deux ont la même anticipation à savoir, l’action Crédit Agricole va augmenter. Elle est actuellement à 15€ et pourrait passer d’ici 6 mois à 25€ (oui bon imaginons !!) et dispose de la même somme pour investir soir 15 000€.

Cassandre achète 1 000 actions CA au prix de 15€ et débourse donc 15 000€. Stridz achète 10 000 options call strike 17 au prix unitaire de 1.5€ et débourse donc 15 000€ également. A la fin des 6 mois, l’action cote comme prévu 25€. Cassandre revend ses 1 000 actions et empoche 25 000€ soit un profit de 10 000€. Stridz lui peut acheter 10 000 actions à 17€ alors qu’elles valent 25€. Il débourse 170 000€ (10 000 x 17) et revend les titres sur le marché à 25€, il reçoit donc 250 000€. Son profit est donc de 80 000 – 15000 = 65 000€.

Cassandre a transformé 15 000€ en 25 000€ (soit 67%).
Stridz a transformé 15 000€ en 80 000€ (soit 433% !!).

Les situations sont-elles pour autant les mêmes ? Non ! Stridz a prit beaucoup plus de risque que Cassandre. Car si l’action avait stagné et au bout de 6 mois elle finissait à 16€, Cassandre aurait pu empocher 1€ de profit par action mais Stridz lui aurait complètement perdu son investissement initial car son option lui permettait d’acheter à 17€. Je mets en image le graphique des pertes et profits de chacun en fonction de l’évolution de l’action. Par cet exemple, on peut comprendre l’effet de levier. Pour Cassandre, lorsque le titre a augmenté de 50% (de 15€ à 22.5€), son capital a augmenté de 50% (50/50 = levier 1) alors que le capital de Stridz a augmenté de 267% (267/50 = levier 5.34). Un levier de 5.34 veut dire que 1% d’augmentation provoque 5.34% d’augmentation de profit. Le levier sur une option change au fil du temps. Plus le levier est élevé, plus les risques sont gros.

La couverture :

Imaginons une compagnie aérienne, celle-ci a besoin, entre autre, de barils d’essence pour ses avions. Elle sait que dans 4 mois, elle va devoir acheter 1 000 000 de barils et craint que son prix n’augmente. Actuellement à 70$ le baril, elle craint qu’il ne passe à 80$. Elle rentre donc dans un contrat forward pour 1 000 000 de barils dans 4 mois au prix de 71.17$. Elle fixe le prix qu’elle devra payer dans 4 mois pour ses 1 000 000 de barils. 4 mois après le baril est bel et bien passé à 80€. L’entreprise a locké le prix et achète donc à 71.17$ au lieu de 80$. Elle s’est donc protégé contre les variations du prix du pétrole et gratuitement (le contrat forward n’a pas de prix). Par contre, si le prix du baril 4 mois après est tombé à 60$, elle devra quand même acheter à 71.17€. C’est le revers de la médaille de la gratuité du produit.

L’arbitrage :

L’arbitrage consiste à acheter un produit à une bourse et le revendre instantanément à une autre bourse car il y a un décalage dans les prix. Par exemple, l’action Dexia est cotée sur une bourse française 4€ et sur une bourse belge 4.10€. J’achète Dexia sur la bourse française et je vends Dexia sur la bourse belge = profit de 0.10€ dans rien faire. De tels décalages arrivent mais son généralement très faible et ne dure que quelques microseconde d’où les machines pour arbitrer. Sans rentrer dans les détails, certains produits dérivés peuvent être mal cotés et laisse des possibilités d’arbitrage s’ils sont sous-évalués (j’achète, j’attends qu’il soit réévalué et je vends) ou surévalués (je vends, j’attends qu’il soit réévalué et je rachète).

J’ai traité du gros du sujet, il manque évidement bon nombre d’informations mais je compte sur vous pour me demander des éclaircissements si besoin est.

Je pense avoir jeter les bases, la prochaine box sera donc sur de l’actualisé décryptée.
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Génial, je me pète le crâne mais au moins j'ai envie de comprendre, merci.
J'ai hâte de voir le décryptage d'actu avec tout ce bordel en zone euro et les économistes de renom qui commencent à parler :)
Vachement intéressant ! :)

edit : si l'action de CA était passée de 17€ à 15€ au bout des 6 mois, Stridz aurait été contraint à les acheter et donc perdre 15k + 20k€ ou alors il peut y renoncer, mais en retour, il perd sa mise initiale de 15k€, c'est ça ?
si tu achètes une option, tu n'as obligation de rien du tout :D S'il n'est pas avantageux d'exercer son option alors la perte se limite au cout d'acquisition de l'option !
ok, il perd ses 15k alors :p Merci, c'est clair ;)
Salut, bon je sais pas si tu vas lire ça 1 semaine après, mais j'ai quelques questions:

1) Quand on achètes qqch en bourse (action matière première etc), il faut donc bien que quelqu'un en vende au même moment? Du coup ça peut arriver d'avoir quelqu'un qui fait un call sur une action, mais le mec qui la vend fait, quant à lui un put. Donc à la fin y'en a un des deux qui va forcément exercer son droit et ne pas acheter/vendre?

2) Dans ton exemple de Cassandre et Stridz sur la spéculation, tu dis que si l'action avait monté seulement à 16e, Stridz aurait perdu de l'argent (pour illustrer donc le risque qu'il prend par rapport à cassandre) mais plus haut tu a écris qu'il prenait un call strike 17; ce qui veut pas justement dire qu'il est pas obligé d'acheter, et donc qu'il perd pas d'argent?

3)J'ai pas trop compris l'intérêt des swaps à part le CDS, qui y gagne et comment?

Voilà j'éspère que tu auras le temps de rép =)
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