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L'internement des Américano-japonais, 1942-1946

Un beau jour de décembre, un A6M2 Zéro de la Marine Impériale Japonaise s'écrasa sur l'île de Ni'ihau. Son pilote, Shigenori Nishikaichi, s'en sorti indemne, et est vite recueilli par les habitants de l'île. On se demanda alors ce que faisait un pilote japonais en plein milieu du Pacifique. La réponse arriva rapidement : nous sommes en décembre 1941 et le Japon vient d'attaquer Pearl Harbor. Nishikaichi est alors fait prisonnier mais arrive à s'évader et à prendre en otage des autochtones grâce à l'aide de trois locaux d'origines japonais. Le 13 décembre il est finalement abattu et l'un de ses complices se suicida.

L'incident de Ni'ihau eut un impact important, notamment sur le gouvernement de Roosevelt qui, voyant des américano-japonais aider spontanément un aviateur ennemi, commença à redouter de voir tous les japonais sur le territoire américains se retourner contre eux. En réalité, ce sentiment anti-japonais n'était pas nouveau. Les États-Unis des années 1940 étaient racistes et ségrégationnistes, alors quand les relations entre les USA et le Japon se dégradèrent, le sentiment anti-japonais de la population américaine ne cessa de croître.

Dès le 7 décembre 1941, le FBI commença des arrestations contre de potentiels espions. En une semaine, 1 400 américano-japonais furent arrêtés. L'hiver 1941-1942 fut particulièrement marqué par la peur d'un débarquement japonais sur la côté ouest américaine, couplé avec le sentiment anti-japonais de la population et du gouvernement lui-même poussa ce dernier à autoriser dès le 1er mars 1942 l'arrestation systématique de toutes les personnes d'origine japonaise.

Des rafles sont alors organisées sur toute la côte ouest durant la première moitié de 1942. Malgré cette mesure discriminatoire, les populations américano-japonaises ne montrèrent que très peu de résistance et la déportation se fit globalement dans le calme. Ainsi, des milliers de japonais vinrent remplir les 10 camps d'internements répartis sur le centre et l'ouest des États-Unis. Sur les déportés, 62% avaient la nationalité américaine.

Contrairement à ce qu'on peut entendre parfois, ces camps là n'avaient rien à voir avec des camps de concentration nazis ni même à des goulags soviétiques. Cependant les conditions de vie dans ces camps restaient très difficiles. Les familles s'entassaient dans des baraquements insalubres et trop petits, l'hygiène y était un problème important, les intoxications alimentaires étaient nombreuses et des épidémies de dysenteries se déclarèrent dans deux camps.

Avec la mobilisation et le déploiement de l'armée américaine, le pays connaissait un pénurie de docteurs, de médecins et d'infirmiers. Ces camps n'en avait alors que très peu, et les médecins américano-japonais (qui vivaient dans le camp donc) restaient bien moins payés que les infirmiers blancs, ce qui fit une source de tension importante dans certains camps.

Les infrastructures manquaient dans tous les domaines, surtout en ce qui concernait l'éducation. Les 30 000 enfants allaient dans des écoles à l'intérieur même des camps, où les enseignants manquaient terriblement. On se retrouvait donc parfois avec 50 élèves par classe, le tout sans avoir le matériel adapté. De plus, l'instruction était très patriotique, le but de ces camps étant de chasser les « anti-américains », on interdit le japonais et n'autorise que l'anglais, en gardant une éducation axée sur les « idéaux américains ».

Dès 1943, l'armée américaine essaya de recruter des volontaires pour le service militaire. Environ 20 000 américano-japonais entrèrent donc dans l'armée, la plupart du temps pour prouver leur dévotion au États-Unis et empêcher leur famille de subir encore plus le racisme anti-japonais. On les retrouva notamment dans le 100eme puis 442eme Combat Team, qui combattit en Europe de septembre 1943 à mai 1945. Elle deviendra l'unité la plus décorée de l'histoire de l'armée américaine.

Les camps d'internements fermèrent quasiment tous plusieurs mois après la fin de la guerre, les derniers déportés pouvant rentrer chez eux en avril 1946. Une fois libérés, les déportés obtenaient seulement 25$ et un billet de train pour chez eux. Le retour à la vie civile fut compliqué étant donné que l'immense majorité avait perdu tout leurs biens.

En 1948, le Congrès adopta le American Japanese Claims Act, autorisant les anciens déportés à demander réparation. Sauf qu'entre temps, les archives fiscales de 1942 avaient été détruite, il était alors difficile de réclamer quoi que ce soit. Sur les 148 millions de $ de réparation demandés, seul 37 millions ont été versé. Il faudra attendre 1988 pour que le gouvernement Reagan ne se résigna à verser 20 000 $ aux anciens déportés.

Entre 1942 et 1945, ce fut donc environ 120 000 américano-japonais qui furent enfermés de force dans ces camps. Les rapports officiels font état de 6 000 naissances dans ces camps et de 1 862 décès naturels. À cela on peut rajouter la mort de sept autres détenus, abattus par les soldats américains, certains pour avoir essayé de s'échapper, d'autre pour s'être simplement approchés trop près de la bordure du camp. Les victimes avaient entre 17 et 59 ans.

Les personnes d'origines japonaises ne furent pas les seules à être arrêté pour leurs origines. Dans une moindre mesure, les américains arrêtèrent aussi environ 11 500 américano-allemands et 1 800 américano-italiens.
L'internement des Américano-japonais, 1942-1946
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Putain de box comme à chaque fois.
Mike en a fait une chanson
https://youtu.be/pUBKcOZjX6g
C'est ballot quand tu es japonais d'origine mais américain de coeur mais en même temps c'est compréhensible. Je pense pas qu'entre 45 et 50 le tourisme allemand se soit développé en France.


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