Devant moi s\'élève sans fin,
L\'ombre du colosse humain,
À première vue petit et insignifiant,
J\'appris pourtant qu\'il faut en être méfiant.
Je ne vis point son ombre apparaître,
Car c\'est dans l\'obscurité qu\'il se lève.
Enfant vous lui contez vos rêves,
Ceux dont il aime tant se repaître.
Vous lui tendez la main,
Mais il a oublié son coeur humain.
Après avoir mangé vos songes,
Il vous oblige à croire à ses mensonges.
Il a oublié la joie,
De réaliser un rêve bien à soi.
Alors il ne voit plus que son ombre,
Et lui pleure des louanges sombres.
Il rejette votre félicité,
Sans y avoir jeté le moindre coup d\'oeil.
Proclamant n\'y voyant aucune beauté,
Alors qu\'il ne voit que son orgueil.
Ne vous laissez pas impressionner par sa taille,
Il est comme chaque créature; il a une faille,
Elle est très simple à trouver,
Elle est hors de son ombre torturée.
